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1 - Les grottes naturelles

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Le sol de la région, celui de Lourdes en particulier, ressemble à un gruyère. Il est truffé de grottes et de gouffres. 
Certains textes sont complétés sur le plan archéologique par Jacques Omnès, grand connaisseur de notre préhistoire, dans le dossier préhistoire-protohistoire. Nous commencerons par les grottes dites touristiques, pour terminer par les abris -sépultures de l'Arrouza.
Lourdes
La Grotte des Sarrasins
La grotte du Roy - gouffre de la Reine 
La grotte du Loup 
Les grottes voisines de celle du Loup- Les Spuguettes
La grotte de la Chèvre
Dolines du pic du Jer
Grotte- abri pic du Jer
Grotte-gouffre du Coustala pic du Jer
Gouffre du Béout
Dolines d'Ech
Gouffre du Castet Muy
Grotte-tute de Massabielle
Grottes (3) Millas (Milhas)
Grotte du Castillet
Grottes des Espélugues
Omex-Trou du Fou- Béout
Grotte-tute d'Uch
Grottes-abris de l'Arrouza (1 à 10)
Grotte- abri Margot (Pic du Jer)
Grotte-tute de la Murguette (Pic du Jer)

Hors Lourdes
Agos -Bours -Miquette
Artalens-Souin-Grotte du Renard
Berberust-Lias -tute du Loup
Bétharram
Cauterets -Mahourat
Gèdre -Palasset, Arode
Hautacam- Broucassa-Brana
Hourna (La)-Grotte Jim
Montaigu-l'Espélugue
Ouzous
Pibeste abri sous roche
Pibeste- Mont-Alian,Viger-Péluhet
Saint-Pé : Gouffre de la borne 109les Coumates, gouffre du Hayau, Crèque Noëlle, Bouhadère, gouffres  de Peybou, la Gleyse, Puts d'Aran, du Python,  grotte de la Résistance, de Faïouas, gouffre de la Palombière, grotte (gouffre) des Castets
Saint-Sauveur - Campus
Ségus- Chapelle au Moine
Villelongue - tute d'A(o)uradé et grotte d'Arribaout
Vizos ou Esquièze - tute des Prouzous
Hors territoire : Gargas
                                                  
Pour plus d'infos techniques le lien avec les spéléologues de Tarbes : http://gshp65.fr/Massifs/St-Pe/St-Pe-ClassementCav.html

                                                  LES GROTTES DE LOURDES ET ENVIRONS

Lourdes la ville aux 14 grottes

Il semble qu’Eugène Dufourcet soit à l’origine de  l’appellation Lourdes, la ville aux 14 grottes. Appellation reprise dans les guides Joanne de l’époque. La plupart, autour du mont Béout, sont inconnues du grand public. En fait il y en bien plus que 14 grottes si on compte les abris sous roche ou tutes.

LA GROTTE DES SARRASINS

La ville a été bâtie autour d'un piton rocheux (sur lequel a été édifié le château fort),  dans une cuvette créée par un glacier (Gavarnie) lors de la dernière  glaciation wurmienne (50 000 à 12 000 BC), puis par le Gave après la fonte du glacier. Le sud de la cuvette ainsi creusée est dominé par les massifs calcaires karstiques, à dolines et cavités du Pic du Jer et du mont du Béout, tous séparés par la vallée du Gave de Pau. Cette grotte fait partie des nombreuses cavités formées dans ce monde karstique local. Plus de treize répertoriées, rien que pour la seule ville de Lourdes.

S’il y a une grotte qui a fait fantasmer jadis de nombreux enfants de Lourdes, c’est bien celle des Sarrasins. Ils imaginaient un tunnel secret, allant jusqu’au château fort. C’est par ce tunnel que les Sarrasins auraient certainement dû prendre le château comtal. Mais pourquoi donc Charlemagne, au lieu d'assiéger le fort, n’avait-il pas utilisé ce souterrain ? La question est restée sans réponse.
Pierre Lafourcade, ancien archiviste de la ville, dans un de ses papiers, nous indique que lors de la bénédiction en 1928, par l'évêque-coadjuteur d'Angers, un des gardiens lui aurait affirmé que lors du siège du château par Charlemagne, Mirat aurait pu communiquer avec l'extérieur grâce à ce souterrain. Histoire largement légendée qui frappe cependant l'imagination.

En fait, peu de gens connaissaient la présence de ce tunnel rocheux jusqu’en février 1926. C’est à cette époque que des ouvriers des carrières locales arrachant des pans de pierre de Lourdes, du massif de la rue des Pyrénées, découvrirent ces anfractuosités. Situées en plein centre, profondes de 800 mètres, avec un peu d’imagination, elles pouvaient attirer de nombreux touristes. Appelée grotte des Sarrasins et doublée d’une belle entrée de pierres apparentes, elle attira rapidement de nombreux curieux. D'après Pierre Lafourcade : " Dans ce vertige des siècles, on croise le "Champignon géant âgé de 100 000 ans ; on passe, avec respect sous les "Grandes Voûtes.", La "Passerelle" jetée sur le gouffre profond donne une idée de l'infini et la "Grande Salle" inspire l'admiration et le respect."
Elle comporte 27 stations numérotées qui étaient présentées (les grottes sont actuellement fermées) aux visiteurs comme dignes d'intérêt. En descendant les marches, on apprend dès la station 2, que la cheminée a la particularité d'être un entonnoir inversé. L'eau était à l'intérieur et est remontée à la surface en forme de geyser. Il n'yaurait qu'une grotte en Europe, celle de Postumia en Slovaquie, qui aurait la même formation. La station 4 présente le boyau qui se dirige vers le château fort. Il est fermé au public. Belle stalactite-stalagmite à la station 6. La grande salle se trouve à la station 13, elle est à 114 m sous la ville. Nombreuses concrétions et cheminées sur tout le parcours.
Depuis 1928, elle a toujours appartenu à la même famille Abadie, puis Abadie-Redondo, et ce, jusqu’en 2000, date de sa fermeture.

(1) Parfois écrit Sarrazins



                                                                      Entrée de la grotte des Sarrasins. Photo J. Omnès

  La Cascade
                                                   Grotte des Sarrasins.  Carte postale                                              La Cascade

Grande salle  Les Aiguilles
                              La grande salle                        Les aiguilles. Photos Redondo





Grottes sarrasins 2


Sarrazin 1     Sarrazin3

Sarrazin 3 Sarrazin 4




Sarrazin 6


 

LA GROTTE  DU ROY (Profondeur 218 m, développement topographique 3 700 m)

Cette grotte se trouve au bas du vallon de l’Arboucau, en face des anciennes ardoisières de Batsurguère, au pied du soum d’Ech, proche du bois de Subercarrère (bois de Lourdes) et du terrain de tir et d’escalade. Elle communique avec un aven situé sur le flanc du soum d’Ech. Cette « crevasse », appelée gouffre de la Reine a fait l’objet de recherches approfondies, non terminées, par le spéléo club de Lourdes. L’objectif : rejoindre la grotte située à 320 mètres en contrebas.

La grotte, elle-même encaissée, est très accidentée et traversée par de nombreuses fissures laissant suinter des ruissellements d’eau. Ils se sont transformés en rivière souterraine. Le succès commercial aurait pu être au rendez-vous dès son ouverture, en 1912, si le propriétaire avait trouvé l’argent nécessaire pour aménager les passages dangereux. Il faut dire, que cette grotte, pauvre en concrétions, (il en avait rajouté quelques-unes artificielles), les nouveaux visiteurs (ceux d'après la guerre de 40) auraient vite été blasés.  Après quelques accidents, suivis de procès, la faillite de ce lieu «témoin du déluge» était assurée. Mal aménagée et surtout le réseau électrique mal entretenu, son exploitation a été interdite en 1958. Le ruisseau a depuis été dévié.

Aussi, le Groupe de Recherches et d'Activités Spéléologiques de Lourdes (GRAS) et le club alpin français (CAF) section Lourdes, en profitèrent pour approfondir l’exploitation spéléologique des quelques 3000 mètres de boyaux. En 1989, le groupe de spéléologie Batsurguère (GSB) utilisa la sécheresse exceptionnelle de l’année pour explorer et topographier l’arrivée des principaux ruissellements. La grotte sert d'abri à de nombreuses chauves-souris, elle est fermée durant les périodes de reproduction.

GRAS : Groupe de Recherches et d'Activités Spéléologiques de Lourdes c/o Jean Pierre CASSOU, Résidence Bel Air, 45 Ch. de Lannedarré. 65100 LOURDES.


Roy grotte0014


                                                                                    Entrée Grotte du Roy 


Passerelle du lac – Grotte du Roy

  Grotte du Roy 001
Panneau publicitaire, trouvé dans l’ancien garage Lavantès.  Photos J. Omnès. Coll. privée                        Publicité  de 1914

Un petit film :https://www.youtube.com/watch?v=YzMwUSUXry0

Grotte du Roy1Etat en novembre 2015. Toutes les constructions ont été démolies. Photo J. Omnès

grottes du roi 2 Grotte Roy sortie
Photo de l'entrée prise à travers la grille de fermeture. Sortie des eaux sous l'entrée (à sec en novembre 2015). Photos J. Omnès

Grotte du Roy sortie
Sortie des eaux, sous l'entrée. Photo J. Omnès



LA GROTTE DU LOUP (Profondeur 29 m (+16, -13), développement topographique 320 m)

 

 
pub 001 

                                                

                                                                                               Publicité 1914 





Loup plan

Bien connue des anciens Lourdais avec sa buvette à flanc de mini-falaise, à gauche de l’entrée du bois de Subercarrère.
Située à 409m, dans un milieu de roches crétaciques, cette grotte est l'ancien lit d'un ruisseau souterrain. Le parcours nous présente des parois empreintes de traces du travail de l'eau. Elles ont en coupe, la forme caractéristique du 8. Au fond de la grotte, un gouffre de 25 m servait d'exutoire au torrent. De nos jours, l'eau sort à un niveau d'une galerie plus basse, formant un gour sur une corniche.  Elle réapparait sous la falaise, près de la route d'Omex. De la galerie accessible au-dessus de cette route, on entendrait les coups de butoir de l'eau. Quelques concrétions sous forme de stalactites sont présentes vers le fond.

D’après son guide des Cavernes, édité en 1970, le journaliste spéléologue Pierre Boulanger écrit à propos de la Grotte du Loup « Découverte en 1908, la grotte du Loup dont l’entrée naturelle a été agrandie, est de modestes proportions. Convenablement aménagée, éclairée, sa visite est plaisante. Elle se trouve admirablement bien placée. »
Pour E-A Martel « C’est l’ancien trop-plein d’une résurgence qui jaillit un peu plus bas. Ses petites galeries recoupent un aven affluent tapissé de jolies concrétions et terminé par une ravissante conque d’eau bleue. »

En fait, cette grotte visitée depuis des générations par les Lourdais, était devenue à l’époque du romantisme, un lieu de curiosité apprécié des touristes se dirigeant vers Cauterets. Des guides locaux la faisaient visiter avec celles des Espélugues. « Lourdes avant Lourdes » entendez avant les Apparitions, avait une existence bien réelle et vivante.

C’est ainsi qu’en 1825, George Sand est venue la visiter avec son mari et deux amis. Dans une lettre à sa mère non datée, elle raconte son exploration :

" Nous avons été hier, à six lieues d'ici à cheval, pour visiter les grottes de Lourdes. Nous sommes entrés à plat ventre dans celle du Loup. Quand on s'est bien fatigué pour arriver à un trou d'un pied de haut, qui ressemble à la retraite d'un blaireau, j'avoue que l'on se sent un peu découragé, j'étais avec mon mari et deux autres jeunes gens avec qui nous nous étions liés à Cauterets et que nous avons retrouvés à Bagnères, ainsi qu'une grande partie de notre aimable et nombreuse société bordelaise. Nous avons eu le courage de nous enfoncer dans cette tanière, et, au bout d'une minute, nous nous sommes trouvés dans un endroit beaucoup plus spacieux, c'est-à-dire que nous pouvions nous tenir debout sans chapeau et que nos épaules n'étaient qu'un peu froissées à droite et à gauche.

Après avoir fait cent cinquante pas dans cette agréable position, tenant chacun une lumière et ôtant bottes et souliers, pour ne pas glisser sur le marbre mouillé et raboteux, nous sommes arrivés au puits naturel, que nous n'avons pas vu, malgré tous nos flambeaux, parce que le roc disparaît tout à coup sous les pieds, et l'on ne trouve plus qu'une grotte si obscure et si élevée, qu'on ne distingue ni le haut ni le fond.

Nos guides arrachèrent des roches avec beaucoup d'efforts et les lancèrent dans l'obscurité ; c'est alors que nous jugeâmes de la profondeur du gouffre : le bruit de la pierre frappant le roc fut comme un coup de canon, et, retombant dans l'eau comme un coup de tonnerre, y causa une agitation épouvantable. Nous entendîmes pendant quatre minutes l’énorme masse d'eau ébranlée, frapper le roc avec une fureur et un bruit effrayant qu'on aurait pu prendre, tantôt pour le travail de faux-monnayeurs, tantôt pour les voix rauques et bruyantes des brigands. Ce bruit, qui part des entrailles de la terre, joint à l'obscurité et à tout ce que l'intérieur d'une caverne a de sinistre, aurait pu glacer des cœurs moins aguerris que les nôtres.[...].

La grotte du Loup n'était qu'un jeu d'enfant. Nous y passâmes près d'une heure, et nous revînmes chargés de fragments des pierres que nous avions lancées dans le gouffre. Ces pierres, que je vous montrerai, sont toutes remplies de parcelles de fer et de plomb qui brillent comme des paillettes.

En sortant de la grotte du Loup, nous entrâmes dans las Espeluches [sic]. "

Exploitée par la famille Cazaux-Debat depuis 1908, le bail fut résilié en 1949, suite à un long litige avec la ville. En février 1953, la ville signe à nouveau un contrat avec Cazaux Debat, qui doit fermer l'exploitation peu de temps après pour des raisons de conformité. Il était prévu une réouverture prochaine des grottes au public. Pas de nouvelle, si ce n’est la pancarte ci-dessous.En attendant les lieux sont squattés.

http://www.afleurdepau.com/65/Loup/Site.htm,  un site avec  un numéro de téléphone obsolète.

Grottes Loup 7

Ce panneau au niveau du chalet épiscopal a été enlevé en 2015
Photo J. Omnès   
                                            



Grotte du Loup
Etat actuel du magasin. Photo J. Omnès

Loup  Restes Loup
                                              La boutique en 2016. Dedans et au-dessus. Photo J. Omnès




 

 LES GROTTES VOISINES DE LA GROTTE DU LOUP

Le long de la paroi verticale qui longe le chemin de la grotte du Loup est parsemé de nombreuses grottes dont, pour le moment, je n’ai pas trouvé de rapport de visite. Grottes préhistoriques, protohistoriques, simples cavités ? Certaines semblent se prolonger sur l’arrière des grottes du Loup. La première la plus visible derrière un éboulis (no 1) et facilement accessible elle se prolonge par un boyau assez étroit. La seconde (no 2)  plus à droite, malgré sa vaste entrée sur un promontoire de se termine à une dizaine de mètres de fond après une légère montée. Elle possède cependant un puits de lumière (gouffre) par lequel  tombent tous les déchets de végétaux  qui composent le promontoire. Plus intéressant, celle à quelques mètres à sa gauche (no 3) qui n’est pas visible du chemin. Son entrée de forme arrondie de possède pas de promontoire, après une descente légère, sa galerie assez étroite, qui nécessite parfois des passages accroupis est assez profonde et se prolonge par plusieurs autres galeries,  dont l’une, sur la gauche abrite des restes de tubes rouillés. S’agit-il d’anciennes installations des grottes du Loup ? Possible. Sur une paroi, une petite pastille de plastique triangulaire et luminescente, attire l’attention. S’agit–il d’une géolocalisation ? Une étude approfondie de cette cavité mériterait une petite expédition, à moins que celle-ci ait été déjà réalisée.

Encore plus à droite, à une hauteur conséquente et en apparence inaccessible, une quatrième grotte (no 4) sans  chemin apparent d’accès, a servi de base pour la pose de poteaux électriques. Quelques restes de ces poteaux rouillés accrochés sont visibles à l’œil nu du chemin. Elle est très peu profonde.


Loup grotte 1 5Grotte 1. Faute de lampe frontale, obligé de garder la torche dans la bouche. Photo Guy Trousselle.

  Loup grotte 1 Loup grottte 1 1                             
Vue de la grotte 1

Loup grottes 2 et 3
Grotte 3 à gauche et 2 à droite. La plus intéressante : la 3, relie probablement l'entrée officielle des grottres du Loup, à 10 m de là.



Loup grotte 3 1  Loup 3
Grotte 3 Triangle jaune plexiglas luminescent, point de géolocalisation ? Tuyaux de fer de l'ancienne installation

Loup grotte 2
Grotte 2 Le puits de lumière de la grotte 2 (doline) Photos J. Omnès

Loup grotte 4 2 Loup grotte 4
Grotte 4 : des supports de câbles électriques alimentant les grottes du Loup.

Loup 4 escargots
Au sol, de nombreuses coquilles d'escargots. Leur origine ?

spuguette du loup JPC coupe 1 2


Spuguettes du Loup0005
Je cherche des précisions sur ces entrées.





LA GROTTE DE LA CHÈVRE (grotte fossile recoupant une circulation pérenne). Voir aussi dossier préhistoire-protohistoire

Après un départ improbable jonché de bouteilles et de cannettes vides, un passage devant  les restes d’un campement abandonné de sdf, la montée n’a pas été évidente et la montée de l’amoncellement de pierres devant la grotte pas facile à aborder. Mais, elle était là, cette bouche béante de pierre tant cherchée,  devant nous, visible à travers la forêt de noisetiers.

L’entrée   forme un abri de grande dimension : 9,50 m de large sur 8 m de profondeur et 4-5 m de haut. Le sol incliné vers le haut est parsemé de gros blocs éboulés, dont deux énormes qu’il faut contourner. Le plafond, dans sa majeure partie est plat. On distingue de chaque côté une diaclase. On constate quelques trous de sondages, probablement ceux de Dufourcet (1876), le célèbre exécutant du vidange des  Espélugues à la demande  des Sanctuaires. Les parois et le plafond sont toujours plats, sans mousse.  L’abri se poursuit par une galerie d’une dizaine de mètres  de 2 à 3 m de large et de 1m à 1, 50 m de haut. Le sol est  graveleux et humide. La pente devient descendante et la hauteur diminue atteignant 40 cm à 1 m. Impossible de se retourner, il faut sortir en marche arrière.  Après 20 m de galerie difficiles de traverser,  on accède à une salle de 5 m sur 3 occupée par une laquette. Il est possible que la salle continue au-delà.  A. Clot formule la même hypothèse. J’ignore si Jacques Omnès a dépassé la laquette.

L’abri fouillé par Dufourcet (1876), puis A. Clot (1969), Jacques Omnès (1976 et 1981) nous a donné nombre d’ossements de  rennes, cerfs élaphes, bouquetins, capridés, renards communs. Deux silex taillés, un bois de chute de cerf taillé et un artéfact  de la Tène (second âge de fer).
Il serait bon de prévoir un grand sac à dos pour descendre les cadavres de bouteilles que j’ai mis dans le coin gauche de l’entrée.


Pour y accéder on prend la D13 Qui va de Lourdes à Ségus, au carrefour de la forêt de Subercarrère prendre la route de la grotte du Loup, passer devant et continuer le sentier (ancien chemin) qui mène au Calvaire. Après 200 m monter la pente vers le Sud, face à un repli en forme de U de la paroi calcaire, l’entrée est en face, au milieu de noisetiers.  Coordonnées Lambert,  x : 404, 45 ; y : 91, 27 ;  z : 465 m.]

Grotte Chèvre 4

  Chèvre entrée
Vue de la forêt de noisetier. Photo J. Omnès

chevre 1

Vue de l'intérieur Photo Boudassou.

Chevre 00  Chèvre 3
Les deux blocs de l'entrée.  Le passage se fait au milieu.                                                             Départ de la galerie. Photo J. Omnès
Chevre 3Chevre 4

                              Passage entre les deux blocs. Traces de fouilles à l'entrée. Photos J.Omnès


 

LES « DOLINES » DU PIC DU JER

Il paraît que c’est en voyant le succès commercial remporté par le gouffre du Béout, que le directeur de l’époque, du révolutionnaire téléphérique du Pic du Jer, M. Bénit, décida en 1956, de mettre en valeur les grottes du Pic. Elles sont composées de deux salles qui se trouvent tout au sommet, à près de 1000 mètres d’altitude. Le magnifique panorama classé alors deux étoiles au Michelin, ne suffisait plus à drainer les cars de touristes.

Il fit alors appel au célèbre spéléologue Norbert Casteret qui vint à Lourdes avec sa fille (1). Ils étudièrent les cavités. Son rapport fut succinct : ces grottes, appelées improprement dolines (2) par M. Bénit, n’avaient à ses yeux, guère d’intérêt. Qu’à cela ne tienne, la direction du Funiculaire agrandit les deux salles et creusa trois tunnels : le premier, de la gare à la première salle, le second, entre les deux salles et le troisième pour l’évacuation des pèlerins-touristes. Puis, on aménagea à grands frais l’ensemble, avec une sonorisation performante et des éclairages multicolores. On fit même venir de l’eau pour alimenter une petite cascade lumineuse. L’objectif : rendre le circuit ludique. On le compléta alors par des lampes au mercure qui rendaient les gens livides comme au musée Grévin alors en vogue, et à l’extérieur, par une galerie de miroirs déformants. Et le journaliste spéléologue Pierre Boulanger de conclure « Et le public rit, s’amuse, et s’en va, ravi et émerveillé. »

En fait, il s'agit de deux diaclases appelées  localement gouffres qui sont réunies par une galerie artificielle. Plus de fond musical, ni de lumière au mercure, seule fonctionne toujours la petite cascade. Les chauves-souris dessinées sur le panneau d'accueil n'ont, hélas, plus de droit d'entrée, les gouffres-diaclases étant obstrués par des filets.

Pour être complet, on ne peut passer sous silence, la présence sur le site durant quelques années, après 1956, du regretté Pierre Pène. Il savait faire rire les foules, avec un humour débordant. Il terminait ses discours, après une énumération de tous les pics visibles de la table d’orientation : « Moi, personnellement celui que je préfère, c’est le pic… aillon. Par ici la monnaie messieurs-dames. » Et les francophones de se « bidonner. »

En 1981, l’archéologue Jacques Omnès signala que les restes d’animaux déposés au Muséum de Lyon, dont une hémi-mandibule de cheval, trouvés dans les puits lors de l'aménagement touristique, avaient une origine quaternaire (2).Depuis peu, une association utilise les lieux pour fêter Halloween avec les enfants.

Voir dans le dossier patrimoine industriel la description du funiculaire.

(1) Il était déjà venu à Lourdes vers 1947 pour explorer la grotte de Massabielle. 

(2) http://www.loucrup65.fr/pgie3798.htm
explication sur les dolines :  http://fr.wikipedia.org/wiki/Doline

 

  
Gare de départ du Funiculaire en 2008. Photo J. Omnès

                                                                                                                                          
                                                                                                                                                                         La gare inférieure. Photo J. Omnès
Entrée des grottes  Le second gouffre

                                      Entrée des "grottes'"                                          Le second "gouffre"  Photos J. Omnès


GROTTE - ABRI DU PIC DU JER


Pic duJer grotte 2


Pic Jer Grotte

LE COUSTALA PIC DU JER –JARRET

Grotte-gouffre du Coustala (petite côte) de Conques. Peu connue, cette excavation rejoindrait d’après certains locaux le gouffre du pic. Elle se trouve sur la pente Est du pic du Jer, sur un replat face à la ferme Couderc après Louzourm. Prendre le chemin du GR face à la ferme. Nous n’avons pas pour le moment, d’information la concernant. Dans le secteur face à la ferme presqu’au bord de chemin, le bosquet abrite un abri sous roche étonnant, voir ci-dessus, avec puits naturel qui alimente en eau la ferme : un tuyau métallique amène l’eau en contrebas. Prochainement nouvelles recherches le Coustalat qui doit se trouver bien enfouie dans les broussailles


 

 LE GOUFFRE DU BÉOUT

« Au sommet du Béout, visitez le gouffre de Lourdes- La plus prodigieuse découverte sur les hommes des temps les plus reculés- Pièces préhistoriques rappelant la vie des premiers hommes des cavernes - Des restes impressionnants d’animaux disparus - Des ossements soudés à la roche-Gouffre de 82 mètres de profondeur, avec un chaos merveilleux de rochers - Draperies de cristaux de l’époque glaciaire – Salles majestueuses et féériques – Accès facile au gouffre, même pour les personnes âgées et les enfants – Eclairages spéciaux – Guides – Ne quittez pas Lourdes sans avoir vu les fouilles du Béout dont on parle partout – Le spectacle le plus prodigieux !!! - Importante réduction pour groupes, militaires, enfants –Entrée gratuite à MM les Ecclésiastiques – A la gare supérieure : bar buffet. » Texte dithyrambique destiné vers 1970, aux pèlerins-touristes. »

Il fallait bien vanter ainsi, le côté extraordinaire du site, face à la concurrence acharnée de son voisin, le Pic du Jer.

Historique du gouffre 

Un certain Monsieur Pèlerin, devant le succès incontesté du funiculaire du Pic du Jer, après un accord de concession avec la ville, décida à partir de 1898, d’équiper de son côté, le mont du Béout (792 m), d’un téléphérique. Les travaux débutèrent vers 1930 pour se terminer en 1944. Le système du téléphérique était proche de celui du Plan Praz (1928) qui fut adopté en 1952, par le Val d’Isère. Si le Pic du Jer arborait fièrement une croix à son sommet, le Béout lui, sera surmonté d’une immense étoile éclairée par intermittence, la nuit. Avec 10 montées de 420 voyageurs potentiels à l’heure, l’affaire pouvait être rentable. Mais cela ne satisfaisait pas son propriétaire. Il décida d’aménager le gouffre de 82 mètres, voisin de la gare supérieure. Après une demande de conseil à Norbert Casteret, et malgré le coût exorbitant du déblayage du puits, pratiquement colmaté depuis des millénaires, il engagea les travaux. En fait, il voulait profiter des grues et ouvriers qui terminaient la gare supérieure. Il fit extraire des tonnes de pierre et de terre pour atteindre les 60 mètres en 1939.
Les travaux interrompus par la guerre, reprirent après. Monsieur Pèlerin fit également creuser à flanc de montagne, un tunnel de 120 mètres de long pour arriver au fond de la cavité. Ce tunnel devait permettre aux touristes d’avoir accès au gouffre.

Dans ce tunnel artificiel, furent exposées toutes les trouvailles récupérées lors du chantier. Ce qui permettait au guide, d’allonger la visite par un petit cours sur la préhistoire. L‘inventaire de ce matériel : haches, silex, outils etc., a été fait par Jacques Omnès archéologue.

Les visiteurs, après le Centenaire, se firent plus rares (71 415 en 1964. Un pic de 112 390  avait été enregistré en 1958, année du Centenaire) et les normes de sécurité, plus draconiennes. En 1990, le Béout dut arrêter son exploitation. En l'an 2000, les câbles furent démontés et l'une des cabines fut exposée sur le parking  de la société pendant un certain temps. Le trou du gouffre fut fermé par une grille et l’entrée du tunnel par une porte blindée à la demande de la commune.

Richesse archéologique du gouffre

Le gisement préhistorique inventorié par Jacques Omnès dans son ouvrage Préhistoire et protohistoire des Hautes-Pyrénées, 1987, pages 117 et 118 indique un nombre certain de restes d’animaux : Renne, Cerf élaphe, Isard, Ours, Blaireau, Renard… Restes d’ « animaux souvent piégés » et « déchets culinaires. » Des outils du néolithique : haches polies…A la fermeture du mini musée, notre archéologue, à la demande de la municipalité, a récupéré tout ce « matériel » pour le déposer au Musée Pyrénéen, où il se trouve actuellement, dans les archives.

   Béout 2 001
Mâchoire d'homme du gouffre du Béout.                                        Publicité pour le gouffre sur la cabine

Ci-après coupe du tunnel-gouffre et proposition de balade.

http://static.blog4ever.com/2009/09/353 ... 756188.pdf

http://www.ladepeche.fr/article/2003/08 ... Beout.html

Sources : Incidences économiques du fait de Lourdes. Mémoire Institut d’Etudes Internationales, Jean Omnès, 1965. Guide des cavernes de Pierre Boulanger, N.E.L.,1970. Préhistoire et protohistoire des Hautes Pyrénées, inventaire, de Jacques Omnès, Association Guillaume Mauran, Société d’Etudes des Sept Vallées, 1987.

Nombreuses photos sur un blog concernant les endroits abandonnés, dont le Béout : http://dead-places.over-blog.com/3-album-1918210.html

 Béout transfo    CIMG9802
Station électrique au- dessus de la grotte artificielle. Photos J. Omnès


Béout 4  Gouffre Béout
Grotte et débris du chantier.                           Tunnel pour accéder au gouffre. Photos J. Omnès

Goufre du Béout le gouffre et sa protection grillagée. Photo J. Omnès

LES DOLINES D'ECH

Au-dessus d'Omex, dans la vallée de Batsurguère, de nombreuses dolines, 6 ou 7, parsèment le paysage de cet univers karstique, comme des trous de bombes. On les aperçoit en montant au Soum d'Ech, en le contournant par sa face Est, face au Castet Miu. Sur la seconde photo, au fond c'est le village d'Omex.
De l'autre côté du mont, se trouve le bois de Subercarrère.

Doline 6  Doline 4



Doline 5 Doline 6



LE GOUFFRE DU CASTET MUI

Au pied de l'une de ces dolines, celle qui a un versant abrupt entouré de végétation,  se trouve un gouffre de plus de 30 m qui a été visité, vu les trous de spit  que l'on découvre sur la paroi principale. Une inscription en jaune en  partie effacée indique :  ADERS -37 m. Le trou de spit le plus visible se trouve à gauche du E rouge. Sur la carte ci-dessous les dolines et le gouffre se trouve au Sud-Est de la côte 788.

"Exploré par l'Abbé Bernard Abadie avant 1946 qui le nomme Puts de "Yan d'Aman". Repris par l'Association des Jeunes Lourdais en 1970 puis visité par le Groupe Spéléo Haut- Pyrénéen de Tarbes en 1975 qui étudie et explore le secteur. En 1979, l'Association Départementale d'Etude et de Recherches Spéléo explore le puits parallèle qui permet d'atteindre le fond actuel de -35m"  (A. Dole)

   Goufre 1


Goufre 2   goufre 4



LA GROTTE DE MASSABIELLE

S’il y a une grotte visitée et connue de par le monde, c’est bien la grotte de Massabielle.
En fait il s’agit surtout d‘un abri sous roche, d’une tute appelée par les locaux la tute aux cochons (et non aux moutons comme certains ecclésiastiques la nomment). C’est en ce lieu, que la petite Bernadette dit avoir rencontré la Vierge 18 fois en 1858. Elle abrite depuis, une statue de la vierge, exécutée en marbre de Carrare par Joseph Fabish, professeur des Beaux-Arts à Lyon, et ce d’après les indications de Bernadette qui ne reconnut pas son modèle, le cou étant trop court et les yeux trop dirigés vers le ciel. La plupart des béquilles et ex-voto en tous genres qui, durant des années étaient suspendus le long de la roche, ont été enlevés. On trouvait que cela faisait un peu cour des miracles. Au fond de la Grotte, à gauche, derrière l’autel, coule la célèbre source. Il est d’usage d’embrasser la pierre d’où suinte l’eau. Devant le site, l’emplacement où se tenait la sainte lors des Apparitions est marqué au sol. L’esplanade a été élargie grâce à un détournement des eaux.

Les légendes autour de la tute 

Quelques ecclésiastiques, appuyés par des déclarations loufoques d’archéologues de seconde zone essayèrent d’expliquer la présence de la vierge dans cet endroit lugubre. Elle serait venue, d’après le père Fournou, supérieur des Missionnaires, aidé par les explications saugrenues d’un certain archéologue, M de Caumont, purifier de par sa présence, cette grotte à l’histoire satanique. D’après eux, ce lieu a été contaminé, souillé par des sacrifices humains. La pierre dans la niche des Apparitions, de nature différente de celle de la grotte, aurait été « une pierre destinée aux sacrifices en l’honneur d’une divinité païenne, de la déesse Vénus, très probablement. » C’est à la suite de ces affirmations fantaisistes et des rumeurs persistantes qui en découlaient, que l’évêque Mgr Choquet, demanda à Norbert Casteret, d’explorer la Grotte. Ce qu’il fit le 6 février 1940. La roche ronde de granit, que certains disaient venir de Mongolie, est un simple bloc erratique fluvio-glaciaire qui abonde dans la région.

N. Casteret fit un rapport complet de son inspection. Il le remit à l’évêque avec le relevé ci-après :

                                                     La grotte de Massabielle avant les Apparitions

Relevé Norbert Casteret.docCasteret




LES GROTTES MILHAS (MILLAS)

Face aux Espélugues, le long du chemin du Calvaire, existent trois grottes appelées Milhas (Millas) du nom de la ferme propriétaire des terrains sur laquelle elles se trouvent.
Les grottes Milhas 2 et 3 ont fait l'objet de recherches archéologiques. Voir les chapitres Préhistoire et Glyptographique.


Milhas plan

                                                                                                                            Relevé Jacques Omnès, 1979.

Milhas 1 Milhas 1 est surtout un abri sous roche. Photo J. Omnès. Elle a un air de famille avec la grotte Masabielle proche.

Barbe à poux 30001 Grotte Milhas 3, dite de Barbe à poux, Visitée par Albert Omnès en1974.




 

LA GROTTE DU CASTILLET

C’est l’une des nombreuses grottes préhistoriques de Lourdes. La moins connue. Située en pleine ville, 28, rue du Garnavie. Elle se trouve au bord du parking privé d’un ensemble immobilier. Il faut passer sous le porche. L’entrée (sortie) fermée par une grille, souvent ouverte, donne accès à la grotte dont la voie d’accès a été en partie cimentée et équipée d’une petite grille. Mais, on peut voir en contrebas l’importance de la cavité éclairée par des failles dans la roche. Le site est assez étonnant. Ces cavités communiquent avec l’arrière de certains magasins de la rue de la Grotte (Les entrées originales semble-t-il). Le boyau a été signalé en 1892, par J.Barbet. Il a été utilisé comme chambre sépulcrale au Néolithique final. Un inventaire a été fait par l’archéologue Jacques Omnès. En plus des restes de sept cadavres, il a dénombré des fragments de poterie et de l’outillage osseux, dont une pointe de flèche sans pédoncule, d’un type rare du Néolithique final.

 Inventaire préhistorique de la commune de Lourdes. Jacques Omnès. Société des Sept Vallées, année 1981.

 castillet 001 2
Entrée actuelle de la grotte du Castillet. L'entrée se trouve à la lettre b ; le c étant l'arrière des boutiques de la rue de la Grotte. Plan de E. de Valicourt, 1976. Photo J. Omnès


 LES ESPELUGUES

Grottes d’une importance capitale dans l’histoire de l’archéologie et de la paléontologie, elles ont été pour le grand public des siècles précédents, une curiosité spéléologique.
Dans une lettre de 1825, à sa mère, Georges Sand raconte ses péripéties lors de ses visites des « Espeluches », entendez Espélugues (et des grottes du Loup).

« En sortant de la grotte du Loup, nous entrâmes dans les Espeluches. Notre savant cousin, M. Defos, vous dira que ce nom patois vient du latin.

Nous trouvâmes l'entrée de ces grottes admirables; j'étais seule en avant, je fus ravie de me trouver dans une salle magnifique soutenue par d'énormes masses de rochers, qu'on aurait pris pour des piliers d'architecture gothique, le plus beau pays du monde, le torrent d'un bleu d'azur, les prairies d'un vert éclatant, un premier cercle de montagnes couvertes de bois épais, et un second, à l'horizon, d'un bleu tendre qui se confondait avec le ciel, toute cette belle nature éclairée par le soleil couchant, vue du haut d'une montagne, au travers de ces noires arcades de rochers, derrière moi la sombre ouverture des grottes : j'étais transportée. Je parcourus ainsi deux ou trois de ces péristyles, communiquant les uns aux autres par des portiques cent fois plus imposants et plus majestueux que tout ce que feront les efforts des hommes.
Nos compagnons arrivèrent et nous nous enfonçâmes encore dans les détours d'un labyrinthe étroit et humide, nous aperçûmes au-dessus de nos têtes une salle magnifique, où notre guide ne se souciait guère de nous conduire. Nous le forçâmes de nous mener à ce second étage. Ces messieurs se déchaussèrent et grimpèrent assez adroitement", pour moi, j'entrepris l'escalade. Je passai sans frayeur sur le taillant d'un marbre glissant, au-dessous duquel était une profonde excavation. Mais quand il fallut enjamber sur un trou que l'obscurité rendait très effrayant, n'ayant aucun appui ni pour mes pieds ni pour mes mains, glissant de tous côtés, je sentis mon courage chanceler. Je riais, mais j'avoue que j'avais peur. Mon mari m'attacha deux ou trois foulards autour 'du corps et me soutint ainsi pendant que les autres me tiraient par les mains. Je ne sais ce que devinrent mes jambes pendant ce temps-là. Quand je fus en haut, je m'assurai que mes mains (dont je souffre encore) n'étaient pas restées dans les leurs, et je fus payée de mes efforts par l'admiration que j'éprouvai.
La descente ne fut pas moins périlleuse, et le guide nous dit, en sortant, qu'il avait depuis bien des années conduit des étrangers aux Espeluches, mais qu'aucune femme n'avait gravi le second étage. »



Plan des grottes du GRAS (J-P Cassou) pour Loucrup65. Un second plan différent se trouve dans le dossier Préhistoire-Protohistoire
Espélugues

Espélugues et non Espéluches. Son nom vient du latin spelunca (grottes) que les locaux de langue gasconne prononçaient Espelunca.


                                                             Petit cheval découvert par Léon Nelli

Transformation des Espélugues en temple chrétien

Lorsque jadis, je visitais ces grottes avec mon père, à la recherche de quelques ossements gravés à la lueur de simples bougies, je ne pouvais m’imaginer que nous étions dans l’un des plus anciens temples de la paléontologie. Il faut dire que les centaines de chauves-souris m’attiraient plus que les bouts d’os que l’on découvrait avec un grattoir de jardin.

C’est bien plus tard, grâce aux activités d’archéologue de mon frère, que je pris conscience de l’importance scientifique du gisement lourdais. Il faut dire que tout avait été fait par les Sanctuaires pour que l’on oublie cette présence humaine, d’il y a plus de 14 000 ans, d’avant le déluge. Ils n’hésitèrent pas, avec un certain Eugène Dufourcet (1) de faire vidanger totalement ces grottes de leurs contenus, en 1875. Un nombre considérable de wagonnets à phosphate furent utilisé et le mélange de la terre de nos ancêtres à des ossements de toutes sortes, d'homme et d'animaux, servit de remblai pour un accès plus facile aux grottes par les pèlerins. Elles devaient devenir un lieu de culte catholique par l’installation de la chapelle Marie Madeleine, avec un autel, fermée par des grilles.

(1) Juge au tribunal de Lourdes, archéologue amateur.




Les Espélugues transformées en station de calvaire

                      
Les Espélugues privatisées, fermées par une grille.   Planche des découvertes Nelli. Photos J. Omnès


Historique des fouilles

Peu de Lourdais savent que les grottes des Espélugues, christianisées par les Sanctuaires ont été parmi les premières grottes à avoir été fouillées par les archéologues. Et ce, dès les années 1860. Certaines découvertes qui y ont été faites continuent d’intriguer, plus d’un siècle plus tard, la communauté scientifique.

En 1860, les fouilles dans les bancs du diluvium intérieur d’Abbeville ont permis, grâce à la découverte de ses silex taillés par la main de l’homme, de conclure à l’existence sur terre de l’homme antédiluvien. Cette existence a été confirmée à Lourdes par Alphons Milne-Edwards la même année. Il deviendra plus tard directeur du Muséum d’Histoire naturelle. 

Ces grottes étaient idéalement situées à mi-hauteur du flanc d’une montagne, offrant ainsi une protection contre les animaux sauvages. Tout était à portée de main pour assurer les besoins nécessaires à la vie : eau, gibier et poisson. Édouard Lartet aida Milne- Edouard dans ses recherches. Et les premiers coups de pioches mirent au jour nombre de fragments d’os et de mâchoires, se rapportant principalement au Cheval, à l’Auroch et au Renne. Puis furent découverts des outils, surtout de grosses aiguilles, un foyer et quelques ossements humains. Les fouilles se poursuivirent des années durant, avec, en 1873, l’arrivée d’Emilien et Charles-Louis Frossard et d’Eugène Dufourcet.

Eugène Dufourcet, juge au tribunal de Lourdes et archéologue amateur, fut chargé par les pères missionnaires qui venaient d’acheter la colline, de vidanger les grottes. Ils désiraient y installer un chemin de croix et une chapelle dans l’une des cavités. E. Dufourcet eut quelques années pour continuer ses fouilles. Il découvrit une sépulture de l’époque du Renne, un foyer avec de nombreux débris et outils, un bâton de commandement, des pointes de flèches en bois de Renne, des fragments de poterie, ainsi que des traces de foyers et un nombre considérable d’ossements et de dents.

Mais ces fouilles réalisées par un amateur, entraînèrent de nombreuses protestations au sein du monde scientifique. Menées sans aucune stratigraphie sérieuse, elles mélangèrent des couches de différentes époques, les découvertes protohistoriques se mêlant à celles du Magdalénien.

Les grottes furent promptement vidangées avec l’aide des ouvriers des Sanctuaires, dans des wagonnets de chemin de fer. Ils jetèrent pêle-mêle une importante décharge représentant la faune complète de l’époque quaternaire. Le talus formé devait permettre un meilleur accès aux grottes et à son nouveau Sanctuaire, appelé Marie-Madeleine, ainsi qu’au sommet du calvaire. C’est dans cet amas de terre et d’os que furent trouvées plus tard, en 1886, les plus belles pièces mondialement connues.

Pour la petite histoire locale, E. Dufourcet, dans son contrat avec les pères missionnaires, devait leur remettre la moitié de ses trouvailles.

Sources : Les archives secrètes de Lourdes, jean Omnès, Privé 2008.

Le petit cheval et les trois galets gravés de Léon Nelli

Après des fouilles réalisées  par de nombreux chercheurs, dont le pasteur Charles Louis Frossard et son père Emilien de la société savante Ramond, il fallut attendre 1886, Léon Nelli, qui inspecta régulièrement les tas de déblais déversés à l’extérieur de la grotte pour découvrir quatre pièces exceptionnelles : le fameux petit cheval tacheté et trois galets gravés. Le petit cheval est une statuette taillée dans une défense d’ivoire de mammouth. Il est aujourd’hui exposé au musée des Antiquités Nationales de Saint-Germain- en- Laye.

Les  trois pierres gravées portent des représentations anthropomorphiques énigmatiques, dont l’une évoque irrésistiblement un curieux « sorcier dansant. »

Ces trois pierres ont été examinées attentivement par l’abbé Breuil. Voir « Les archives secrètes de Lourdes. », page 191.

Récemment…

Plus tard en 1977, les abords de la grotte devaient réserver de nouvelles surprises aux archéologues. En juillet, des travaux d’aménagements pratiqués à 25 mètres sous l’entrée des Espélugues permirent ainsi à  Jacques Omnès de mettre au jour « sous un déblai, des couches d’occupation […] avec une industrie lithique datée par carbone 14, de 11750 ans ». Le même chercheur a identifié dans une autre galerie un foyer daté de 13170 ans.

      
                   Dessin peu connu des Espélugues par Viollet le Duc. Vue de l'intérieur


Intérieur des Espélugues

                   

L’un des trois galets gravés                                       Le « sorcier dansant »

 




                                                           GROTTE-GOUFFRE D'OMEX                                                       
LE TROU DU FOU 

Au Sud-Est du Castet Miu, à l'aplomb du stand de tir

"Le Trou du Fou est une cavité qui a été explorée de 2009 à 2015 par le Groupe Spéléo Haut Pyrénéen de Tarbes. Au départ ce n'était qu'un trou de 20cm de large... Son nom évoque une interminable désobstruction qui a duré 5 ans et portée par deux spéléos obstinés (B. Nurisso & A. Massuyeau) qui "y croyait" et qui nous ont entraînés dans cette aventure !
Du temps où le glacier "d'Argelès" descendant des montagnes recouvrait Lourdes de plus de 500 m d'épaisseur de glaces (il y a 20000 ans), Cette cavité, comme des dizaines d'autres dans le secteur absorbaient les eaux de fonte sous glaciaires qui ressortaient par la Grotte du Roy 350m plus bas.
Sur les pentes du Castet Miu rabotées par le glacier durant des millénaires, les cavités sous glaciaires se sont toutes bouchées par les blocs et sables morainiques (varves). Chaque cavité est un piège donc un vestige de ces époques anciennes intactes et non remaniées par l'érosion naturelle. Pour les scientifiques qui seraient intéressés, c'est un extraordinaire support qui permettrait de mieux dater les périodes glaciaires qui ont remanié la vallée de Lourdes / Argelès...
Le but des spéléos du GSHP de Tarbes était de pouvoir jonctionner avec la Grotte du Roy toute proche géographiquement... Et nous y avons cru surtout quand le bouchon fut percé et que les verticales se succédaient malgré des rétrécissements ponctuels...
Nous y avons atteint la cote de -186 mais une trémie de blocs stoppe toute progression. Dans une autre branche la cote de -180 a été atteinte sur un rétrécissement mais les chutes de pierres incessantes et aléatoires nous ont conduit par prudence de ne plus y retourner...
Ce gouffre est très étroit, glaiseux et sportif, de plus il suit une fracture qui nous décale d'une jonction potentielle... Une protection autour du gouffre a été dressée par les spéléos du GSHP, il a été totalement déséquipé en 2015. (A. Dole)

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gouffre du fou

fou du Roy


LA GROTTE-TUTE D'UCH

À l'Arrouza, au fond des anciens jardins ouvriers, le long du gave, il existe une grotte, genre tute de Massabielle, qui a servi, pour sa ressemblance avec celle des Sanctuaires, à Robert Darène pour son film Il suffit d'aimer et aux frères Larrieu, pour leur film Madona. Peu profonde , elle possède une galerie supérieure à laquelle on accède par une corde.
L'accès n'est  pas aisé il faut prendre le GR101 (ancienne route c'Aspin) et à la fin des escaliers de pierre, prendre à 10 m le chemin plus ou moins entretenu qui descend sur la gauche. On descend vers le Gave en contrebas. L'accès le long du Gave au départ du GR est rarement accessible (attendre les basses eaux).

Uch 9
Du gave , elle est cachée par les hautes herbes. Photos j.Omnès


Uch 2

 La grotte-tute d'Uch, non indiquée sur les cartes IGN


UCH 0  Uch 10
À l'intérieur on accède en hauteur à une galerie, d'où la corde.

Uch 5
L'entrée est en face de l'usine hydroélectrique Latour, de l'autre côté du Gave


Uch 3
Socle de béton réalisé pour soutenir un pont mobile de l'armée traversant le Gave, pour la réalisation du film Le Miraculé de J-P Mocky
Un petit film de Karl Supperd : https://l.facebook.com/l.php?u=https%3A%2F%2Fyoutu.be%2FKBaW6FozEpA&h=rAQEROEjn

 



LES GROTTES- ABRIS-SÉPULCRE DE L'ARROUZA (BÉOUT)

La  falaise de l'Arrouza au bord du gave abrite de nombreuses failles et environ 10 petites grottes que nous avons numérotées de 1 à 10 en partant du sud et en se dirigeant vers le nord. La 7 ou grotte du Chêne étant la plus réputée (Voir dossier préhistoire-protohistoire). Coordonnées Lambert : X 405600.00 Y 3090130.00 et z 420 m ou UTM 2511650.86 et 4774845.21. Elle a été bouchée en 1998, afin de la préserver de toutes recherches désordonnées ; elle est malheureusement située dans un ancien squat qui rend difficile son accès : déchets divers, grillages , tôles ondulées si cette grotte et sa voisine la 6 ont un intérêt archéologique, nous ne savons rien des autres  : aucun sondage n'ayant été effectué. Voir dossier préhistoire.


GROTTE - ABRI MARGOT

C'est le nom donné par les locaux à une simple cavité avec cheminée perpendiculaire. Pour y accéder prendre à partir du four à chaux d'Anclades, le sentier qui contourne le pic du Jer. À 300 mètres après un replat herbeux sur la droite et le début de la sapinière et du chemin des VTT, descendre sur la droite la pente à travers les buis, il n'y a pas de chemin. La grotte se trouve à 50 mètres du sentier sur la droite (en descendant) d'une barre rocheuse.

Margot 1  Margot cheminée 2
La grotte est un peu surélevée contre une mini falaise, puits de jour à la perpendiculaire

Margot3 1                                                                    Coucou c'est moi, Rodolphe


LA TUTE MURGUETTE

Tout le monde connait la grotte de Massabielle, mais peu de personnes savent que le sol de Lourdes et de ses environs est truffé de cavités de toutes sortes : grottes, tutes, abris-sous roche, gouffres. Certaines ont fait l'objet résidence préhistoriques, d'autres de sépultures et d'autres enfin ont essentiellement partagé un important réseau fluvio glaciaire. La grotte-tute Murguette fait partie de ses dernières cavités. Située au pied de pic du Jer, du côté d'Anclades, elle a été étudiée par nombre de spéléologues, dont Jean-Pierre Cassou. Il analyse le phénomène de la naissance de ce boyau fluvio-glaciaire ainsi :

Le bouchon glaciaire de la tute Murguette (texte J-P Cassou )
La tute [tanière, grotte] Murguette (Lourdes, Hautes-Pyrénées) s’ouvre dans les calcaires du Crétacé inférieur qui arment les reliefs de la zone nord-Pyrénéenne. La cavité, qui domine le gave de Pau (alt. 375 m) de 200 m, présente néanmoins des galeries en tube et les traces d’un important colmatage par des remplissages allochtones de type fluvio-glaciaire.
La cavité a évolué de bas en haut à partir d’un conduit préexistant (fig 4)
L’accumulation d’alluvions fluvioglaciaires dans la vallée du gave de Pau a contraint les circulations à s’adapter à la remontée du niveau de base. Un conduit de raccordement, de type puits-cheminée, s’est mis en place dans la partie aval de la cavité à proximité de l’émergence ; sous l’effet du colmatage, un creusement de type paragénétique s’est développé à l’amont.

Pour y accéder prendre le chemin longeant la face Est du pic du Jer au départ d'Anclades, face à la cheminée du four à chaux. À mi-chemin, entre le départ et l'arrivée à la gare basse du funiculaire, on rencontre un banc et un grand pierrier des deux côtés du sentier. Sur le côté gauche au bord près du banc se trouve l'une des entrées-cheminée bouchée par trois  gros blocs.  L'entrée principale est à droite en contrebas à quelques mètres du chemin,dans le pierrier.

murguette
  Plan de J-P Cassou ? En attente d'un plan plus net.



Rodolphe
Rodolphe 2  Entrée secondaire-cheminée bouchée par trois blocs


Murguette haut 6  Derrière les trois blocs
Plus bas la seconde entrée

Murguette 2

Murquette 7  Murguette 6
Boyau étroit à 5 m de l'entrée                                                  Inscription à gauche de l'entrée
Murguette 8  Mourquette 00
Entrée
Les Murguettes

 

Grottes du pays des vallées de Gaves, en dehors de Lourdes et de ses environs, par ordre alphabétique

                                                                            LES GROTTES d'AGOS-VIDALOS

LA GROTTE DE BOURS

Cette grotte située à l'arrière du camping La Chataigneraie de Vidalos sur le monticule Nageau au bord de la RN 21 (d'après le bulletin de la société académique des HP de 1858) abritait trois belles fées, terriblement attirantes, mais inaccessibles par le commun des mortels, mais pas insensibles à la beauté de certains mortels. Un jour, apercevant le seigneur des lieux, le sire Deneins, elles s'éprirent de lui. Afin de s'approcher dudit seigneur, elles creusèrent avec l'aide de leurs bergers, les hadous, un tunnel accédant au château. La décence de l'époque ne dit pas ce qui se passa. Mais l'on sut qu'il avait après cette visite, un ascendant sans nom sur ses sujets auquel participèrent les fées à chacune de ses actions. Nous n'avons pas trouvé cette grotte à légende.

LA GROTTE MIQUETTE

Une chevrière au bon coeur aida lors d'une forte disette, plusieurs fées à surmonter leur faim. En remerciement, elles lui offrirent la grotte pour abriter son troupeau, grotte qui prit son nom.



                                           ARTALENS -SOUIN, LA GROTTE DU RENARD

Elle est en bordure du chemin accédant aux prairies de fauche et aux granges (sentiers d'Emilie) , à 100 mètres de la mairie, en descendant à l'ouest direction Beaucens, elle est fléchée. C'est suite à un éboulement, qu'a été trouvé par M. Flies, en 2015, un biface de forme ovalaire du Paléolithique. Rare et importante découverte qui laisserait penser à une présence humaine dans la vallée d'Argelès dès le début de la fonte du glacier qui recouvrait la vallée. La tute du Renard proche, serait-elle un abri préhistorique comme l'indiquait une tradition orale séculaire ? Voir article dans le bulletin de la SESV de 2015, No 46.
Située en bas du village à 10 minutes du point de départ, prendre  le chemin qui ressemble à un torrent à sec, sur la droite; arrivée au niveau des câbles à haute tension qui passent au-dessus, se trouve une petite falaise aux blocs épars, genre chaos. La grotte est surtout une tute abritant un gouffre où les animaux tombaient ou servait aux locaux comme cimetière pour bêtes domestiques. A notre passage avec Roland Petit accompagnateur en montagne et son ami Gérard  trônaient encore quelques ossements de vache au fond relativement comblé de pierres.

DSC07307

Artalens Renard   Artalens Renard 3
Gerard Petit, le gouffre est à gauche, au fond du gouffre comblé de pierre, tête de bovidé
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Renard5                                              Photos de  J-M Poudevigne

Renard 4

Renard 9
                                                        Jean-Marc Poudevigne

 



                                                                          GROTTE DE BERBERUST-LIAS


LA TUTE DU LOUP : au-dessus de la vierge de Ger, et de la route menant au village ; abri-sous-roche sur le flanc pentu de l'Arrimont, avec traces de foyer à faible profondeur. Rares tessons (Néol. final-Bronze ancien). Bœuf domestique, Isard. Fragment huméral humain. Sondage M. Rodriguez, vers 1965. Coll. Rodriguez, Clot. BESSON 1966 ; OMNES 1980 A CLOT 1983 B. Une légende dit qu'un tunnel rejoint le village d'Ousté.

Tute au Loup 4

 




                                                                       LES GROTTES DE BETHARRAM
(
Profondeur 115 m (-98, +17), développement topographique 7120 m)

Sur la D152, à 15 km à l’ouest de Lourdes, elles sont à cheval sur les communes de Saint-Pé et de Lestelle-Bétharram

Historique 

Considérées comme les grottes les plus insolites d’Europe, elles doivent leur notoriété à un Malouin, Léon Ross. Nous sommes en 1888, Ross s’intéresse au monde des grottes. Celles qu’il vient de découvrir, grâce à des bergers locaux, l’enthousiasment. Elles sont régulièrement visitées par des touristes anglais téméraires, en villégiature à Pau. Notre homme, photographe réputé, est un entrepreneur d’envergure. Il les aménage, forme une équipe de guides, se sert du Gave pour y installer une turbine et produire de l’électricité. Cette turbine donnera également de la lumière aux premiers hôtels lourdais, dont le Royal, et à la commune de Saint-Pé qui deviendra l’une des premières villes électrifiées de Bigorre. Dès 1904, les « pèlerins de la nuit » affluent de toute l’Europe via Lourdes. Le fils Albert prend la succession. Il signe un bail avec les communes voisines, leur assurant un revenu substantiel. Il creuse une sortie directe afin d’éviter aux visiteurs de revenir sur leur pas. Edmond, le petit-fils, prend la succession. Cette famille a de la suite dans les idées. Avec près de 300 000 entrées, Bétharram est l'une des grottes les plus fréquentées de France.

Les grottes

Ces grottes exceptionnelles nous offrent par la variété de leurs aspects, la clé de la création de la plupart des cavités. Formées sur cinq étages superposés, creusées par une rivière, elles sont reliées entre elles par des puits verticaux qui sont les anciens points faibles du lit qui ont cédé sous la pression de l'eau. La longueur totale des galeries est de quatre kilomètres. « C’est l’un des plus convaincants exemples de formation des cavernes par agrandissement des cassures du sol et aussi l’enfouissement progressif des eaux au sein des cassures. » E-A Martel La France ignorée.

Le cours d’eau coule maintenant à 80 mètres au-dessous de son lit initial, dans le cinquième étage, avant de se précipiter en cascades dans le gave de Pau.

La visite 

La visite des grottes se fait sur les cinq niveaux creusés au cours des millénaires. On commence par le niveau supérieur, c’est la partie la plus ancienne et la plus riche en concrétions de toutes sortes. Belles formations de marmites, stalactites et stalagmites. De la féerie pure. On descend ensuite vers les étages inférieurs par plus de deux cents marches d’un escalier en fer. Les formations du "Cloître" que l’on peut admirer lors de la descente vers les étages inférieurs évoquent l’art gothique. Un poète local a chanté en vers, ces splendeurs :

« Un ange pour chanter la puissance de Dieu
A-t-il créé ces beautés un reflet des cieux ?
Serait-ce Lucifer, qui en infernaux jeux
Pour perdre les âmes, veut séduire les yeux ?
Ou le rêve d’un poète qui s’est réalisé ?
Ou le Palais enchanté de quelque merveilleuse Fée ? »

On atteint le niveau de la rivière transformée en lac, par la construction de barrages. La visite se continue en barque à fond plat, et se termine en petit train électrique. Lorsque l’on aborde la traversé du lac souterrain, le plafond de la salle de "l’Enfer" s’élève à 50 mètres de hauteur.

   Grotte de Bétharram
Ancienne affiche, collection personnelle Photo J. Omnès                              Grotte de Bétharram. Photo J. Omnès

Le site en huit langues :http://www.betharram.com/
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                                                                      LES GROTTES DE CAUTERETS

LA GROTTE DE  MAHOURAT (Cauterets)


ou grotte du mauvais trou. Il s'agit de l'entrée d'une ancienne buvette qui a été aménagée en 1850, pour accéder à la source du même nom. Saint-Amans évoque déjà en en 1789, la visite de cette grotte : "A quelques toises de la cascade du Mahourat, on nous fit entrer dans la crevasse verticale d'un rocher, pour boire de l'eau qu'on nous dit très chaude. Cette eau très chaude, en effet, ne sent plus le foie de souffre dès l'instant même où l'on vient de la puiser, tant le gaz hépatique sulfureux qu'elle contient est volatil".

 



                                                                                        LES  GROTTES DE GÈDRE

 

LA GROTTE DITE DE PALASSET

 

On peut considérer cette appellation de « grotte » peu convenable pour cette anfractuosité dans le granit d’où sort ce torrent impétueux, le Gave d’Héas. En fait, c’est au XIXe siècle, en plein romantisme alors que les visiteurs se pressaient sur la passerelle à moitié rouillée et encore visible, accrochée au rocher de la rive droite, que ce nom lui fut attribué. La grotte avait séduit Ramond de Carbonnières, qui,  dans ses Observations faites dans les Pyrénées en donnait en 1787, la description suivante : « D’une maison du village qui appartient au nommé Palasse, on peut descendre au niveau de ce Gave et le voir roulant dans l’obscurité de l’épais ombrage qui le couvre, y former une belle et tonnante cataracte et sortir furieux d’une voûte de verdure, comme des entrailles de la terre. » Il ne se doutait pas que l’année suivante, le barrage naturel qui protégeait la dite maison allait être emporté  par un énorme flot, suite à des pluies diluviennes. Trois ans plus tard, les Palasset reconstruisirent en partie leur maison et aménagèrent escaliers et passerelle afin d’améliorer le point de vue et faire payer un « droit à l’image. » En 1910,  l’affaire se développa et la maison se transforma en hôtel de deux étages. Si le guide Joanne de 1912, indiquait un tarif de 25 centimes (gratuit pour les clients de l’hôtel) pour admirer cette « fissure pittoresque », les patrons de ce qui est devenu un restaurant exigent des visiteurs contemporains,  la prise d’une consommation. Voir la gravure d’Antoine Ignace Melling illustrant son Voyage pittoresque, La visite vaut bien une pause- café avant de « monter » sur Gavarnie.

Grotte de Gèdre                                                                        "Grotte" de Gèdre. Photo J. Omnès

Gedre-Grotte-Palasset


LA GROTTE D'ARRODE OU GROTTE À LÉGENDE

Cette excavation au -dessus de Gèdre est un abri naturel pour les bergers et les troupeaux par temps de pluie. Une jeune chevrière de Trimbareilles, menait souvent paître son troupeau composé de toutes les chèvres du hameau, aux environs de la grotte d'Arrode.
 Un jour, ayant perdu un animal qui s’était un peu écarté du troupeau, elle dut retourner vers la grotte où la chèvre aurait pu se cacher.C’est alors qu’elle aperçut à l'entrée de la caverne un animal fantastique. Il se tenait couché, avec à côté de lui, un drap blanc sur lequel s'amoncelaient pièces d'or, bijoux, diamants et autres pierres précieuses. Suite dans Patrimoine oral, les légendes.

Gèdre Arrode



                                                                                    HAUTACAM (LE)

LE PUITS DE BROUCASSA-BRANA

Il s’agit d’un petit gouffre sur le versant ouest du Hautacam, pratiquement à 50 m de la crête de Las Courbes au Pla de la Pène au lieu-dit Broucassa de broc (bruyère). Arrivé à la station il faut prendre à gauche le chemin pastoral, le trou se trouve sur la pente droite où broutent de nombreux troupeaux. Depuis 2017 les poteaux de protection en châtaignier, permettent de le voir de loin. 
Découverte en 1979, par Simon Cahuzacq, accompagné de mon jeune frère Jacques, archéologue et de son fils Pierre, aucun plan alors n’avait été réalisé et sa trace perdue. Depuis, il  a été retrouvé fin octobre 2016, par Roger Sere de Villelongue, accompagné de Christine Cahuzacq, fille de Simon. Son entrée de faible dimension est masquée par quatre pieds de bruyère (broc)  dans un environnement pentu et à faible végétation. L’intérieur est en pente douce, mais hélas le fond sert de sépulture à de nombreux animaux morts, dont certains récemment, ce qui dégage pour le moment une odeur pestilentielle et retarde toute étude. En 2017, le puits a été protégé des chutes accidentelles d'animaux

pas de Brana
Jacques Omnès en 1979.

Pas de brana 
Les bruyères cachent totalement le trou

Brana 2                                Le trou n'est visibe en 2017 qu'en écartant les branches

Brana
Mai 2017, le site a été protégé pour éviter les chutes accidentelles d'animaux. Le chemin passe juste à côté !




                                                        HOURNA (LA)


Hourna 3


      


                                                                            
                                                                                    MONTAIGU (LE)

LA GROTTE DE L'ESPELUGUE

Mentionnée par Robert Borie dans ses Archives du Montaigu, elle se trouverait sur le chemin  jacquaire de L'Espélugue qui part d' Arrodets et arrive aux Angles, derrière le château. Elle serait positionnée en contrebas sur le côté gauche du chemin de crête qui surplombe le gave de l'Echez. Elle a été partiellement comblée par de la terre. Elle n'est pas indiquée sur la carte IGN1647.

Espelugue 
La grotte partiellement obstruée. Photo Robert Borie
   


Chemin Espélugue   
La voie d'accès Photo J. Omnès
                                                     

 

 




                                                                                          LES GROTTES D'OUZOUS

Au-dessus d'Ouzous, à flanc de montagne, au bout du camin deth Saberos, se trouve une double grotte, l'une au -dessus  de l'autre. La plus haute, visible sur la photo ci-dessous a pour nom la grotte du cochon, la tuta deth porc, d'après une histoire légendé. La plus basse, la plus grande à deux entrées, exposée au S.O., servit sous la Révolution à un prêtre réfractaire pour célébrer la messe. Une niche à l'entrée sur la droite, servait de tabernacle. Toutes deux eurent une occupation durant le néolithique. Voir dossier Préhistoire, protohistoire et le relevé fait par Jacques Omnès

Grottes glesettes  Gleisette 4

 

Gleisette 3  Gleisette 1
Ce qu il reste du mur de protection. Photo de droite, à droite la niche-tabernacle. Photos J. Omnès


                                                                        


 

 

                                                              LES GROTTES ET GOUFFRE DU MASSIF DU PIBESTE
ABRI SOUS ROCHE

Près de la gravière du Pibeste : abri sous roche de 15m de large sur 3m de profondeur. Rumeur de trouvailles d'ossements de "mammouth", vers 1979. N'a pas pu être confirmée.
Des: os humain mis au jour, vers 1967, par un carrier au-dessus de la route, dans l’ensemble Nord. Restes cédés à un  hôtelier d’Aspin. Renseignement par un carrier témoin,1979
Ont été aussi découverts  : lame de silex atypique, po­ussoir en quartzite, céramique gallo-romaine et médiévale. Sondage A. Clot, 1971. Musée Pyrénéen, coll. Clot. CLOT 1972 B, 1973 E; LABROUSSE 1974.
En revanche, un sondage réalisé en 1971 par A. Clot a permis de recueillir quelques ossements d'animaux (Cerf, Renard et Ovicapridé)

Pibeste


Pibeste 2
Photo coll. Jacques Omnès

LA GROTTE DE VIGER

Mentionnée dans la carte archéologique de la Gaule-Les Hautes-Pyrénées page 267.      
Cette grotte a été découverte en 1992, par Chr. Bernès et J.P. Besson à 990 m, sur le flanc du mont Alian. Ils ont été trouvé un dépôt d'origine funéraire qui pourrait appartenir au Haut- Moyen Age (VIe-VIIIe siècle)  : restes humains et mobilier (un cinquantaine de pièces) dont une boucle de ceinture mérovingienne décorée, en bronze et son ardillon scutiforme en fer, une clochette en fer et son battant, une pointe à douille de fer, un disque tonique en tôle de bronze, une plaque de fer, un fragment d'une urne grise à pâte blanche, tournée, à décor peigné, ondul.. G Marsan  dans  De l'occupation ancienne de la montagne dans les Pyrénées et Travaux et recherches archéologiques de terrain. Viger. Exposé  dans Bilan scientifique Midi Pyrénées, 1992, DRAC-SRA TOULOUSE. 1993., pages 121, 122.

LE GOUFFRE DU MONT ALIAN

Allian


LA GROTTE DE PELUHET
Vers le col d'Andorre, dans le bois de Poutbelou, le groupe des spéléologues du 65  en visitant grottes et gouffre du secteur en décembre 2015, a découvert sous un tas de pierres faisant penser à une sépulture médiévale  un tas d' ossements humains noircis par du charbon des nombreuses charbonnières qui ont perdurées jusqu'en 1914  et qui a ruisselé dans la cavité. Le crâne était absent. Une datation a été réalisée par l'IRCGN (Institut de recherche criminelle de la gendarmerie).

Le mystere de peluhet Pelhuet1

pelhuhet 2 Ossement

Au boulot Fouille par la gendarmerie. Photos du GSPH

Les ahumats
                                                               Environs de Saint-Pé, les charbonniers. Carte ancienne.


                                                                             LES GROTTES ET GOUFFRES DE SAINT-PÉ


Chemins St Pé0001 3

Les sentiers karstiques de l'abbé Abadie en 2016.

Les environs de Saint-Pé dans la forêt de Tres Crouts, sont truffés de grottes et de gouffres. On en compte plus de 1500. Le milieu minéral du secteur est caractérisé par des couches géologiques carbonatées épaisses. Remaniées lors de la formation des Pyrénées, elles subirent ensuite d’importants  phénomènes de plissements et de corrosion, principalement dus à l’eau chargé de gaz carbonique, qui ont sculpté le paysage et les sous- sol. Ce milieu calcaire, riche en dépression est appelé milieu karstique. En plus des grottes et des gouffres ce qui le caractérisent, c’est la présence de dolines.  La doline est une dépression circulaire à fond plat souvent occupé par des résidus argileux rouges issus de la dissolution des calcaires.

La plupart de ces cavités demandent une certaine expérience dans la spéléologie, un équipement adéquat et un accompagnement de professionnels. Afin de connaître l’emplacement des principales excavations, l’Office de tourisme a réalisé  un sentier "découvertes" appelé Sentier karstique de l'abbé Abadie, qui  peut donner une idée du milieu naturel de ce massif. Il faut se rendre à Rieulhès et de là, prendre la direction ferme Cassadou, la dépasser et arrivé presque au sommet s'arrêter au grand panneau d'information sur la droite. Prendre le sentier , après un ruisseau une patte d'oie se présente à vous le chemin du haut vous mène au four à charbon de bois, celui du bas appelé ferme Cacha, aux différentes grottes et aux différents gouffres. Nous rejoignons successivement :

direction grotte Noelle  Bouhadère sentier
Pour la crèque Noelle et la grotte de la Bouhadère prendre la direction ferme Cacha. Le panneau derrière appelé sentier découverte nous mène au four à charbon de bois. Il serpente entre buis, hêtres  et lapiaz recouverts de mousses et de lichens. 

GOUFFRE DE LA BORNE 109

C'est le première cavité que nous rencontrons avant la patte d'oie.
Son nom est dû à la proximité de la borne 109 (mentionnant la limite entre la commune de Saint-Pé et la Réserve du Pibeste) Cette borne a été réalisée  en 1892. Il ya 485 bornes sur 39 km. Ce gouffre à 7 mètres, à gauche de la borne a été découvert en 1982, du fait de son entrée discrète. Déblayée depuis, il est toujours en cours d’exploitation. C’est une succession de puits entrecoupés de passage étroits qui descendent à près de 108 mètres de profondeur. Son étendue sous terre et dont une partie passe sous la grotte des Coumates située à 500 m, est remarquable et fort impressionnante.

Gouffre de la Borne 109.

Borne 109  St Pé Gouffre de la Borne


GROTTE DES COUMATES (Tute des loirs)

C'est dans un ravin (coume= vallon étroit) marquant une fracture que se trouve cette grotte. C'est en fait, une "perte" ou un point d'absorption des eaux. D'après l'OT de Saint-Pé, elle aurait été explorée par l'abbé Abadie qui lui a donné un second nom, la tutte des loirs. Ce surnom serait dû à une aventure peu courante qui lui serait arrivé lors de son exploration, des loirs lui auraient subtilisé son gouter, pourtant caché et bien enveloppé. Profonde de 350 m avec un dénivelé de 70 m, on y accède en prenant le sentier au-dessous du gouffre de la Borne 109. Ce sentier se termine par la crèque Noëlle.

St Pé Grotte des Coumates
Grotte des Coumates. Cliché OT de Saint-Pé

Coumates 2


GOUFFRE DU HAYAU

On rejoint la grotte de la Bouhadère, en contrebas. Si Bouhadère désigne un soufflet d'air c'est parce qu'elle communique avec ce gouffre du Hayau, comme le montre le plan ci-dessous. La circulation d'air est accentuée par l'importante dénivellation entre les deux entrées.

du Hayau   Saint Pé Le Hayau
Photos J. Omnès et OT Saint-Pé

Hayau


LA GROTTE  ou CRÈQUE NOËLLE,
après la grotte de Coumates sur le sentier Abadie

À l'extrémité du chemin du milieu du "sentier" Abadie, à 820 m du départ et 100 m, au-dessous du gouffre de la borne 109. et après le gouffre du Hayau. Le chemin est en cours de balisage avec pour le moment des rubalises. Beaucoup de rochers et de troncs d'arbres  déracinés. Cette caverne découverte en 1946 par l'abbé Abadie, M Lanoé et sa fille Noëlle. La grotte prendra le nom de Crèque Noëlle (Noèle) Elle découvrit la première, des dents d'ours des cavernes et des fragments de poterie médiévale, dont un col de vase de style commingeois avec son anse. Par la suite, elle sera régulièrement visitée par les spéléologues. En 1972, la découverte de quartzites taillés, par A. Clot, amène celui-ci à entreprendre un sondage de 3 m² dans l'entrée. Trois ans plus tard, en février 1975 Jacques et Albert Omnès accompagnés de l'abbé Abadie et de M Lanoé (à vérifier) font de semblables trouvailles d'outils sur quartzites pati­nes. En mars 1975, ils découvrent une mandibule d'ours des cavenes (ursus spelacus)  Durant toute l'année 1975, ils  effectuent plusieurs sorties et un sondage de 3 m² , à 25 m de l'entrée.  C'est une grotte creusée en régime noyé, ancienne perte qui absorbait les eaux de surface ; d'où les formes arrondies des cavités et les traces d'humidité des plafonds qui parfois produisent des gouttes à gouttes. Voir aussi le dossier préhistoire.

Grotte du Hayau St Pe Noelle 5
                    
Jean et Jacqueline Omnès décembre 2016

Noelle 3

Albert Omnès, l'abbé Abadie et M. Lanoé (à vérifier) avant la visite de la grotte en février 1975. Autre photo dans le dossier Préhistoire.
Noelle cruche0013Col de cruche avec anse découvert par Noëlle Lanoé en 1946. OT de Saint-Pé

Houyaou                                            Relevé d'André Clot en 1972 revu en 1975, en pointillé, les zones de fouille


Cr Noelle Omnes
Dans la grotte en 1975, Albert Omnès à droite et Jean Lanoé (à vérifier). Les flèches indiquent la ligne d'humidité. Photo Jacques Omnès


Noelle 13 
Au fond à droite, diverticule qui descend dans une galerie inférieure. J-F Delannoy

Noelle 16
 Traces de fouilles de 1972 ou 1975.

GROTTE DE LA BOUHADÈRE 
sur le sentier Abadie qui descend après la patte d'oie et se termine par la grotte de Pale. Découverte par l’abbé Abadie professeur de mathématiques au Collège Peyramale à Lourdes et géologue passionné pendant ses heures de loisirs, a nommé ainsi cette grotte qu’ il a découverte, à cause du souffle qu’elle dégageait. Une bouhadère étant un tube de bois dans lequel on souffle pour activer le feu. La cavité qui descend à une profondeur de 145 mètres  et se développe sur 1 300 mètres, correspond avec le gouffre du Hayau dont l’entrée est située 80 mètres haut. Les spéléologues qui l’ont suivi, ont découvert des ossements de Loup, de Hyène et d’Ours des cavernes datant de 80 000 à 100 000 ans.
L'entrée relativement étroite donne accès à de belles salles où l'on peut se tenir debout.

Bouhadère
Entrée de la grotte. Nom inscrit sur la gauche. Bref passage étroit.

Bouhadère J F D  Bouhadère pitons

Jean-François Delannoy nous montrant un gouffre avec  ses pitons d'accès (relais sur chaîne)

LA GROTTE DE LA PALE  ou tute des Gabarets.  La Pale = forme de pelle (la montagne). Les deux entrées sont au bord du chemin. On y accède  après la grotte de la Bouhadère en descendant jusqu'à la bifurcation verte, puis en prenant le sentier montant à gauche, où, à 10 m se trouve un imposant tremplin de VTT. Cette grotte longue de 250 mètres, possède de nombreuses stalagmites et stalactites souvent cassées. De plafond bas, on rampe souvent. Elle nous offre sur son entrée, la trace correspondant au niveau des eaux de fonte des glaciers qui ont emprunté  la vallée du Gave de Pau, lors de l’ère quaternaire. Les eaux ont suivi un passage entre deux strates de roches et sont ressorties un peu plus loin, donnant ainsi naissance à cette cavité avec deux entrées et à de nombreux gours (reliefs de calcaire serpentant au sol rendant la progression difficile. À l’entrée, elle présente des griffures d’environ 30 000 ans, d’ours des cavernes. La plaquette de l'OT, précise que l’action des eaux et des matériaux charriés à mis au jour le calcaire à faciès Urgonien, déposé au Crétacé inférieur. Ces dépôts  apparus dans les mers peu profondes, il y a 110 millions d’années, sont caractérisés  par des rudistes (animaux marins bivalves). À l’œil nu, ces fossiles se présentent sous la forme de cercles noirs, de quelques centimètres de diamètre se détachant du calcaire gris. Pas mal d'araignées, mais peu de chauve-souris y ont trouvé refuge.
En septembre 2017, de la cordelette réfléchissante a été mise en place pour délimiter les endroits de la cavité sur lesquels apparaissent des traces de griffades d'ours et de mains humaines datant d'environ 30 000 ans. Les spéléos et visiteurs pourront désormais observer ces vestiges sans risquer de les détériorer par leur passage. Merci à tous de respecter et de faire respecter cette protection.

La Pale voie verte  La Pale Biffurcation voie verte 2

La Pale entrée 1
La Pale entrée 1, étroite.

La Pale entrée 2
La Pale entrée 2

La Pale intérieur 4  La Pale Griffures ours 1
Intérieur, nombreuses stalactites et nombreux gours. Plafond bas.                                          Griffures d'ours. Photos J. Omnès

La Pale intérieur 2   La Pale araignée

Petite vidéo de l'OT :
https://www.youtube.com/watch?v=RG3WmKBVRik

La Pale

Pour comprendre le plan il faut l'inverser, l'entrée de droite est en fait à gauche sur place, c'est l'entrée1 quand on est face aux ouvertures.


St Pé Pale                                    Photo du spéléoclub de Lourdes, lors de la pose des cordelettes
                                                                
Il existe d'autres grottes-gouffres, dont les plus connus sont : le Paybou, la Porte de la Gleyse et le Puts d'Aran

 Saint-Pé Paybou  Saint Pé Paybou 2

 Gouffre de Paybou. Cliché OT Saint- Pé/ J.-C. Mengelle 

Saint-Pé La Gleyse

 Gouffre Porte de la Gleyse. Près du col d'Espades. Cliché OT Saint- Pé/J.-C. Mengelle

Saint Pé Puts dArau

 Puits d'Arau. Clicjhé OT Saint- Pé/J.-C. Mengelle

DIVERS

Ces trois dernières années (2012-2015), le GSHP s'est trouvé à l'origine de trois grandes découvertes qui ont été présentées au public de Saint-Pé :" le gouffre du Python (-348 m) avec son enchaînement de puits et son imposante salle de 200 m par 60 m sur 100 m de dénivelé, dans laquelle les spéléos ont posé le pied au terme d'une ultime descente en rappel de 52 m. Le gouffre de la Perte-Yerse, avec sa rivière, ses galeries et son collecteur atteint à -400 m. Le gouffre du Quéou qui abrite des puits composés de différents niveaux de calcaire et aussi des trésors comme les choux fleurs d'aragonites et de calcite et les perles des cavernes. Le siphon à -454 m a bloqué la progression des spéléos et la coloration à -300 m n'a pas donné de résultat. Le Quéou n'a pas encore livré tous ses secrets ! Les concrétions, si belles soient-elles, ne sont pas les uniques curiosités souterraines"…

Grotte du Python                                                                                                      Photo GSHP



GROTTE DE LA RÉSISTANCE

Situé à l'entrée de Saint- Pé, sur la droite en venant de Lourdes, face à l'intersection avec la route se rendant à Rieulhès, prendre le chemin qui mène à la ferme à 100 mètres, il ya une cabane faisant office de garage, prendre à gauche le large chemin au bout, monter le long de la barrière. Au niveau du piton rocheux, et de l'arbre ci-dessous,  bifurquez à gauche c'est à une cinquantaine de mètres.
Cette grotte qui est en fait une large bouche, a servi de dépôt d'armes et de munitions pendant la dernière guerre.
La grotte de la Résistance, pour l'Escb est une cavité d'initiation parfaite, avec de la progression facile, des mains courants en place, des petites escalades, un puits de 11 m, et pour finir une dernière main courante nous amène au fond de la cavité... Mais dès le départ il ya un plan incliné, mieux vaut faire la descente avec un habitué.

 
Grotte Résistance On approche. Photo spéléo ESCB.

St Pé Resistant L'ouverture est en partie cachée par un rocher

Grotte Résistance0002

GROTTE DE FAIOUIAS
  (TUTE FAYOUYE)


Il s’agit d’une petite grotte (tutte) servant d’abri à moutons. Elle est située à gauche de la grotte de la Résistance, bien visible sur la colline de la Lit , 1 km avant d'arriver à Saint-Pé. Elle domine la RN637 au niveau de l'embranchement de Rieulhès. Elle a servi de  repère à un  ermite ancien grognard de Napoléon, originaire du village, selon B. Abadie.( localement nommé par l'abbé B. Abadie, Fayouye). Coordonnées Lambert 3 : X  398250, Y  3092580,  Z 450.
En entrant sur la droite, à la lumière du jour, on peut voir sur la roche, un panneau gravé au burin. Le centre du panneau comprend une dédicace à Napoléon Ier, entouré de croix latines. On peut lire : LA GLOIRE et LONNEUR A se NAPOLEON VIVE NAPOLEON, entouré de croix latines et de deux dates : 1811 et 1818. Ont été ajoutés, les noms de Jean Solité et Cosade et au-dessus Pamphile Abadie.
Petite vidéo de Jean-Claude Mengelle : https://www.youtube.com/watch?v=vOLZtr1Jd2M#t=119



 Grotte Faiouas St Pé tute1
                                                                               Entrée de la grotte

St Pe tute intérieur  St Pe tute 4
Intérieur                                                                                                     Autre inscription
St Pé tute crane de

                         Vue sur la plaine. Dans le coin, crane de  ?                            Photos J. Omnès                                                                                                         


Fayouye 001 3



                                                                                                     Relevé Jacques Omnès

GROTTE-GOUFFRE DE LA PALOMBIERE : le gouffre se trouve au pied d'une palombière : le trou en bas à droite sur la photo. Il a été découvert par Michel Bof. C'est certainement la cavité la plus concrétionnée de la montagne de la Pale. Les stalactites sont effectivement fort nombreuses, voir la vidéo ci-après.



Grotte gouffre de la palombière Photo de Marc Chanliau

Vidéo réalisée par J-C Mengelle. Musique : Lento - Dee Yan-Key
 : https://l.facebook.com/l.php?u=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fwatch%3Fv%3DX-7q4HnqdAQ&h=ATNnMe48REjRVFe2df8SZ3yLhWbr9SiatBz_a8vs4XrXls2_dWmxxVbxWzMluLKNbkTVoLMTDdIP7DKlXPff6lItfds1eWOSQ-oaiZOwxpCM2pye_84lua84ul5oQq3C2qbhYA

GROTTE (gouffre) DES CASTETS
Prendre la direction du monastère des soeurs de Bethléem, montez  sur la droite le chemin qui longe la Génie Braque, qui se trouve sur la droite. Au carrefour prendre à droite, on rencontre un petit pont, un marquage en rouge indique que vous êtes dans la bonne direction. La grottte-gouffre se trouve à 15 minutes sur le territoire de l'ancien camp de jeunesse (1940). Elle est à 30 m à l'arrière de la ruine de la ferme des Castets, qui est le long du chemin, dans le prolongement du mur de droite quand on est dos à la ruine, pignon arrière. Nous tombons sur une vaste doline couverte de broussailles et de ronces. La cavité correspond à un effondrement au milieu de la doline. Terrain humide glissant.  Y aller impérativement avec un spéléologue affirmé.
Ce gouffre aux boyaux étroits a été visité par l'abbé Abadie en 1955.


Castets

Gouffre Castets 4
                                         La doline est dans le prolongement de ces murs à 50 mètres environ


Castets grotte

    Gouffre Castets
 Gouffre Castes 2
                                                                     GROTTE DE SAINT-SAUVEUR

LA GROTTE DE CAMPUS

Elle est située à Saint-Sauveur aux abords immédiats de la colonie de vacances à Campus à 300 m au SSW, presque au même niveau dans le bois au sud des bâtiments de la colonie. Ses coordonnées sont 408,25-64,70 et 870m. Elles et mentionnée dans le guide d’Eugène Sinturel de 1935.
L’entrée est obturée par un gros bloc, à son sommet débute la galerie supérieure. La paroi Nord est schisteuse, recouverte d’une pellicule noirâtre décomposée. A 20 m de l’entrée, une cheminée terminale est obstruée par un gros bloc. La suite est évoquée dans l’inventaire du B.R.G.M. 7096.
La grotte porte plusieurs inscriptions dans les deux galeries. André Clot en fait le relevé ci-joint.   

 


campus0003 2                                                                               

                                                                   GROTTE DE SEGUS

LA CHAPELLE AUX MOINES
Abri-sous-roche de La Chapelle-au-Moine, ou Espi de la Gaü : niveaux d'occupations avec foyer(s) mis au jour par désobstruction spéléologique. Tessons de céramique Age du Fer, gallo-romaine et médiévale. Cerf élaphe abondant, avec Bovidé de petite taille, Cheval, Capridé, Mouton, Chevreuil, Isard, Sanglier, Loup, Blaireau. Très nombreuses coquilles d'Hélix associées au foyer. Canine d'ours percée à la racine: Néolithi­que - Age du Bronze ? Notons aussi 2 restes humains : fœtus et adulte. Coll. Cahuzacq, Dallier. CLOT 1985 C.


                                                    
                                                     GROTTES DE VILLELONGUE


La grotte-tute d'Aouradé celle où d'après l'histoire légendée se serait abrité l'ermite Orens. D'après Jacques Omnès dans son inventaire : "Vaste grotte, abri pour ovicapridés. DUPOUEY 1861; LUCANTE 1880; VIRE 1898". Pour y accéder prendre le chemin après Ortiac,  après la bifurcation allant à l'abbaye de Saint-Orens, continuer sur 2-3 km, chemin en zig -zag, la grotte se trouve sur la gauche, au niveau de la falaise en bord de chemin. La contourner par la gauche sur 50 mètres, puis grimper sur une trentaine de mètres. Voir le plan IGN où elle mentionnée  tute Auradé, à gauche de l'altitude 1054. Sur le site de la ville de Villelongue on peut lire que cette grotte aurait servit de mine d'or ? Nous n'avons pas trouvé d'or, mais du minerai de fer. Avec sa situation difficilement accessible et même à l'intérieur avec son plateau surélevé, elle aurait très bien pu servir d'abri à l'ermite et peut-être à l'homme préhistorique, mais aucun artifact n'a été trouvé. Un spit enfoncé dans le sol  et quelques creux de fouilles sont encore visibles. Sur la droite, une inscription en rouge incompréhensible.

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Une corde a été nécessaire pour arriver au but. Vue de la plateforme intérieure. Photos J.Omnès
Auradé
Imposante cavité. Photo J. Omnès

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Le fond au-dessus de la plateforme


La grotte d’Arribaout
sur les parois de laquelle ont lit des noms écrits en arable et en anglais, remontant sans doute à l’époque où les Maures et plus tard les Anglais y exploitèrent des mines de plomb argentifères. Informations du site de la ville de Villelongue.



                                                         TUTE DE VIZOS

Grotte à légende :  à la Peno d'Agnerè au-dessus de Vizos entre Paniét et Hàou se cache la grotte des géants de Vizos (Prouzous) 


 
                                                         HORS TERRITOIRE

LES GROTTES DE GARGAS (hors territoire étudié, mais importantes pour la connaissance de la préhistoire)
 


Entrée des grottes de Gargas, photo cartesfrance.fr©

 

                                                                Grottes de Gargas- Aventignan

Proches de Saint-Bertrand-de-Comminges et de Montréjeau, ces grottes sont connues depuis fort longtemps, pour leurs peintures rupestres particulières. En plus des dessins préhistoriques classiques, on peut admirer « des chrismes très archaïques tracés là, apparemment par des chrétiens des tout premiers siècles de l’Eglise et aussi des arbalètes à étrier qui semblent remonter au XVe siècle » Norbert Casteret.

Longues de 500 m et large de 20 à 40 m, ces cavités représentent trois étages concrétionnés. Elles étaient probablement en relation avec les grottes de Tibiran proches. Elles intéressèrent nombre de préhistoriens dès 1865, dont l’abbé Breuil, le commandant Mollard, E.-A. Martel, Félix Régnault et E. Cartailhac...

C’est à Gargas qu’E.-A. Martel eut en 1866 « en compagnie de son père, la fulgurante révélation de ce qui allait devenir la passion de toute sa vie : la spéléologie. Il avait sept ans. » Pierre Boulanger.

Mais ce fut Felix Régnault qui établit après maintes visites, la communication entre la cavité supérieure et inférieure, en descendant à l’aide d’une simple corde dans un puits de jonction, appelé depuis « oubliettes de Gargas. » C’est dans ce puits qu’il découvrit une quantité considérable d’ossements du quaternaire. Ces trouvailles ont été déposées au Muséum d’histoire naturelle de Paris.

En 1906, il s’intéressa surtout aux empreintes de mains mutilées, près de 148 ! Il se rendit compte que certaines mains colorées en rouge et noir, étaient des ‘’dessins’’ dit « positifs » c’est-à-dire pleins. D’autres, plus nombreux dits « négatifs » étaient dessinés par épargne, c’est à dire en projetant de la matière colorante sur la main plaquée contre la paroi, doigts écartés.
Nous trouvons également nombre de figurations d’animaux : biche, bouquetin, cheval, mammouth, bison…

En 1937, Norbert Casteret découvrit l’étage supérieur.

Plus proche de nous, nombre de paléontologues se sont intéressés à ces grottes dont A. Leroi Gourhan et A. Clot. Jacques Omnès en a fait un inventaire exhaustif dans Préhistoire des Hautes Pyrénées, pages 23-30. Edit. Association G. Mauran et Société d’Etudes des Sept Vallées, 1987.

Histoire du monstre de Gargas 

Au XVIIIe siècle, les grottes de Gargas servirent de refuge à un personnage redoutable et redouté : Blaise Ferrage. Il semait la terreur dans la région en rançonnant les paysans et en leur volant leurs femmes. Il les égorgeait après sévices, puis les mangeait. L’anthropophage fut capturé en 1782, et après jugement, exécuté à Toulouse.

  Gargas


Relevé de gravures des grottes de Gargas par l'abbé Breuil.


                                                                         
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