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1h- Les trésors du Lavedan (retables, tabernacles, chrismes...) L'abbaye de Saint-Orens

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Trésors du Lavedan


LES  RETABLES, LES TABERNACLES,  LEURS ARTISTES, LES VIERGES MEDIEVALES, CHRISMES


Nous avons pu voir dans cette promenade à travers les églises du Lavedan, la richesse de leur mobilier. Souvent baroques flamboyants, d’après les codes de la Contre-Réforme (Concile de Trente 1545-1563), ils ont été réalisés pour nombre d’entre eux, par des ateliers locaux, comme l’atelier Claverie de Lourdes, ou celui des frères Ferrère à Asté... À ces derniers, se sont greffés les ateliers Soustre et Brunelo. Un ouvrage de Laure Decomble, édité par la SESV en 2013 : "Etre sculpteur en Bigorre", évoque avec nombre d'illustrations, l'histoire de ces ateliers réputés qui surent, par la sculpture, glorifier les dogmes catholiques aux XVIIe et XVIIIe siècles.
La Contre-Réforme ne tenant nullement compte des observations des protestants, alla au contraire magnifier la présentation de la statuaire par l'abondance des matériaux nobles et des décorations dorés à la feuille. Rien ne devait être trop beau pour Dieu. A l'exemple du premier temple de Salomon ou du tabernacle de Moïse, souvent donné en exemple par l'Église catholique romaine.

Les abbés Duffo et Francez au XXe siècle, furent les premiers à s'intéresser à ces ouvrages et à leurs exécutants appelés au début menuisier puis sculpteur pour passer lentement en fait du statut d'artisan à celui d'artiste.



Etre sculpteur
                          retables 001

  Le mobilier d'église

Les autels 

Les autels à la romaine de forme galbée ont remplacé au milieu du XVIIIe siècle (1750-1760), les autels rectangulaires aux lignes droites ou autels tombeaux, dont la façade était souvent recouverte d'un antependium en cuir, à la manière de Cordoue, comme à l'église d'Aucun. À cette époque, ces autels tombeaux étaient placés plus près du centre du choeur, vers les fidèles. Les autels à la romaine servant souvent de support aux retables baroques d'imposant volume,  devaient être placés plus près du mur de l'abside.

Du symbolisme de l’emplacement de l’ensemble-autel tabernacle dans nos églises de Haute-Bigorre

Si le frère Matthieu de l’abbaye de Tournay, nous a souvent évoqué la symbolique consécutive au concile de Trente, chargé de lutter contre la Réforme, je n’ai pas souvenir de celle concernant le positionnement des autels actuels, face aux tabernacles réalisés en pleine époque baroque et dont ceux  de Haute-Bigorre ont été magnifiquement restaurés. C’est que  l’emplacement des tabernacles est resté immuable depuis l’origine. Seule a changé la place de l’autel suite au  concile  de Vatican II (1962-1965). Et cela semble poser problème  pour certains chrétiens, disons traditionnalistes. En effet, depuis des siècles l’officiant faisait face à l’autel récipiendaire du tabernacle, emblème sacré de la présence divine avec ses hosties consacrées, révélant la présence réelle du corps du Christ. Ce tabernacle se trouve à l’Est au Levant par où doit venir le Christ rédempteur, lors du jugement dernier. Le prêtre par intermittence se retournait vers l’assistance pour marquer son rôle de lien entre Dieu et le monde profane. Avec les nouvelles directives et l’emplacement de l’autel au milieu de Chœur, il tourne le dos à Dieu, au sacré. S’il peut faire face aux hommes de temps en temps, c’est bien au détriment du Créateur. Et comme le mentionne Onfray  dans son ouvrage Décadence (page 518) : « en voulant  rapprocher les hommes de Dieu, Vatican II a réalisé exactement le contraire. » Cela aurait été d’après le philosophe, symboliquement le début de la désacralisation de la communion de Dieu avec ses créatures, annonçant les prémices de la laïcisation de la société.


Autel droit                                       Autel à la romaine

                  Autel tombeau (droit)   
                                                                                                                                   Autel à la romaine
Antependium
 
                                    Maître -autel Bun
                          Antépendium                                                                                      Autel à la romaine à Bun



Les fonts baptismaux

Les fonts baptismaux ont une particularité en Lavedan et en pays toy. Ils sont souvent encastrés dans un mur, près de l'entrée et sont protégés par une armoire de bois, aux panneaux arrondis et au décor baroque, souvent  ajouré, fait de palmes d'arabesques et de décors floraux.

                                                                             fonts

                                                                               Fonts baptismaux, armoire du XVIIIe siècle

Les retables


"Les modèles inspirés par les créations italiennes et parisiennes, sont empruntés aux foyers les plus dynamiques, de Toulouse particulièrement. Ils furent adaptés dans nombre d'églises et de chapelles des Hautes-Pyrénées en fonction des nécessités du lieu, avec une attention et une continuité remarquables"
Fabienne Sartre, Maître de conférences en histoire de l'art moderne.

Il s'agissait, après le Concile de Trente (1545-1563), de réaffirmer la divinité de la Vierge, la transsubstantiation (en opposition à la consubstantiation des Réformés, et le culte de l'intercession des saints. En résumé, magnifier ce qui distinguait l'église catholique romaine du temple des Réformés.
Le modèle que l'on rencontre le plus souvent est celui fait de trois panneaux, avec dans le panneau central, l'évocation du saint patron, sous forme de statue ou de peinture. Ces panneaux sont souvent séparés par des colonnes torses. Au milieu du XVIIIe siècle, fut introduit en Bigorre, le goût romain pour les baldaquins Le Bernin étant le premier à avoir réalisé cet ouvrage pour Saint-Pierre de Rome (1624-1633). Puis suivirent les gloires : ces constructions architecturales dominant le panneau central en attique. 
Ce modèle se distingue de  celui de la Renaissance qui se compose de niches. Généralement trois à la base , surmontées de deux ou trois, puis de une.
Les descriptions détaillées des retables, pour la grande majorité de style baroque (XVIIIe siècle) et pour quelques-uns de style Renaissance (XVIIe siècle), sont énumérées pour chaque église, par canton. Voir les chapitres correspondants.

Gloire Julos      Retable XVIIe
Gloire de l'église de Julos. Photo J. Omnès                         Retable Renaissance (XVIIe à niches)
Elle représente la Trinité entourée d'angelots



Superbe retable baroque de l’ancienne église de Lourdes, situé dans la chapelle du château fort,. Photo J. Omnès

Lourdes château

Les tabernacles

Le tabernacle se plaçait à l'origine au-dessus du maître-autel. Non indispensable dans la liturgie, il fut cependant très recommandé par le Concile de Trente, car, grâce à l'imagerie qu'il véhiculait sur ces trois panneaux, il présentait au fidèle, un livre d'images indispensable à l'élévation de sa foi. Ces images se réduisaient soit à des phases de la vie du Christ, soit à celles de la vie d'un saint, souvent celui à qui était dédiée l'église. Il représentait un modèle de vie. Mais aussi et surtout il concrétisait le dogme de la transsubstantiation, ou le moment où l'hostie devient le corps du Christ. Le tabernacle devenait le ainsi l'abri protecteur de ce dernier, par l'intermédiaire du ciboire..

                                                                        Les ateliers

de retables

Les retables et autels des églises du Pays des Vallées des Gaves sont attribués aux ateliers :

Abadie : Saux
Abel et Jean de Forguette : Arrens.
Jean Brunelo :  Arras, Bun, Esquièze-(Sère) (+ chapelle), Estaing, N-D de Piétat, Luz, Nestalas, Préchac, Sère-en-Lavedan, (Esquièze) Sère.
Castaignèse : Soulom
Jean Claverie :  Arcizans-Avant, Arcizans-Dessus, Aucun, Ost, Bartrès (MH), Berberust, Esquièze-(Sere), Gez-ez-Angles, Juncalas (maître-autel), Marsous , Ossen (+2 chapelles) Peyrouse (disparu), Sère-Lanso (MH).
Hélie Courau de Lourdes : Cotdoussan avec Jacque Galy
Dauphole (menuisier-sculpteur) : Lourdes
Famille Domec d'Arrens  :  Arrens (Jean)  chapelle, Ségus (Pierre)
Famille Ferrère : Arcizac-ez-Angles (Dominique), Arrens-Pouey Laun (Jean II et Marc), Julos (Jean), Lézignan (Dominique et Jean I) , Paréac (Marc), Lézignan , Salles (Jean I), Saux (Marc, chapelle)
Jacques Galy de Toulouse, habitant à Cotdoussan : Cheust, Cotdoussan avec Hélie Courau,
Jean Soustre d'Asté pour les églises de : Betpouey, Grust , Juncalas, Sazos, Viella   
Atelier toy : Viey. 
Liste à compléter ou à rectifier exp le retable de Juncalas est attribué à l'atelier Jean Claverie par plusieurs érudits.

de tabernacles

Parmi les principaux réalisateurs de tabernacles en Haute-Bigorre, nous avons :

Jean Brunelo : Arcizans-Dessus, Arbouix, Arras-en-Lavedan, Aucun, Esquièze-Sère, Luz (chapelle-musée), Nestalas.
Castaignèse : Soulom
Jean Claverie : Anclades, Arcizans-Avant, Ayzac-Ost, Julos, Juncalas, Loubajac (MH), Marsous (chapelle), Omex , Pouts, Sère-Lanso (MH)
Famille Ferrère : Saint-Roch d'Ayné, Cheust (Dominique), les Angles (Marc et Jean), Saligos (Marc)
Soustre : Agos, Betpouey, Cotdoussan, Gez-ez-Angles, Grust , Ortiac, Ossen, Préchac, Salles,  Silhen, Villelongue, Viella
Soubervie : Berbérust.
Simon B de Montpellier : Préchac
Liste à compléter.  

d'armoires baptismales :

Jean Claverie : Arcizans-Dessus, Bartrès, Omex, Saint-Pé. 
  
d'autels
 
Assibat Domec d'Arrens : Lourdes (autel disparu)  
                                                                  
                                                                               Les sculpteurs

Avant l'installation du premier atelier spécialisé en sculptures sur bois, d'églises en 1647, celui de Jean Ferrère à Asté, les ouvrages provenaient soit d'ateliers proches de Saint-Bertrand-de-Comminges, influencés par les artisans toulousains, soit d'ateliers de menuisiers locaux, comme celui des Domec d'Arrens ou des Dauphole à Lourdes.

La famille Ferrère : lignée d’ébénistes esthètes. Bien qu’originaires de la Barousse, ils étaient installés en 1647 à Asté près de Bagnères. Les Ferrère ont marqué le Lavedan par leurs nombreuses œuvres en bois travaillé (comme les Nelli avec la pierre sculptée ou taillée). Bon nombre d’églises romanes de la région possèdent soit un retable, soit une statue en bois polychrome provenant de leur atelier. Partisans de la Contre-Réforme qui a donné le style baroque (celui-ci devait faire revenir les fidèles dans les églises désertées), les Ferrère ont magnifié leurs sculptures par d’abondantes dorures et de fastueuses décorations. Ils ont appliqué à la lettre les consignes du Concile de Trente : rendre attractifs les lieux de culte, mettre en scène un système d'images toutes hiérarchisées et codifiées au rôle didactique. 

Le fondateur de la dynastie, Jean dit Ier, né en 1620, se lança très tôt (1647) dans la réalisation de retables triptyques à quatre colonnes torses. Père de neuf enfants, c’est surtout le dernier qui laissa un nom dans le travail du bois : Marc.
Marc reprend l'atelier en 1750. Il est très au courant du travail des ornemanistes de Paris.
Ses deux enfants : Jean II et Dominique continuèrent l’œuvre du père et du grand-père.
Dominique, installé à Tarbes, développa un modèle de retable associé à un baldaquin. Il travailla également le marbre, suite à son passage aux cours de Pigalle à Paris. Il collabora parfois avec l’atelier Claverie de Lourdes pour certains travaux dans les églises. Son atelier ne ferma qu'au début du XIXe siècle, à sa mort en 1809, alors que l'atelier d'Asté avait fermé ses portes en 1775. Dominique eut également neuf enfants. Aucun ne s’intéressa à la sculpture. Philippe, le plus connu, fut un partisan farouche de Napoléon et adjoint au maire de Bordeaux. Une rue près des Quinconces porte son nom.
On peut visiter le musée des Ferrère à Asté (près de Bagnères).

Maison des Ferrere  Vierge Ferrere 2
Maison des Ferrère. Cette vierge italienne à l'Enfant et au sceptre, qui se trouvait au couvent des Capucins de Médous a inspiré Jean Ferrère lors de l'élaboration de certains de ses retables.

Les Soustre. Le premier Jean I Soustre, originaire de Goudon près de Tournay, vient de l'atelier Jean Ferrère. Il s'est mis à son compte vers 1660 et formera la dynastie Soustre avec son fils Jean II et ses petit-fils, Paul, Dominique et Marc. C'est l'abbé Francès de Poueyferré qui distinguera les oeuvres attribuées aux Soustre et aux Ferrère, tant les travaux des deux familles se ressemblaient. Les Soustre travaillèrent souvent avec le peintre doreur d'Asté, Jean Catau.

Jean Brunel(l)o
est un sculpteur de Vendée fin XVIIe  début du XVIIIe,originaire de Fontenay-le-Comte., Venu à Pau, puis à Bétharram il s'est  installé à Tarbes où il réalise le retable avec son baldaquin de l'église Saint-Jean. L’abbé Francès de Pouyferré, à l’origine de sa biographie, lui attribue près de douze tabernacles, dont celui d’Aucun et les retables d'Arras, Bun et Estaing.  Le pot à feu entouré de draperies formant anses, constitue  sa marque originale proche du Grand siècle, un peu pompeux. 

L'atelier Claverie de Lourdes. Originaires, avec Pierre, de la vallée d'Ossau, les Claverie furent très actifs dans la région et au nord-est du Béarn. Pierre Claverie eut deux enfants Jean I et Gabriel qui s'installèrent à Lourdes. Le second était menuisier alors que le premier était maître-sculpteur. Jean I eut deux fils Jean II et Joseph, ce dernier est à l'origine de nombreuses rampes d'escalier de la région. On attribue à l'atelier, entre autres, le très beau retable de Lestelle ainsi que ceux de l'église d'Aucun (martyre de Saint-Félix), de Bartrès (MH) et de Sère-Lanso (MH).Voir la liste plus complète ci-dessus.
Ses oeuvres se distinguent par les ailes contournées très en vogue dans les retables baroques. 

Simon Boisson originaire de Montpellier s'installa à Vic-Bigorre vers 1670. Il travailla ensuite à Bordeaux


                                                     Les peintres doreurs

Les peintres-doreurs, souvent sous-traitants des maîtres-sculpteurs, travaillaient en binôme avec ceux- ci, si bien que l'on peut généralement connaître leur nom, si on connaît celui du sculpteur. Ainsi Jean I Ferrère travaillait régulièrement avec Bernard Donzelot, parfois avec Jean Catau et Betrand Recurt, alors que Jean II travaillait avec les frères Couget et Jean I Soustre avec Jean Catau.
D'après Laure Decomble, vu le prix de la dorure, faite à la feuille d'or, et qui dépassait parfois celui du retable ou du tabernacle, le travail pouvait être engagé plusieurs années après la réalisation et la pose du mobilier.La dorure faisait souvent l'objet d'un contrat séparé. Les archives départementales possèdent les contrats des commandes des tabernacles  de Cotdoussan et d'Agos (1683) faites par le même curé. Les principaux peintres-doreurs sont :
François Ferrère, fils de Jean I,
Jean Catau, tabernacle de Cotdoussan, tabernacle d'Agos
Les frères Couget,
Bernat Donzelot,
Bertrand Recurt,.

De l'importance des Livres de Raison et de la circulation des recueils de gravure

La Haute-Bigorre, région pauvre, avait peu l'habitude de faire des inventaires notariés lors des décès. Ce qui se traduisait par l'absence de la connaissance exacte des contenus des ateliers, dont les Livres de Raison du maître sculpteur. Seul, celui de Jean II Ferrère nous est parvenu. Nous savons cependant que les ateliers, trop loin des centres de création, comme Rome, Toulouse ou Paris, pouvaient se procurer des ouvrages d'iconographies, pouvant servir de modèles aux sculpteurs. Laure Decomble évoque les traités d'architecture, les bibles à image, ou encore les moulages. 

Les encadrements de fenêtres                                                                                               

Décor à la rosace
Linteau classique de fenêtre géminée  gothique, avec décor à la rosace



 LE CULTE DE LA VIERGE ET SA STATUAIRE MEDIEVALE DANS NOTRE REGION

Proclamé par le concile d’Ephèse le culte de Marie arriva progressivement d’Orient sous la forme de statuette assise en Majesté. Le canon traditionnel se répandit dès le Ve siècle, dans tous les oratoires et les sanctuaires voués au culte de Marie alors fort nombreux en Bigorre. Beaucoup de modèles se retrouvent de nos jours en Auvergne qui n’a pas été touché par les guerres de Religion.

Les représentations des XIIe au XIVe siècle sont souvent celles d’une Vierge assise sur un trône dit de Majesté. Elle est revêtue d’un voile qui tombe sur épaules, d’une robe ample couverte d’une cape,   sa tête est celle de L’Enfant sont souvent couronnées. L’Enfant est généralement posé sur son  genou  gauche. Il tient dans sa main gauche soit l’Evangile, soit un globe. De sa main droite il bénit ses visiteurs. La Vierge retient l’Enfant de sa main gauche et présente souvent de sa main droite soit un sceptre fleurdelisé  soit une pomme, symbole de la Nouvelle Eve, ravie au serpent de l ’Ancien Testament et offerte au peuple des rachetés. Généralement les visages sont figés, peu expressifs et les mains allongées.

En règle générale il est difficile de dater avec exactitude l’âge des statuettes, la Bigorre ayant fourni encore au XIVe siècle des vierges assises alors que dans le Nord la mode arrivait à la vierge gothique debout.

Luz, vierge du XIIIe siècle

Cette statue de 80 cm de haut, provient d’une petite chapelle en Barèges trouvée par le Chanoine Maréchal, ancien curé doyen de Luz. Elle a été place dans le Musée du Trésor
Elle ressemble à la statue de Saint-Savin. La Vierge en robe rouge et bleue, placée dans son trône de Sagesse et l’Enfant Jésus enfant-docteur avec le livre de l’Evangile fermé. Comme à Saint- Savin, mère et fils sont couronnés, le Fils placé au milieu des genoux de Marie, mais à la différence de Saint-Savin, les deux personnages ont conservés leurs bras. 
La statuette a été classée Monument Historique en février 1959

Laure Latanne-Bey décrit la statue dans son ouvrage L'église fortifiée de Luz, comme du commencement du XIIIe siècle influencée, par le style byzantin du début du christianisme.

Luz vierge

Héas, vierge du XIVe siècle

De 0, 65 cm la statue de bois, il s’agit d’une vierge de bois peinte, assise sur son trône de majesté. L’Enfant Jésus qu’elle tient de sa main gauche se trouve assis sur son genou gauche. Elle présente de sa main droite un globe surmonté d'une croix. La Mère et l'Enfant sont couronnés. Marie est recouverte d’une longue robe rouge recouverte d’un grand manteau bleu. L’Enfant tient dans sa main gauche la Livre de la Connaissance, l’Evangile, ouvert sur son genou. Son bras droit est manquant. 

Héas N D 001

Arras-en-Lavedanvierge du XIVe siècle

De 0, 65 cm,  il s’agit d’une vierge de bois peinte, assise sur son trône de majesté. L’Enfant Jésus qu’elle tient de sa main gauche se trouve assis sur son genou gauche. La Mère et l'Enfant sont couronnés. Marie est recouverte d’une longue robe rouge recouverte d’un grand manteau bleu, elle présente à ses visiteurs une pomme de sa main droite, la pomme symbolique ravie au serpent de la Genèse et tendue au peuple des rachetés par la mort de son fils. L’Enfant tient dans sa main gauche la Livre de la Connaissance, l’Evangile, ouvert sur son genou. Son bras droit est manquant. Jadis en 1958, la statue  était placée sous le porche de l’église dans la niche


Arras 9

Gavarnie, vierge du XIVe siècle

Vierge de 0, 80 cm, de l’ancien prieuré des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, elle était placée là pour être vénérée par les pèlerins se rendant à Saint-Jacques- de- Compostelle.
C’est une vierge en bois polychrome, assise qui tient sur son genou gauche, l’Enfant Jésus. Elle offre de sa main droite la gourde d’eau rafraîchissante à ses visiteurs et tient de sa main gauche l’Enfant qui bénit de sa main droite et tient de son autre main, le livre de la connaissance : l’Evangile. Tous deux ont la tête couronnée. La robe de Marie possède d’amples plis.

Gavarnie gourde i 2


Saint-Pé, vierge du XVe siècle

C'est une statue de la Vierge assise à l'Enfant daté du XVe siècle, en pierre polychrome au manteau bleu fleurdelisé d'or, à la robe rouge et au voile blanc. Elle tenait un sceptre dans sa main droite L'Enfant Jésus sur ses genoux, qui donne sa bénédiction tient un globe terrestre, qui ressemble à une pomme, dans sa main gauche. De sa main droite il bénit ses visiteurs. Sauvée du vandalisme des Huguenots durant les guerres de Religion où la Vierge et l'Enfant furent décapités, elle perdit une main à la Révolution, un sans-culotte local lui ayant asséné un coup de sabre en s'écriant "A bas la mariole" Cette absence de main et les raccords des têtes reconstituées probablement au XVIIIe siècle, vu le côté joufflu des personnages, furent cachés jusqu'en 1930, par de précieux habits brodés. Elle a été restaurée en 1979, par l'atelier Mainponte de l'Isle-en –Jourdain.

D'après le conservateur, Thibaud de Rouvray : "cette œuvre s'apparente à de nombreuses statues de la Vierge en majesté présentes dans la région, à la différence qu'elle est en pierre et non en bois.  Elle était située dans le bas-côté sud devant un petit retable baroque, environné d’ex-voto".

Elle est classée Monument Historique depuis le 30 juillet 1907.

Vierge de St Pé
Saint-Savin, vierge du XIIe siècle

 On peut y admirer une statue de la Vierge dite  Noire des Croisades.Probablement du fait de son origine syrienne. Initialement ses carnations, avant restauration étaient noires. Elle aurait été rapportée de Palestine par Centulle II, comte de Bigorre et Gaston IV de Béarn, lors de la première croisade avec Godefroy de Bouillon vers 1100. Ils l’auraient offerte  à l’abbaye de Saint-Victor de Marseille, la maison mère. Elle serait parvenue par la suite à Saint-Savin lors de l’installation de ces moines en 1246, venus mettre de l’ordre. Il s’agit d’une vierge de 0, 82 cm en majesté sur son trône de Sagesse qui porte l’Enfant au milieu de ses genoux. Les deux sont couronnés mais hélas Marie a les membres absents. L’Enfant tient l’Evangile de sa main gauche. La statue se trouve dans le Petit Musée.

Saint Savin 2                                                                                            Photo Petit musée

Saint Savin Fonds Francès

saint Savin
                                                                 Détail. Photo Petit musée

Esterre, vierge du XIVe siècle

L’église abrite une Vierge à l'Enfant en bois polychrome, avec feuille d'argent. La Vierge est assise en majesté, mais ici, l'Enfant est debout sur le genou gauche de sa Mère, tel un petit homme. Il tient une colombe dans sa main. La Vierge est couronnée et est vêtue  d’une robe rouge couverte d’une cape bleue. La statue initialement  était en bois doré. Elle est classée depuis 1908. Et a été restaurée vers 2003, par l 'Atelier 32.
Esterre vierge 1



Castet-Castère, vierge du XIIe siècle

On peut apercevoir, à travers la grille de fermeture  de la chapelle de Castet (village disparu), Sainte-Castère,  une statue de bois trônant au-dessus de l’autel. Il s'agit de la copie de la statue romane de la Vierge au long pouce. L'original du XIIe siècle est visible au musée de Saint-Savin. Il semble que cette Vierge vêtue d’une robe recouverte d’une cape, tenait un bâton (oriflamme ?) dans sa main, vu l'espace entre ses doigt. De même, l'Enfant Jésus qui tient de sa main gauche l’Evangile aurait pu tenir dans sa main droite un quelconque bâton. Seule Marie est couronnée. La  copie de la statue repose sur un support décoré du XVIIIe siècle. Elle a repris ses couleurs d’origine.

Sainte Castere 2  te Castère vierge


Anclades, vierge du début XIVe siècle

Cette statuette en bois polychrome de 0, 80 cm provient d’un des 7 oratoires dédiés à Notre-Dame autour de Lourdes. Elle se trouvait dans le bureau paroissial de Monseigneur Méricq, curé de la ville. Récupéré à son décès par la mairie de Lourdes, elle se trouve depuis 1975, dans la chapelle de droite de l’église du hameau d’Anclades. Elle a été classée aux MH par arrêté du 30 juillet 1907. Elle fait penser à la Vierge de Montserrat. Assise sur son trône sans dossier, encadré de 4 boules, elle est vêtue d’un voile couvert d’un manteau cape. Elle porte sur ses genoux, l’Enfant à la large tunique. Il  tient la dans sa main droite la pomme symbolique. Cette statue a été exposée en 1958, lors d’une exposition au musée pyrénéen. Sur le catalogue (Raymond Ritter), elle est datée du XIIe siècle, alors que la finesse des traits des personnages et les amples plis de la tunique de l’Enfant indiquent une datation plus tardive.

Anclades chap Vierge  Photos J. Omnès

Anclades 1  Anclades 2

 

                                               CHRISMES



Afin de compléter vos connaissances sur les chrismes forts nombreux dans nos églises de montagne, comme vous avez pu le constater, ouvrez le site :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Chrisme


Petites précisions historiques 

Le chrisme chrétien est né d'une volonté de l'empereur romain Constantin de trouver une représentation du Christ en rupture avec les images, qui a ses yeux, étaient synonymes de paganisme (1). Afin de symboliser l’appartenance au christianisme il composa ce symbole formé des lettres grecques X (khi) et P (rho) les deux premières lettres du mot Kristos en grec accompagnées plus tard au IVe siècle de l'alpha et de l'oméga : Christ qui est  le commencement et la fin de toute chose.
Au Moyen Age, le symbole qui devient décor liturgique (linteaux, fonts baptismaux, autels…) reçoit des additifs tels que le s qui vient enlacer la hampe du P (Rho) ; son sens est assez mystérieux  Il pourrait s’agir de la figuration du serpent au pied de la croix ou du Saint-Esprit ou du Sauveur (le Christ)? Le Chrisme devenant un témoignage de la trinité de Dieu (lutte contre l’arianise des wisigoths qui perdurait) car entre temps le Rho grec s’est transformé en P symbole du Père (Pater), mais le fils ? Au cours des siècles les sculpteurs ont perdu lentement toute signification du pictogramme d’origine.

De la signification du S par certains théologiens
Dans la cathédrale de Jaca,  un chrisme du portail occidental daté des premières années du XIIe siècle a fait l’objet d’un texte latin mentionnant : « Dans cette sculpture prends soin de reconnaître, lecteur, que P est le père, A le fils, la lettre S, le Saint Esprit, tous trois vraiment un seul et même seigneur » On ne peut voir là qu’une adaptation d’une vérité théologique de l’époque en proie à de fortes contestations, à des éléments de sculptures. Le A étant l’alpha et l’omega est occulté dans ce texte. Certains autres théologiens voient dans le S tardif le monogramme du Sauveur, le Christ. Nous garderons jusqu’à plus amples précisions, le symbole du serpent au pied de la Croix.

Dans les Pyrénées, ce chrisme a connu un grand succès, car il avait recours à l'abstraction. L'arianisme des Wisigoths  refusait  toute représentation humaine de Dieu. Dans les églises les plus riches, il est souvent entouré par  les Évangélistes sous leur forme symbolique, ou par des animaux. Ces animaux sont généralement des volatiles : poules, colombes, considérées comme les âmes des défunts, pélicans, symboles du don de soi.

Chrisme Constantin  Chrisme rajout  Chrisme M A

Evolutions du chrisme

Chrisme Saligos                             Un chrisme bien conservé, celui de l'église de Saligos.Photo J.Omnès

Parfois, certains sculpteurs ne connaissant pas bien le sens des dessins, commettaient quelques erreurs, comme à Aucun où l'alpha et l'oméga sont inversés. 

Le tétramorphe Vers 1145, à Moissac, un sculpteur eut l'idée de créer un nouveau type de tympan en remplaçant le symbole du Christ par une représentation du Christ lui-même. L'image du fils de Dieu n'étant plus considérée comme hérétique (depuis l'an 843). Il entoura ce Christ, généralement en majesté, par les quatre Evangélistes, mais sous leur forme symbolique. Saint Marc représenté par un lion, saint Luc par un taureau, au-dessus saint Mathieu par un homme ailé (un ange) et saint Jean par un aigle. Reproduit dans de nombreuses églises, c'est le tétramorphe de Chartres, via les pèlerins allant à Saint Jacques de Compostelle, qui servit de modèle pour les églises pyrénéennes, dont celles de Luz, Sère-en-Lavedan, Saint-Savin, Sazos, Arrens. Parfois dans les églises plus pauvres, comme nous l'avons vu, le Christ en majesté est remplacé par l'ancien monogramme, moins cher et  plus facile à sculpter.

portail luz                                    Tétramorphe de l'église de Luz-Saint-Sauveur. Photo J. Omnès

Le monogramme IHS, utilisé vers le XIIIe siècle par l’Eglise romaine, signifiait Jésus sauveur des hommes. Le I est la première lettre de son nom Iesus (en latin). IHS = Iesus Hominum Salvator. Jésus sauveur des Hommes.

Antérieurement, lorsque l’influence grecque était encore présente, les trois lettres : I, H et S désignaient toutes les trois Jésus (et non le I tout seul). Le I et le H étant les premières lettres et le S la dernière lettre du nom Ih-sous en grec. Il s’agissait à cette époque d’une abréviation en trois parties du nom du Christ. Donc ces trois lettres pouvaient signifier selon l’époque et l’influence grecque ou latine : ou Jésus ou Jésus sauveur des hommes.
Dans les temps encore plus anciens, lorsque l’influence grecque était prépondérante, le monogramme utilisé était IHC-XP., il signifiait Jésus-Christ. IHC pour Jésus et XP pour Christus. De nos jours, l’Église orthodoxe a conservé le IC-XP pour désigner Jésus-Christ.

Chrismes du Lavedan et chrismes du pays toy

Bernard Pousthomis, spécialiste des chrismes, a constaté que ceux du Lavedan étaient souvent de dimension inférieure à ceux du pays toy. Et que leur monogramme était souvent lié au cercle extérieur.

 




CHEF-D'OEUVRE EN PÉRIL-APPEL À SOUTIEN

ABBAYE DE SAINT-ORENS

9e - 18e siècle - Monument Historique.

L'abbaye de Saint-Orens en Lavedan est une des plus anciennes abbayes du département des Hautes-Pyrénées, au cœur de la vallée d'Argelès. Elle a été élevée sur le lieu même de l'ermitage d'Orens, devenu évêque d'Auch. Témoin de l'histoire qui a modelé cette partie des Pyrénées, l'abbaye de Saint-Orens est menacée par la ruine et, à terme, par une disparition complète.

soldats du régiment
Premières restauration par l'armée basée à Tarbes

Une rencontre entre l'histoire, l'archéologie et l'art paysager.
L'abbaye possède l'atout d'être sur un site grandiose dans une petite vallée des Hautes-Pyrénées, sur le sentier menant au lac d'Isaby. Des fouilles archéologiques ont révélé l'ensemble monastique, actuellement enseveli sous la végétation: le cloître, le cimetière, une fontaine.


La réutilisation des pierres dans deux granges construites à l'ombre de l'église attestent de la transformation du lieu. Il ne reste aujourd'hui debout que l'abside et une partie des murs de la nef.

Un objectif à court terme, sécuriser les murs et les consolider. Une association a été créée pour sauver ce patrimoine. Son site :


LES MISSIONS DE l'ASSOCIATION DE SAUVETAGE ET DE CONSERVATION DE L'ABBAYE DE SAINT-ORENS SONT :
  • Un projet à moyen terme : déblayer le site et consolider l'abside.
  • Ne réédifier que le strict nécessaire à une meilleure appréhension du site. Maintenir l'ensemble en bon état.
  • Le sauvetage des ruines de l'abbaye de Saint-Orens par l'acquisition de fonds permettant,
  • de financer les travaux urgents nécessaires à la consolidation des murs de l'église.
 Un projet à long terme, créer un lieu d'art paysager et accueillir temporairement des installations éphémères en matériaux naturels, pour réaliser une sorte de «land art» ou art paysager. Régulièrement, un artiste sensible à l'écologie et travaillant avec des matériaux naturels serait invité à créer une œuvre éphémère au cours de la bonne saison, en respectant le monument historique.
  • Le maintien d'un entretien régulier de l'édifice pour sa conservation.
  • De veiller à la conservation des bâtiments et de mettre en valeur progressivement l'ensemble du site, pour sa sauvegarde dans le temps
  • St Orens 001Plan 1976 de B. Pousthoumis

L'Association pour le sauvetage et la conservation de l'abbaye de Saint~Orens-en-Lavedan, a besoin de votre soutien.
(Association loi 1901)
 19, avenue Joffre - 65100 Lourdes. 
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http://saint-orens-en-lavedan.minisite.fr/histoire.htmlhttp://saint-orens-en-lavedan.minisite.fr/histoire.html

abbaye saint orens
L'abbaye de Saint-Orens, photo argeles-info.com©

Saint-Orens 2       Saint Orens 4

Saint Orens 3                              Saint-Orens
Les beaux restes de Saint-Orens. Clichés Jacques Miswald

                                Situation en 2013  de l’abbaye de Saint-Orens

par Laure Latanne-Bey,  présidente de l’association des Amis du Prieuré de Saint-Orens en Lavedan : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

« Le projet d’entretien et de remise en valeur de l’abbaye de Saint-Orens se poursuit en 2013 du côté de la fontaine et de sa petite chapelle attenante.

La réfection du mur de la fontaine et le nettoyage de la cuvette de déversement

Le mur de la fontaine s’est tassé et les pierres se sont déplacées avec le temps. De plus l’eau ne s’écoule plus par le déverseur d’origine. Nous avons installé il y a deux ans une arrivée d’eau à partir d’un tuyau PVC. Le projet consiste à démonter le mur et le remonter, ainsi qu’à refaire couler l’eau par le déversoir d’origine en enterrant le tuyau.

Dallage  Orens 9


La reprise de la voûte de la chapelle sur une longueur de 1, 70 m

Un énorme tas de pierres gît à côté de la fontaine depuis le désencombrement de la nef en 1973. Ces pierres proviennent de l’écroulement de la voûte du transept. Il s’agira de reprendre la voûte en pierre sur une longueur de 1, 70 m, afin de redonner une lecture compréhensible de ce petit bâti, tout en permettant de  désencombrer cette partie du monastère.

Nous envisageons de réaliser ces travaux au printemps 2013, à la première quinzaine de mai. Les travaux seront réalisés par des bénévoles, avec l‘indispensable aide technique de la SESV, l’association se chargeant de fournir les matériaux. Toutes les bonnes volontés sont acceptées, alors n’hésitez pas à nous contacter. »

LES TROUVAILLES DE MONNAIES A SAINT-ORENS
Les fouilles du prieuré de Saint- Orens en 1979, avaient permis à M. Bernard Pouthomis de trouver 72 monnaies. Elles sont inventoriées dans la revue de Comminges tome, XVII. En 1982, de nouvelles recherches ont permis de trouver 121 nouvelles monnaies. Les pièces béarnaises représentent le gros du lot (baquettes Henri IV et Louis XIII), puis viennent les monnaies royales (26), trois monnaies féodales (double tournois) et sept étrangères : espagnoles et portugaises. J'ignore où ces monnaies sont exposées et si d'autres fouilles ont eu lieu après celles-là. La présence de monnaies portugaises est expliquée dans le site patrimonial au dossier du château d'Arras-en -Lavedan. Sources Georges Saves, 1982, revue de Comminges, Tome XCV.



Les clochers anciens

Clocher-mur à redents (penàus). C'est un clocher classique du Lavedan. Moins coûteux et plus facile à réaliser. Il a souvent été remplacé par des clochers-tours, à la suite d’effondrements dus aux tremblements de terre, avalanches ou guerres de Religion.

cloche mur redents
Clocher mur à redents
 
clocher oblongue
Clocher oblongue à deux niches et houteaux
 
clocher oblongue2
Clocher oblongue à deux niches



Les chimboulets

Petite cloche à l’arrière des toits protégée par un « chapeau » conique. Elle servait à annoncer l’élévation.

chimbolet
Un chimboulet