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intro humain

La vie des premiers saints de l’époque gauloise ou wisigothique nous est connue grâce aux « légendiers ». Ecrits à la gloire de ceux-ci  afin d’en faire des êtres charismatiques, modèles pour tout chrétien, la réalité des faits n’est pas toujours respectée et les textes  repris par la suite par de nombreux biographes sont parfois contradictoires. 

Saint ORENS

saint Orens lourdes 6
Saint Orens statuette de bois du XVe siècle (?) de 36 cm. Musée pyrénéen. Photo catalogue "Regards neufs sur l'Art religieux dans les Hautes-Pyrénées", 1981.
D’origine espagnole, Orens (Orentius) naquit vers 370 en Espagne (L'historien J. Jean  Bourdette le fait naître en 350), près de Huesca, dans un milieu aisé, son père était gouverneur d'Urgel. D'après une légende bien établie, afin d’éviter l’énorme héritage qui lui revenait à la mort de son frère aîné, Laurent (saint Laurent), il s’enfuit vers les Pyrénées pour s’établir en ermite, au-dessus de Villelongue, dans une vallée du Lavedan, près d’Isaby. Jean Bourdette le fait venir au décès de sa mère, accompagné de son père également nommé Orens. Bascle de Lagrèze confirme cette présence.

Mais, il se serait rapidement séparé de son père lors de son séjour à Villelongue (1). Ce dernier retournera à Huesca
L'endroit trouvé dans un bois, au bord du ruisseau de l’Isaby, lui permit de construire un moulin et de vivre grâce au blé moulu  que lui apportaient les gens. Mais,  succès grandissant, voyant venir vers lui une multitude de quémandeurs, il prit la fuite « imprimant sur le roc la trace de son pas » (2)  et chercha un endroit propice  à sa soif d’ascétisme et à l’inspiration.
Il s’installa alors  dans les rochers proches du ruisseau en amont,  là où se trouve la grotte d’Araudé. Il y construisit un petit oratoire et s’adonna à la prière et à la méditation. Il disait chaque jour le psautier. Notre homme était poète, il se mit à écrire son œuvre,  le  Monitoire (Commonitorium) où il parle joliment des mauvaises pensées qui assaillent le bon chrétien pour l’éloigner du bon chemin (3).  Partisan de mortifications, il portait cilice, sous la forme d'une chaînette, face aux tentations terrestres. Sa renommée d’homme pieux, l’amena, après une visite d’une délégation du diocèse d’Augusta (Auch), à occuper le siège épiscopal de cette ville, en remplacement de l’évêque Ursinien décédé. Dans un premier temps, il refusa, puis, après avoir prié le Saint Esprit, accepta finalement (le miracle du bâton qu’il tenait en main se couvrant de fleurs est resté célèbre).

st OrensTraces du sabot de la mule et du baton de saint Orens, selon l'histoire légendée. Photo Terèsa Pambrun (Mémoires de pierre, page 127).

Il se distingua à Auch à partir des années 410, par ses vertus et fit de nombreux miracles. Il convertit nombre de gascons païens (idolâtres). L'histoire nous rappelle son rôle en 439, de médiateur entre le roi wisigoth Théodoric Ier d’obédience arianiste,  lors du siège de Toulouse par les armées romaines du général Littorus, afin d’éviter pillages et massacres. Certains textes évoquent aussi la présence du général Aétius (6)
Après la défaite de Littorus et la fuite supposée d’Aétius, nous avons peu d’information sur sa mort que l’on date généralement vers 450. Il a été enterré à l’église Saint-Jean de l’Aubépine à Auch.

  1. La présence de son père n’est pas mentionnée dans toutes les biographies. D’autres biographies indiquent la présence de sa mère sainte Patience, d’où ses reliques dans la châsse de l’église de Villelongue.
  2. Abbé E. Lafforgue Les ermites de la Bigorre, page 6. Certains auteurs évoquent une chasse à l’homme, les locaux ne supportant pas la présence de ces étrangers. 
  3. Le Monitoire, je n’ai pas trouvé de trace de ses poèmes.
  4. Abbé E. Lafforgue Les ermites de la Bigorre, page7 . Le diable lui aurait envoyé un beau jeune homme pour l’aider dans ses travaux de domestiqué. Il se sentit obligé de la chasser.
  5.  Biographie Sarraméjean Etude sur le monastère et la seigneurie de Saint-Orens, Tarbes, Lesbordes, 1913.
  6. Voir les Annales du Midi par Charles Lécrivain, 1981, 3-107 pp 257-258

Bascle de Lagrèze dans son ouvrage sur les religions indique page 168 : " Les ruines de ce moulin (1) sont encore indiquées avec respect par les pâtres de la vallée" Puis plus loin : " la pierre où l'ermite s'agenouillait dans sa grotte est encore conservée ; la prière l'a usée. Que de générations sont venues ici tour à tour prier à genoux sur la même pierre où un saint à prié il ya plus de mille ans " !
Ces deux endroits sont-ils toujours visibles. Ou est-ce une vue de l'esprit de notre conseiller impérial

(1) le moulin édifié par le saint, premier moulin de la Bigorre

Le Commonitorium a été surtout édité en Espagne et en Allemagne. Bascle de Lagréze dans son ouvrage "Histoire religieuse de la Bigorre", 1863, nous présente,  pages 179 à 182, quelques passages en latin, traduits en français.

st Orens peigne                                                   Peigne liturgique de saint Orens Auch musée des Amériques

saint Orens olifan
Olifant de saint Orens. Auch. Musée des Améraques

Son culte, dans le Lavedan, est associé à celui de sa mère, sainte Patience. Il est fêté avec sa mère Patience, le 6 mai, jour supposé de sa mort. Mais les villages qui l'ont adopté comme saint patron le fêtent, pour bénéficier de ponts, soit le premier dimanche de mai (Villelongue), soit entre le 11 et 13 mai comme à Auch (32) et Saint-Orens de Gameville (31). Orens est aussi saint patron de Barbachen et d’Ugnouas.

Dans les environs, à Ortiac, il parait que les locaux montrent aux visiteurs les traces sur un rocher du sabot de la mule du saint et de son fameux bâton et le lieu où par pénitence et pour calmer ses mauvaises pensées , il se baignait dans le torrent glacé.
Plusieurs siècles après, les moines de l’ordre de Cluny vinrent construire près de son oratoire un couvent (prieuré)  de grande envergure, et ce à 1600 m d’altitude et 30 m du ruisseau. C’est celui dont nous pouvons encore admirer les ruines.

Les reliques 
 Orens  fut canonisé à sa mort. Ses reliques furent dispersées entre Auch, Toulouse et l’abbaye de Saint-Orens où elles étaient restées jusqu’en 1720, et d’où pense-t-on, elles furent portées à la chapelle d’Ortiac à l’intérieur d’un reliquaire en bois doré. Puis elles furent transférées à l’église de Villelongue. Curieusement cette église abrite aussi un reliquaire de Patience, mère du saint qui d’après Bascle de Lagrèze abritait ses propres reliques. (1).
Celles de saint Orens étaient composées de débris d’ossement, d’une dent,  de bouts de cheveux dans une petite boite métallique et d’un morceau de chaînette aux « vertus curatives ». Saint Sernin de Toulouse possédant un autre morceau de la chaînette depuis le 12 juillet 1355. Morceau de la chaîne que le saint portait autour de la taille en guise de mortification dans les montagnes lavedanaises.
Après plusieurs demandes de restitution, Huesca, berceau du saint homme réclama à Auch ses reliques. En 1609, la majorité de celles-ci  lui fut rendue après d’imposantes solennités. Lors de leur translation, fut édité par les Espagnols, un important ouvrage composé de 5 livres relatant leur histoire avec leur restitution, incluant les lettres d’Henri IV (10 lettres) réclamant au chapitre d’Auch, cette translation.

Le vol
En 2002, lors d’une visite de l’église pour la rédaction d’un guide touristique, je découvris que les reliquaires ne possédaient plus leur vitre de protection et les niches étaient vides. Les femmes de ménage alors présentes m’affirmèrent qu’elles avaient trouvé au sol des bouts de verre. J’alertai alors le curé  Valerian et les autorités administratives. Rien ne se passa et aucune plainte ne fut déposée. Une rapide enquête me mena sur une bande d’illuminés avide de merveilleux,  établie dans la région. Rien ne fut engagé.

 La restitution des reliques
Les reliques volées revinrent plus tard en mai 2014, par enchantement, dans un sac accroché aux portes de l'église, Probablement suite au remord d’un des voleurs. Ce sac était accompagné d’ un mot  tapé à la machine : « Reliques de saint Orens trouvées chez un brocanteur. Un chrétien anonyme »
Elles furent analysées pour vérification et mises  en place avec un nouvel acte d'authentification de l'abbé Jouanolou (l'ancien ayant disparu). Ce n’est qu’à ce moment  que l'on s'est rendu compte, que le morceau de la fameuse chaînette au pouvoir surnaturel se trouvait caché dans le pied du reliquaire, abandonné par les malfaiteurs (2).
Une cérémonie, le 15 août 2014, officialisa le retour de ces reliques.
L'acte d'authentification note la présence d'un sac contenant : « une vertèbre cervicale (Atlas), une mâchoire, un radius et un cubitus, des fragments de vertèbre lombaire et de côte, deux mèches de cheveux, une boite métallique dans une pochette en tissu orange, tissu coloré avec mèches de cheveux »

(1)   Histoire religieuse de la Bigorre, Bascle de Lagrèze, 1863. Page 186.  
(2)   Radio N-D 26 juin 2014, Victoria Putz

Reliquaire Saint-Orens

Reliquaire de Saint-Orens de l'église de Villelongue. La vitre de protection a été remplacée après le retour des reliques. Photo J. Omnès


Reliques                                                                                        Reliques récupérées. Photo SESV

                                                                                      .
                     Église de Villelongue abritant les reliquaires de saint Orens et de sa mère sainte Patience


Saint SAVIN

Savin qui a donné son nom à l’adorable village lavedanais serait d’origine espagnole, mais du côté catalan. On le situe au VIIIe siècle (1). Il serait le fils d’un comte de Barcelone. Malgré la richesse de sa famille, après une éducation brillante, il décide de rejoindre son oncle Hentilius demeurant à Poitiers. Il quitte tout pour rejoindre cet homme et devenir le précepteur de son fils, Forminius,  donc de son cousin. Disciple de saint Martin et moine, il se tourne vers Dieu et consacre sa vie à la méditation et à la mortification. Après trois ans passées au monastère bénédictin de Ligugé avec Forminius, il vient s’installer à une date inconnue (1), dans le Lavedan, à Uz, sur les monts du Pouey Aspé.
Il y construit son ermitage près d’une fontaine. Son lit est un simple creux dans une roche. D’après l’histoire légendée il aurait creusé une tombe dans laquelle il avait pris l’habitude de s’ensevelir tout vivant ! (2)

Sa réputation de sainteté était telle qu’à sa mort, les moines de la communauté bénédictine de Bencer, à quelques kilomètres d’Uz, emportent, son corps. L’abbaye des moines et le village environnant prendra plus tard le nom du saint. Elle réalisera en 1036, un cercueil de marbre noir pour ses reliques. Celui-ci deviendra le maître-autel de l’abbatiale.

Une chapelle, à l’emplacement de son ermitage à Uz et près de la source où il s’abreuvait, a été édifiée au XVIIIe siècle et restaurée au XIXe siècle. Elle se trouve sur les hauteurs du village, dans la forêt. On peut y accéder par un sentier pentu. Belles vues sur la vallée.
La statue en bois de buis du musée de l’abbatiale  réalisée par Roger Bergès, fils d’un ancien maire est sortie tous les ans vers le 9 octobre, le dimanche de la saint Savin pour aller en procession à Pouey Aspé.
Dans le musée de l’abbatiale, on peut admirer la chasse de saint Savin du XVe siècle, sous forme d’un petit château en cuivre argenté.
L’église orthodoxe de Tarbes possède des reliques de saint Savin.

(1) Vie de saint Savin, anachorète du Lavedan, 1857 de Joseph Abbadie ancien curé de Saint-Savin. Consultable sur Gallica.  D’après lui, on ignore beaucoup de chose sur ce moine qui pourrait avoir vécu  entre le VIIe et le VIIIe siècle. Bascles de Lagrèze opte dans sa monographie, pour le VIIIe siècle
 (2) Texte cité par Joseph Abbadie : liturgie de l’Office des saints, consultable en latin sur Gallica

                                                                 DSC01948 5

                                                                                                             Saint Savin, statue du musée à droite.

                                                                                                                   
                                      L’abbatiale de Saint-Savin


St Savin vie
                                                                L'un des deux panneaux évoquant la vie du saint

                                                                                        Tombeau de saint Savin 

Reliquaire 4

                                    Reliquaire au musée. Photo J. Omnès

Chapelle du Pouey Aspé à Uz qui abrite le lit de pierre de l'anachorète Savin.

                                                                                Chapelle du Pouey Aspé.

Poueyaspé2 3 À droite, le lit de pierre du saint


Pouey 2                 Pouey source
                                                                                              Source de saint Savin. Photo J. Omnès


 Saint JUSTIN, évangélisateur, environ du IVème siècle, premier évêque de Bigorre ?

Justin (Justini) aurait été l’un des premiers évangélisateurs de la Bigorre à l’époque de la Novempopulanie romaine. Prêtre, originaire d’Eauze, il vint à Tarbes, pense-t-on vers 380. Il fut vraisemblablement l’archiprêtre du diocèse naissant, puis d’après Gallia Christiana  et le manuscrit de l'abbaye de Corbie (0), évêque vers 420 et aurait eu maille avec les partisans de l’hérésie priscillienne (1) Certains textes (2) le font fuir les persécutions de Tarbes pour se réfugier au « turoun de Sera » avec trois de ses compagnons pour y fonder un prieuré. Prieuré très en ruine au XIIe siècle. Il fut restauré au XVIe siècle, puis définitivement ruiné au XVIIIe siècle. L’église de Barèges récupéra le bénitier.
.L’histoire légendée évoque un tombeau de Saint Justin (Justinius) qui attirait au VIe siècle, nombre d’’épileptiques. Grégoire de Tours dans son De Gloria Confessorum (594-595), mentionne au chapitre 49, la dormition du saint prêtre Justinus dans les limites du diocèse de Bigorre, au bourg de Sexciacum. Il s’agirait d’après le site Niminus (3) de Saux (Lourdes-Nord) et non de Sers, dans la vallée de Barèges. Découverte récente.
Ce qui n’empêcha pas les habitants de Sers de planter une croix de bois remplacée en 1938 par une croix en ciment, sur les hauteurs de Barèges pour commémorer l’emplacement de son supposé ermitage-prieuré. En 1989-90, fut édifié par la population locale un oratoire appelé Belvédère. Il fut béni par Monseigneur Sahuqué évêque du diocèse. Chaque année début mai, ont lieu des processions jusqu’à ce site sauvage de montagne.
Aucune fouille archéologique n’a été faite à Saux. Et nous n’avons trouvé aucune information précise sur le prieuré qui était à l’origine sur les hauteurs de Sers.
L’église orthodoxe de Tarbes possède des reliques de saint Justin
Le diocèse de Tarbes et Lourdes, malgré le peu d’information l’a conservé dans son martyrologe sans préciser l'origine de son martyr.

(0) Histoire religieuse dela Bigorre  Bascle de Lagrèze, Hachette 1863, page 106
(1) Une des premières hérésies chrétiennes.
(2) Dont celui de Patrik Levasseur
(3) Nominus.cef.fr

PS Certains auteurs pensent qu'avant Justini, il ya eu peut-être d'autres évêques dont Antionomarius qui aurait participé au concile d'Elvire dont la date de sa tenue  est incertaine.Cette hypothèse est reprise par Bascle de Lagrèze dans son histoire religieuse de la Bigorre, édition 1863, page 105.

OratoireStJustin

                                                           Le Belvédère de Saint-Justin



  Saint SEVER, prêtre, Vème siècle

Issu de famille noble locale, devenu grand propriétaire bigourdan, il fut ordonné prêtre au Vème siècle, mais aucune biographie n’indique de quelle paroisse bigourdane  il était curé. Confesseur, il était censé convertir au catholicisme les gens de la campagne restés païen en grande majorité.

Grégoire de Tours commémore deux grandes vertus de ce saint : la charité et l’amour de la pauvreté. Il passa sa vie à nourrir les pauvres par ses aumônes et leur prodigua sa sollicitude pastorale (1). Grégoire nous révèle également que saint Sever édifia deux églises distantes d’environ trente kilomètres où il célébrait la messe chaque dimanche et qu’il enrichit de reliques de saints. Il aurait connu le martyre vers 502 (2), décapité par les Wisigoths, il fut enterré dans le site de l’une des deux églises, qui en 800, fut transformée en monastère par des Bénédictins et prit le nom de Saint-Sever-de-Rustan. Grégoire de Tours précise que Sever avait l’habitude d’attacher des lys ensemble et de les suspendre aux murs. Ces lys desséchés près de son tombeau reprenaient vie chaque année au moment de l’anniversaire de sa mort. Il est fêté le 2 août.

Grégoire raconte également que fouetté au visage par un néflier, de colère, il maudit l’arbre, quelques jours plus tard, il était desséché. Meurtri, Sever pria Dieu qui accéda à sa  demande,  le néflier se remit à fleurir. Ce miracle du néflier est reproduit sur un panneau de bois des stalles de l’église.

(1) Nominis.cef.fr
(2)  En fait son martyr prétendu par l’ abbé Louis Péman, historien du XXe siècle, n' a jamais était prouvé

 http://www.fr.wikipedia.org/.../Abbaye_ ... 

                                                                                            Saint Sever


 Saint BERTRAND

 Né à l’Isle Jourdain, au milieu du XIème siècle, sa mère, Gervaise, était parente du comte de Toulouse, et sa tante, Constance, épousa Robert le Pieux, roi de France, petit-fils d'Hugues Capet. Il fit ses études au couvent de Cabadur puis à l’Escaladieu.

 Au début, il choisit le métier des armes, mais, touché par la grâce, il entra dans les Ordres. Il fut successivement prêtre, chanoine et archidiacre de Toulouse. Ses vertus le firent nommer évêque du Comminges, à la limite de la Bigorre, en 1073. Il restaura tout d’abord matériellement et spirituellement le siège épiscopal en ruine, dont la destruction était due aux rois francs. La cité commandait la route des Pyrénées

Il participa aux conciles réformateurs, dont celui de Bordeaux.

Son épiscopat dura 50 ans. Une tradition veut qu’il vint en Bigorre pour essayer de rétablir la paix entre les hautes vallées pyrénéennes dont les habitants passaient leur temps à se voler des troupeaux.

Faiseur de miracles, il en est un qui n’est pas mentionné dans les documents officiels, c’est celui du crocodile. Vous pouvez d’ailleurs voir l’animal naturalisé suspendu à un pilier du porche. Le Guide Joanne de 1858, ancêtre du guide Hachette mentionne : « Il était caché, dit-on, dans un vallon des Pyrénées, et par ses vagissements attirait les curieux imprudents. Plusieurs fois on avait essayé de le détruire, mais il avait dévoré ses assaillants. Saint-Bertrand, touché du malheur de son peuple, s'avança vers lui sans autre arme que son bâton. Il touche l'animal, pose sur sa tête le bout de son étole, et le dragon le suit comme un agneau jusque sur la place de la Cathédrale, où il expire. »

D’après le Guide des Pyrénées Mystérieuses – « ce curieux ex-voto avait été rapporté d'Égypte par un croisé du Comminges qui aurait suivi Saint-Louis et le Roi de Navarre, Thibaut de Champagne. »

Il est fêté le 16 octobre.
C’est le saint patron de Saint-Lary.

 saint bertrand1   Saint Bertrand (cef.fr).            saint bertrand2                                                                                                                              Saint Bertrand, évêque de  Comminges                                                                                                 

 En Comminges saint Bertrand est à l'origine de deux histoires légendées dont celle de sa mule en val d'Azun.  Voir le dossier Patrimoine oral.

mule de saint Bertrand                     Bertrand évangélisant la Bigorre. Cathédrale de  Saint-Bertrand-de-Comminges


  Saint LIZIER, évêque, VIème siècle.

 Durant toute la première moitié du VIème siècle, Glycérius alias Saint Lizier fut évêque du diocèse de Tarbes. Originaire du nord de l’Espagne, probablement de Lérida, il a été instruit par son père. Dans la fleur de l’âge, il quitta sa famille et son pays. Après avoir passé quelques années sous la direction de l’évêque de Tarbes, il vint se présenter à l’école si renommée de saint Quintien, évêque de Rodez, qui prépara son sacerdoce.

La sainteté de sa vie lui permit d’être désigné par les fidèles et le clergé de Couserans pour devenir leur évêque à la mort de Valérius. En 506, il assiste au concile d’Agde, présidé par Césaire d’Arles. Le siège de Tarbes, devenu vacant peu après l’an 506, la gérance en fut confiée tardivement à l’évêque Glycérius. C’est pour cela que saint Lizier est appelé dans les plus anciens bréviaires, tantôt évêque de Tarbes, tantôt évêque de Couserans. Il meurt en 548 après un épiscopat de quarante ans. Puis il est canonisé sous le nom de saint Lizier, nom d'origine gréco-latine.
Plusieurs localités se sont placées sous son patronage : Saint-Lizier et Saint-Lizier d'Ustou (Ariège, Couserans), Saint-Lizier-du-Planté (Gers)

On lui attribue la fondation d’un monastère près de Vic qui prit par la suite son nom, également donné à la ville de Couserans. L’invocation de saint Lizier, avec celle de saint Misselin, aurait permis de repousser, en 844, une invasion de Vikings qui venaient piller la contrée.
Il est fêté le 27 août.

                                                                                       Saint Lizier

Il est un fait que la Novempopulanie ou Aquitania novempopulana fut christianisée tardivement. Les Pyrénées occidentales attendront plusieurs siècles avant de voir arriver des prédicateurs, dont certains sont venus du Sud, d’Hispanie, et souvent sous la forme d’anachorètes ou d’ascèses.

En Hispanie, le développement du christianisme s'est effectué plus rapidement, dès le IIe siècle, du littoral à l'intérieur des terres, et ce, grâce à la présence romaine. Puis, il s'est vite répandu, surtout vers le IVe siècle après J.-C., l'Hispanie a donné l'un des premiers évêques à Rome : Damase Ier, de 366 à 384.


  Saint GERIN, martyr, Vème siècle

Martyr du diocèse de Tarbes à l'époque de l'invasion des Goths ariens qui s’installèrent dans le sud de la France et imposèrent leur foi hérétique (aux yeux des catholiques romains), l’arianisme (1). Il vivait à l'époque de saint Gaudens.

Nous ne savons presque rien sur saint Gérin, si ce n’est qu’il évangélisa la région au Vème siècle. Un miracle éclatant a malgré tout été conservé jusqu’à nos jours : les Goths l’auraient capturé et décapité sur le pont de l’Adour entre Tarbes et Aureilhan. La tête et le corps du martyr auraient été jetés dans le fleuve. Sa tête serait venue s’échouer à Aureilhan où une femme du village lavait des légumes. Aveugle, elle la toucha, porta ses mains à ses yeux éteints et recouvra immédiatement la vue. A la suite de ce miracle, on bâtit là une chapelle dans laquelle le corps de saint Gérin fut conservé et vénéré. Cette chapelle paroissiale fut abandonnée et vendue après la Révolution Française.

Il est fêté le 19 octobre. Saint patron d’Aureilhan.
Dans la statue ci-dessous, saint Gérin tient dans sa main la palme du martyre, genre de légion d'honneur de ceux qui sont morts pour leur foi.

(1) L’arianisme ne reconnait pas la trinité de Dieu

                                                            

 

                                          gerin 001                                                            Saint Gérin ( cef.fr. ).   Vitrail de l'église d'Aureilhan réalisé par l'atelier Mauméjean


 Saint CALIX, saint et martyr, Xème/ XIème siècles

Encore un espagnol, assez peu connu. Calix, chevalier aragonais, né lui aussi à Huesca, était en 1010 près de Cazaux-Fréchet au sud d’Arrau dans le Louron, à la tête d’une armée qui combattait les Sarrasins. Ces derniers venaient eux aussi d’Espagne qu’ils occupaient depuis 732. Une partie d'entre eux furent chassés du Haut-Aragon et se replièrent sur les Pyrénées "françaises" par le col d'Ourdesitou. En envahissant le pays Aurois, ils se trouvèrent face aux locaux aidés par les Aragonais, dont Calix. Ce dernier essaya de les convertir à la religion chrétienne, mais n’y parvint pas. Irrités par ses prêches, les musulmans se précipitèrent sur son armée et Calix tomba dans la mêlée. Le corps du martyr fut enseveli dans le lieu même où il avait été tué. Une chapelle lui fut élevée et dédiée en cet endroit. Deux évêques commingeois en identifièrent d’ailleurs les reliques au XVIIème siècle.

L’église-chapelle romane est surtout liée au culte du saint, elle est décorée par d’importantes peintures murales, estimées des XIIe et XVIe siècles.
L’église est inscrite à l’inventaire général du patrimoine culturel.ll est fêté le 14 octobre. Cest le saint patron de Cazaux-Fréchet-Anéran-Camors.
La photo de saint Calix fait penser à une marionnette sicilienne.

                                                             st Calix
                                  Saint Calix  (cef.fr). Exposition au carmel en 2007. Photo J. Omnès


Saint MERCURIAL, saint et martyr Xe-XIe siècles

Encore un Espagnol. En fait, c'est le cousin de Calix. Il se trouvait à ses côtés pendant les luttes contre les arabo-berbères. Même cause, même effet. Mais après un enterrement sur le lieu où il fut tué, ses reliques furent transportées à l'église de Vieille-Louron.
Il est fêté le 26 août.
C'est le saint patron de Vieille-Luron.

                                                                                Saint Mercurial
  


 Saint EXUPERE, évêque, IVème/ Vème siècles

On pense communément que Supèri, devenu Saint Exupère, serait né à Arreau, diocèse de Tarbes, vers la fin du IVème siècle. Il fut évêque de Toulouse, succédant à Sylvius. il y acheva notamment la construction d’une église (située sur l’emplacement actuel de la basilique Saint Sernin) pour abriter les reliques de saint Saturnin. Saint dont le village d’Omex a une pierre tombale qui lui est généralement attribuée.

Il s’employa à subvenir aux besoins des plus nécessiteux, “endurant la faim pour nourrir autrui” comme nous dit saint Jérôme, son contemporain et ami. Il vendit les vases sacrés de son église pour distribuer les recettes aux plus démunis, ruinés par les invasions barbares successives, ne gardant pour lui que le strict nécessaire. Il protégea la ville de l’invasion des Vandales. Il combattit l’arianisme des Goths et les dérives du prêtre Vigilantius ( Vigilance). Ce dernier prêchait contre le culte des martyrs et leurs reliques, contre le jeûne, le célibat et la profession monacale. Il arrêta les désordes de la simonie (1) qui d'après Bascle de Lagrèze ravageait les rangs du clerge.

Aux dires de ses contemporains, il s’est montré “un vigoureux gardien de la foi et de la religion”, n’hésitant pas à consulter le Pape Innocent Ier afin de connaître la position à adopter face aux problèmes de son temps et surtout des nombreuses hérésies qui sévissaient alors. Il rendit son âme à Dieu à Blagnac vers 410-417. Une partie de ses reliques a été offerte à l’église d’Arreau.
Il est fêté le 28 septembre. C'est le saint patron d’Arreau et de Barthe.


(1) traffic des actes et objets religieux. 
800px Basilique Saint Sernin Saint Exupère                         Saint Exupère cathédrale Saint-Sernin cathédrale de Toulouse. Photo Google

PS : son nom en français est saint Exupéry. La photo ci-dessous de sa châsse, qui se trouve à Saint-Sernin de Toulouse est de Gérald Garitan (Wikipédia)

                                                                 Châsse  de Saint-Exupère. Source : Wikipédia.

Ci- dessous l'autre face montrant le saint en prédication (en haut) et arrêtant les Vandales aux portes de la ville de Toulouse (en bas de la face). Il faut avoir une bonne vue.

                                             Châsse de Saint-Exupère. Source : Wikipédia


 Saint EBONS (PONS), évêque, XIème / XIIème siècles

Pons est un moine bénédictin français de Sainte-Foy-de-Conques des XI-XIIe siècles. Il est appelé en Aragon pour assumer la charge épiscopale du diocèse de Roda puis de celui de Barbastro (1). En 1101, il consacre la grande mosquée de Barbastro reprise aux musulmans en cathédrale et deux ans plus tard, il consacre encore une nouvelle église.
Son histoire légendée évoque deux voyages qu’il aurait faits à Rome pour se rendre auprès du Pape Pascal II. C’est au cours du second déplacement qu’il serait mort en septembre 1104, en Comminges, lors d’une visite à son ami Bertrand de l’Isle, évêque et futur saint Bertrand (Voir plus haut). Son corps fut par la suite enterré en terre bénédictine au monastère de Sarrancolin, le plus proche édifice bénédictin.

Au XIIIe siècle, les habitants de Sarrancolin lui vouent un culte particulier et le considèrent comme saint. Il devient le saint protecteur de l’église Saint-Pierre. Dès lors, saint Ebons est l’objet d’un culte fervent en Vallée d’Aure. Il est aussitôt crédité de plusieurs miracles. Parmi ceux-ci, grâce à ses invocations, celui du sauvetage de la ville d’une importante inondation due aux débordements de la Neste.

Au XVIIe siècle, des processions sont inaugurées à la date anniversaire de sa mort, le 12 septembre. Ce jour devient chômé.
Saint Ebons ou Eboncio, Pons ou Poncio n’a jamais été canonisé ; de ce fait, il n’a jamais figuré dans le martyrologe espagnol. Il a été retiré du calendrier liturgique français en 1961.
Il est fêté le 12 septembre.  C'est le Saint patron de Rebouc et de Sarrancolin.

L’icône ci-dessous a été réalisée par l’artiste Lourdais, Jean-Luc Théallet (2), créateur d’icônes et dont la boutique se trouve en haut de la rue de la Grotte. Nous lui devons une très belle copie de l’icône dite de Cambrai qu’avait reconnue Bernadette comme la plus proche de ses Apparitions. Sa reproduction a été reprise dans l’ouvrage l’Autre Lourdes pour lequel elle avait été exécutée (3).

(1) C’est à Barbastro qu’a été créé l’Opus Dei par Jose Maria de Balaguer.
(2) Sa famille est originaire de Bagnères-de-Bigorre.
(3) Jean Omnès, Editions Golias.                                                                  Saint Ebons d’après Jean-Luc Théallet


 Saint ROCH, pèlerin, XIIIème/ XIVème siècles.

Un tout dernier pour clore le sujet, il s’agit de saint Roch. Saint Roch ne fait pas partie des saints évangélisateurs bigourdans bien qu’il ait été présenté comme tel dans l’exposition de l’art sacré de Tarbes. C’est un voisin de Montpellier, il est parfois honoré dans nos églises comme à Berbérust Lias ou à Ayné (Jarret), à Juncalas (chapelle). Il est souvent confondu avec saint Jacques, avec son chapeau à large bord orné de la coquille, son bourdon, son esclavine ou couvre-épaule, sa gourde et sa besace. Seul le chien pourrait le différencier. Mais nombreux sont ceux qui pensent qu’il s’agit du chien compagnon de voyage, alors qu’il s’agit du chien, qui, selon l’histoire légendée, venait lui apporter son pain quotidien. Le détail important qui le différencie de saint Jacques est le bubon des pestiférés qu’il présente sur sa jambe gauche en levant son surcot.
En fait, malgré sa coquille c’était un Romieu et non un Jacquet. Un partisan des pèlerinages à Rome, alors « concurrente » de Santiago.

L’exposition de Tarbes précitée le fait naître en 1295. D’après son hagiographie, il serait né en 1349 et décédé à Voghera en Lombardie entre 1376 et 1379. Fils du consul-gouverneur de Montpellier, orphelin, jeune, il fut confié à son oncle. On pense qu’il fit des études de médecine dans la célèbre faculté de la ville. A sa majorité, il abandonna tous ses biens aux pauvres, et tel saint François d’Assise ne vécut que d’aumônes.

Devenu prêtre, il partit en pèlerinage pour Rome en s’arrêtant de nombreuses fois pour aider les malades atteints de la peste bubonique qui sévissait alors. Sur la route du retour, atteint lui-même, il se retira dans une forêt, vers Plaisance, mourant, dans une cabane où un chien lui apportait chaque jour un petit pain dérobé à son maître. Ce dernier intrigué par les allées et venues de son animal, découvrit Roch et lui porta secours. Mais à Milan, ravagée par des guerres civiles, il fut pris pour un espion et incarcéré à la prison de Voghera où il mourut cinq années plus tard.

Curieusement, l’exposition précitée et d’autres textes, situent cet épisode à Montpellier où il serait revenu. Son oncle ne l’ayant pas reconnu, le fit enfermer dans la prison municipale. Dans ces textes, la blessure ne serait pas un bubon mais une blessure qu’il se serait faite dans les bois de Plaisance. Toujours est-il qu’après la naissance de son culte, une partie de son corps fut transportée à Venise et Montpellier reçut quelques reliques.
Ce saint patron des voyageurs a été exclu depuis peu du calendrier chrétien.

                                              
                                                     Saint Roch.                                                              Saint Roch, coll. privée. Photo J. Omnès

 


Saint Martin (IVe siècle)

Saint Martin  a été évêque de Tours au IVe siècle. C’est lui qui avait partagé son manteau avec un pauvre, lorsqu’il n’était que simple soldat dans les troupes impériales à Amiens. Ce qui est moins connu, c'est que ce manteau venait des fameux lainages des Pyrénées, déjà réputés auprès des Romains.
Chaque soldat avait droit à une cape dont la moitié seulement était sienne, payée avec sa solde, l'autre appartenant à l'armée.
Il a été à l’origine de la christianisation et du premier monastère des Gaules. Infatigable pèlerin, il a arpenté les chemins sa vie durant, pour extirper le paganisme et ses rites à travers les campagnes de Touraine, d’Auvergne, du Berry, de la Saintonge, de la vallée du Rhône et du Sud-Ouest. Ses combats contre l’animisme ont été rendus légendaires par Sulpice Sévère, avocat à Bordeaux, devenu moine, et surtout par son successeur à l’évêché de Tours, l’historien Grégoire dit de Tours. Martin christianisa les monuments païens qui faisaient l’objet de cultes, soit en les démolissant, comme certains temples et monuments mégalithiques, soit en y superposant une croix associée au rite chrétien. Nombreux furent les sources, les arbres, les pierres, les landes, les fontaines… devenus par transfert de religion, des sites martiniens, faiseurs de miracles. Du moins aux yeux des populations locales. En val d’Azun (et en Lavedan) les églises dédiées à ce célèbre saint sont relativement nombreuses (1). On peut penser qu’elles ont été érigées pour protéger la population de calamités diverses, en les mettant sous la protection du saint guérisseur. Pour les plus anciennes, pour remplacer un site païen. La Peyre Saint-Martin, comme son homonyme près d’Arette, a pour origine un mégalithe (ou une pierre dressée) qui a disparu depuis. Ce mégalithe est mentionné dans le censier de Bigorre de 1429. Avant sa christianisation, il faisait l’objet d’un culte païen. Malgré son « désenvoûtement » et sa « christianisation », par le marquage d’une croix, la suppression des cérémonies païennes ne mit pas fin aux assemblées des bergers locaux autour de son emplacement et aux dépôts d’ex-voto. Ce qui donna au lieu le nom de Sent-Martin de las aras (Saint-Martin des autels).(1) Les églises Saint-Martin en Lavedan : Arbouix, Arcizans, Arras, Bun, Cauterets, Gaillagos, Geu, Marsous, Viger, Villelongue ; on peut y ajouter la première abbaye de Saint-Savin.

Saint Martin partage son manteau
Manteau fabriqué en Bigorre à l'époque romaine  ? Texte de Pierre de Marca, pour comprendre changer les f en s : « .... Mais ce qui leur a donné fujet de tenir ce difcours eft, que Paulin efcrivant à fon Aufone, parle avec mefpris des habits des Bigordans, qu’il infinuë avoir efté faits de peux de beftes ; et auffi que les robes et manteaux rudes et velus, fabriqués d’une laine groffière, portoient anciennement le nom de Bigerriques, en consideration du païs de Bigorre, où fe trauailloit cette manufacture ; comme chés Severe Sulpice, et chez Fortunat, qui tefmoignent que fainct Martin acheta pour fon ufage vne cape Bigerrique. Car ceft ainfi que ie veux la nommer, eftimant que ces habillemens Bigerriques, pouvoient eftre femblables aux Capes qui fe fabriquent maintenant en Béarn, d’vne laine groffiere pour defendre les pauvres gens contre le froid et les pluyes. » « Histoire de Béarn… », 1640.  Pierre de Marca, 1594-1662.  Ed. Vve J. Camusat, Paris. Voir aussi Patrimoine artisanal, la cape de berger.

1240134 680898415253546 236840185 n                                                        Saint Martin partageant son manteau, Sainte-Chapelle
Précisions historiques 
La renommée de saint Martin et son pouvoir d’intercession auprès de Dieu étaient si grands que les rois de France, du VIIe au IXe siècle, emportaient avec eux la relique de son manteau lors de campagnes militaires. Saint Louis construisit même à Paris, un magnifique bâtiment pour recevoir cette relique, bâtiment qu’il appela chapelle, du nom du manteau (capella). Cette Sainte-Chapelle fut à l’origine de l’édification sur tout le territoire du royaume, des nombreuses chapelles destinées à recevoir des reliques. Mais Martin fut aussi un héros rural. Plus de 300 villages se sont mis sous sa protection, sans compter les milliers d’églises, de chapelles et de sites. Il fut aussi un héros du folklore local, tant il avait imprégné la vie des paysans. Son nom fut donné à l’ours, à l’âne, à un oiseau (martin-pêcheur), à une grenouille (martinette), à l’arc-en-ciel en Lavedan et en Béarn (1), à un bâton et, c’est moins drôle, à un instrument de répression pour les enfants : le martinet. Martin est également le protecteur des femmes d’ivrognes (atteints du mal Saint-Martin), car le fait de s'ennivrer d'après Rabelais était traduit au Moyen Age par le verbe martiner, synonyme de chopiner (2). Il existe même une invocation à saint Martin (ancien soldat qui connut la violence des ivrognes) pour protéger les femmes battues, et plus sympathiques, des gateaux  en forme de croissants appelés cornes de Saint-Martin.


(1) en Lavedan, l’arc-en-ciel s’appelait pourtaou de Sent Marti (portail de Saint-Martin). En Béarn, il existait d’après Lespy une expression courante : « Arc de Sent Martii bau mey et ser qu’et maytii (L’arc-en-ciel à la Saint-Martin, vaut mieux le soir que le matin). »
(2)"Parquoy ung chascun de l'armée se mist à martiner, chopiner et tringuer de mesmes."Pantagruel.

Deux ouvrages :
- Les Pierres Saint-Martin d’Alphonse Meillon : extrait du Bulletin des Pyrénées. Nous y apprenons que dans les Pyrénées, plusieurs pierres dressées devenues souvent des pierres bornes s’appelaient Pierres Saint Martin (Peyra Sen Martii). (Il y en aurait eu aussi à Cauterets et à Barèges).
- Les toponymes Saint-Martin dans nos campagnes. Texte en ligne de Jean-Mary Couderc, maître de Conférences à l’Université de Tours.

Répertoire des saints et saintes du Pays des Vallées des Gaves et de leur église respective

Saint André à Ayzac-(Ost), Luz, Soulom, Arcizans -Dessus, Ourdis.
Sainte Barbe à Luz (chapelle).
Saint Barthélémy à Adast, Bédouret (ruines), Boô-(Silhen), Chèze.
Saint Blaise à Sère.
Saint Caprais à Arcizac--ez-Angles.
Sainte Castère à Sainte Castère (chapelle de Lau Balagnas).
Sainte Catherine d'Alexandrie à Ortiac.
Saint Celse à Cheust.
Saint Cyriac à Saint Créac
Saint Etienne aux Angles.
Saint Felix de Gérone à Aucun.
Saint Germé à Gez-(Argelès).
Saint Gilles à Ger,Villenave ?
Saint Hippolyte à Adé, Agos-(Vidalos), Esterre.
Saint Jacques à Ossen, (Ourdis)-Cotdoussan, Salles, Germs.
Saint Jean-Baptiste : à  Bartrès, Artigues, (Berberust)-Lias, Escoubes-Pouts, Louzourm, Lau-(Balagnas) avant le XIXe siècle, (Esquièze)-Sère-en-Barèges, Sireix, Gazost, Gavarnie, Estaing.
Saint Julien à Sazos
Saint Justin à Saint-Justin (Barèges, chapelle).
Saint Laurent à Uz, Vier-(Bordes), Betpouey (la paroisse), Balagnas, Arbéost.
Saint Louis à Gez-ez-Angles.
Sainte Lucie à (Ayzac)-Ost.
Marie de Lurp à Sainte Marie de Lurp (chapelle).
Marie Madeleine à Ayzac-(Ost) chapelle cagote, Mailhoc (Saint-Savin), chapelle cagote disparue, Barèges.
Saint Marc à Saint-Pé (chapelle).
Saint Martin à Viger, Arrayou-(Lahitte), Jarret, Julos-Les Granges, Barlest, Peyrouse, Arcizans-Avant,  (Ayros) -Arbouix, Arras, Bun, Gaillagos, Grust, (Lourdes)-Saux, Marsous, Geu.
Saint Mathieu à Gèdre
Saint Michel à (Arrayou)-Lahitte, Vidalos, Viella, Vizos, (Artalens) -Souin.
Saint Nicolas à Esquièze- (Sère).
N-D de l'Assomption à Aspin-en-Lavedan, Berbérus -(Lias), Juncalas, Paréac, Cauterets, Ouzous, Lau (ex- Saint-Jean- Baptiste.), Saint-Savin, (Luz)-Saint -Sauveur, Villelongue
N-D d'Héas à Héas (Gèdre).
N-D de Piétat à N-D de Piétat (Saint-Savin).
N-D de Pouey Laün (Chapelle).
Saint Pasteur à Saint-Pastous.
Saint Pierre à Ségus, Julos, Ossun-ez-Angles,Ousté, Saint-Pé, Artalens -Souin, Pierrefitte ( Nestalas), (Pierrefitte)-Nestalas, Arrens -(Marsous), Vieuzac, Viscos.
Saint Pierre-aux-Liens  à Ourdon.
Saint Pierre et Paul à Saligos, Ferrière.
Saint Roch à Ayné.
Saint Saturnin à Omex, Lugagnan, Loubajac, Argelès-Gazost, Ourout, Préchac.
Saint Sylvestre à Viey.
Tous les Saints à Bourréac, Lézignan.
Saint Sébastien à Betpouey 
Saint Vincent à Sère-(Lanso), Beaucens,(Boô)-Silhen,Sers.

Les saints et saintes les plus nombreux sont, par ordre décroissant :
Saint Martin 15
Saint Pierre 11
Saint Jean- Baptiste 10, anciennement 11
N-D de l'Assomption 10
Saint Michel 5
Saint André 5
Saint Jacques 4