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1g Canton de Luz-Saint-Sauveur-Les saints patrons

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Barèges/ Chapelle Saint-Martin/Ermitage Saint-Justin-/hapelle du Lienz, Betpouey, Chèze, Esquièze-Sère/ et Villenave, Esterre, Gavarnie, Gèdre/N-D d'Héas, Grust, Luz-Saint-Sauveur/Chapelle musée/ Chapelle Solférino/Chapelle Sainte-Barbe, Saligos, Sassis, Sazos, Sers, Viey, Viella, Viscos, Vizos (devenu Saligos en 2016).

 

Canton de Luz-Saint-Sauveur
Liste des saints et saintes du pays avec leur église respective

LE PAYS TOY


Pour l'été les jours d'ouverture des églises de la vallée du Pays Toy.

Betpouey : ouverture quotidienne toute l'année.
Chèze : fermée, s'adresser à l'employé communal pour avoir la clef.
Esterre : ouverture sur demande. S’adresser à Mme Guilhembe.
Esquièze-Sère : ouverture par une association en juillet et août des deux églises –Saint Nicolas et Saint Jean-Baptiste. En dehors de ces mois, s’adresser à M. Laffont au 05 62 92 80 80.
Gavarnie : fermée. Demander la clé à la librairie
Gèdre : ouverture quotidienne toute l'année
Héas : ouverture quotidienne toute l'année, sauf en hiver.
Luz-Saint- Sauveur  : Saint André, ouverture quotidienne. À Saint-Sauveur : ouverture en été. Musée : ouverture de juin à septembre de 16 h à 18h30
Saligos :  fermée. S'adresser à la mairie ouverte lundi et jeudi après-midi.
Sassis : ouverte le mercredi après- midi, durant la permanence de la mairie de 14 hà 16h
Sazos : ouverte par la mairie le mercredi après-midi
Sers : ouverture quotidienne
Viella : fermée. S'adresser à la mairie ou aux voisins.



BARÈGES

 

Ancien lieu-dit de Betpouey qui possédait au XVIe siècle une chapelle : Santa Magdalena deth banh. Située près des thermes elle fut  restaurée en 1600, puis démolie en 1845.
L'église actuelle dédiée à Marie-Madeleine, a été construite en 1846 sur un terrain communal, et remise en état après un incendie, vers 1900. Moderne sans grand intérêt, elle abrite cependant  le bénitier de l'ermitage de Saint-Justin, au-dessus du village.
La caserne possédait également une chapelle.
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eglise bareges

     Barèges

                  Carte postale ancienne : porche de l'église de Barèges, intérieur. Photos Jean Omnès

                                                                    Saint-Martin-en-Barège

Nous connaissons la présence de ce village près de Viella,  dès 1272, lors d’un échange entre le comte de Bigorre Esquivat de Chavannes et le seigneur de Castelloubon : vallée de Barège contre des villages autour de Préchac. Cette vallée comprenait 17 villages, dont Saint-Martin, septième village en peuplement.
En 1600, de nombreuses avalanches dans la vallée firent 200 à 300 victimes  et en février 1601 ensevelirent  totalement Saint-Martin. Guillaume Mauran précise que le 10 février 1601,  « des orages de neige » tombèrent sur les villages de Chèze et de Saint-Martin tuant 107 personnes et ne laissant que deux maisons à Chèze et une à Saint-Martin avec son église.
La tradition veut que la village ait été totalement déserté et jamais reconstruit. L’abandon définitif du village et la disparition de la totalité de ses constructions, dont l'église laisse perplexe nombre d’érudits. « L’avalanche de 1601 fut-elle la vraie cause de l’abandon de cette communauté dont le vocable atteste l’ancienneté de la fondation ? » se demande Guy-Pierre Souverville de la Société d'Etudes des Sept Vallées (SESV). Il semble que oui, même si certains auteurs font remarquer  qu'il existait d'après des écrits, encore un desservant en 1735 et que l'on percevait encore la dîme à cette époque. Numéro 19 de 1988 de la SESV. Le dénombrement de feux était de 16 en 1695 et en 1698. La disparition de la communauté de Saint-Martin serait donc bien postérieure à 1601. J. Bourdette apporta une réponse : en fait les survivants s'étaient réfugié dans les villages voisins Viella (Biéla) et Viey (Biey) mais furent comptablisés comme habitants de Saint-Martin ; la cure continua à être pourvue d'un titulaire et la signeurie donnant droit d'entrée aux Etats de Bigorre, continua de substituer jusqu'en 1789.

D'après Guy-Pierre Souverville, la maison Nogué à Viella détenait en 1985, un chapiteau supposé de l'église disparu. Bulletin de la SESV, 1985 n017, page 110.
En septembre 2014, un bloc de rebord de fenêtre a été découvert par J.B. Herret dans le Bastan (gave). Il s'agit d'une pierre sculptée de besants, striés et lisses en alternance, typique des décors médiévaux. Cette trouvaille est à rapprocher du rebord de la fenêtre de l'église d'Esquièze, voir photos ci-jointes. Il doit s'agir probablement du rebord d'une fenêtre de l'église de Saint-Martin.


Esquièze fenêtre     St Martin rebord
Fenêtre église d'Esquièze. Photo J. Omnès              Trouvaille dans le Bastan en 2015. Cliché J-B H




barèges Saint-Martin 001


Plan SESV  1985.


St Martin 2 Le chapiteau Nogué à Viella bulletin SESV de 1985.



                                                                    Ermitage de Saint-Justin

Dans la montagne, reste d’un ermitage où se serait réfugié saint Justin . 
Au IXe siècle, Justin, premier évangélisateur de la Bigorre et probablement premier évêque de Tarbes fuit les persécutions de la ville et se réfugie au « Turoun de Séra » avec trois compagnons. Il fonde un prieuré avec sa chapelle. Celle-ci fut restaurée au XVIe siècle, tombe en ruines au XVIIIe siècle. 
Sur le promontoire derrière la crêperie « St-Justin », une croix en bois a été édifiée au XXe siècle. Puis remplacée en 1938, par une croix en ciment. Celle que nous voyons aujourd'hui.
De l'ermitage, il ne reste aucun vestige. En 1990,  à l'endroit choisi par l'ermite, un oratoire œuvre de tous les volontaires de la vallée, sera réalisé. Une quarantaine de personnes y ont participé, tant pour l’acheminement des matériaux que dans l’édification des murs. Le lieu est désigné sous l’appellation le Belvédère
 La chapelle a été bénie et inaugurée par Monseigneur Sahuqué, évêque de Tarbes et Lourdes le 9 juin 1991. Sur son socle est fixée une plaque en marbre portant en latin et en français le texte sur le saint, par Grégoire de Tours..

 
Saint Justin                                                                                   Oratoire de Saint-Justin. Cliché lavedan65

                                                                                            Chapelle du Lienz

Lienz chapelle   Bareges chapelle
Cliché de ?

 


BETPOUEY        


Cette petite église des XIIIe-XIVe siècles, dédiée à saint Sébastien, au clocher-mur atypique à redents, a subi plusieurs remaniements. Le clocher du XVIe siècle qui a probablement servi de tour de guet a été modifié au XIXe siècle, par l'adjonction d'une horloge. Il abrite deux cloches identiques provenant de la fonderie Dencausse de Soues : elles  datent toutes deux de 1886
La  petite au sommet servant d'horloge date de 1905.
Porte unique à l'ouest. Avec ses deux chapelles latérales, elle a la forme d'une croix latine.

À l'intérieur, le retable baroque du maître-autel est attribué comme les retables des chapelles d'après P. Debofle,  à l'atelier Soustre d'Asté, mais le doute persiste. Il représente saint Sébastien encadré par saint Laurent et saint Jean. Le tabernacle attribué aussi à l'atelier Soustre est décoré par deux bas-reliefs en bois sculpté, représentant à gauche, le martyre de saint Laurent et à droite celui de saint Sébastien.
Les chapelles latérales et la tribune en U ont été rajoutées au XVIIIe siècle pour pallier le manque de place.  À droite, la chapelle de la Vierge, siège d'une confrérie, avec les statues de la Vierge et de sainte Catherine avec sa roue. À gauche, la chapelle Saint-Sébastien avec sa statue, était vouée à une autre confrérie d'hommes. Un certain temps, on a pensé que l'église était dédiée à saint Laurent, cela vient d'une mauvaise interprétation d'un ouvrage de Jean Bourdette, qui en décrivant l'intérieur de l'église avait évoqué la présence sur le maître-autel, d'une statue du saint.

Clocher-mur Betpouey       église de Betpouey
                            Clocher-mur à redents. Photos J. Omnès                                                                  


Tribune Betpouey       Betpouey bénitier

                                                 Tribune en U, bénitier de marbre noir, veiné de blanc. Photos Jean Omnès

St Sébastien Betpouey              Betpouey retable
                                             Retable principal , martyre de saint Sébastien de Soustre. Photos J. Omnès

Betpouey Retable de la Vierge  
  
Betpouey tabernacle 001

                     Chapelle latérale de la Vierge                               Tabernacle attribué à l'atelier Soustre, cliché M. Fourcatran




CHÈZE

Ravissante église romane dédiée à saint Barthélémy et remaniée à plusieurs reprises. Édifiée sur un piton, face au Viscos, elle possède un bien curieux clocher-tour massif, daté de 1775, avec toit à houteaux et horloge. Il abrite trois cloches : celle visible sur la face ouest n'a pas de date. Dominique-Henri Laffont pense que celle-ci est 1881. Les deuxième et troisième cloches, façade sud datent de 1950, l'une pour remplacer celle de 1875,  fêlée et l'autre, pour meubler la seconde baie du clocher (1).
À sa nef unique ont été rajoutées au XVIIIe siècle, la chapelle au nord (à gauche) , la sacristie au sud, ainsi que la tour porche. L'église d'origine et le village sauf deux maisons, ont été dévastés en 1600, par une avalanche.

eglise cheze
Chevet de Chèze Chèze fenetre
                                                                                                  Fenêtre géminée

Chèze claveau

                                              Claveau marqué 1775.

À l'intérieur, beau retable de bois doré du tout début du XVIIIe siècle représentant saint Barthélemy, auréolé d'une coquille Saint-Jacques, comme saint Michel à Viella, avec l'objet de son martyre, un couteau d'écorcheur (2), flanqué par saint Pierre à gauche et saint Paul à droite. Il est délimité par quatre colonnes torsadées, ornées de pampres et de vignes. Des putti tiennent des palmes dans leurs mains et sont surmontés à l'attique par Dieu le Père tenant le monde dans sa main. Des pots-à-feux terminent ce magnifique ouvrage.  Le tabernacle représente le Christ encadré par deux saints. La nef et l'abside sont couvertes par un plafond vouté en lambris.

(1) D.-H. Laffont, bulletin de la SESV. No 46, 2015, page 118.
(2) Certains auteurs y voient saint Vincent de Saragosse avec sa serpette (?). 




Chèze retable

Chèze haut retable

    Chèze Saint Barthélémy                                         
  Église Saint-Barthélemy de Chèze. Photo J. Omnès.     Saint Barthélemy

Chèze chapelle
Chapelle latérale.

                      



(ESQUIÈZE) SÈRE


L’église Saint-Jean-Baptiste de Sère-en-Barèges est un long édifice historique (30 mètres) des XIe et XIIe siècles, fait de galets et de schistes. Il comprend un plan basilical à trois nefs avec absides et absidioles en cul-de-four ainsi qu'un clocher-mur à penàus (marches ou redents) unique en Lavedan. Il abrite deux cloches. La plus petite date probablement de 1844/1846 daprès M. Laffont ; la plus grande de 1886. Toutes deux proviennent de la fonderie Dencausse de Tarbes.
Des contreforts plats épaulent le bâtiment jusqu’à la corniche à modillons.
Son porche à arcade, protège un portail à chrisme qui ressemble à ceux d’Aucun et de Luz. Ce chrisme est encadré par quatre animaux, à la sculpture fruste, dont trois volatiles et un quadrupède. (1) Il est un fait que les grands sculpteurs médiévaux de Gascogne ou d'Aragon ne s'éternisaient pas trop dans ces régions éloignées. Les grands chantiers de Moissac, de Jaca ou des grandes abbayes avaient leur préférence.

Sère Barèges tympan
Les colonnes sont surmontées de chapiteaux représentant des griffons (mélange de lion et d’aigle). Cette église est considérée par beaucoup comme la plus ancienne du département. Paul Perret dans ses Pyrénées françaises (1881) trouvait qu'elle "offrait aux archéologues le plan régulier des premières basiliques romanes." Les comtes de Bigorre y tenaient leurs assises quand ils se rendaient en vallée de Barège(s). Le cartulaire de Bigorre, dans son censier, fait mention de la visite de la comtesse Béatrix et de son fils venus chercher leurs droits. Son importance viendrait de son rang d'archiprêtré.
Elle est classée Monument historique depuis 1914.

sère chapiteau Chapiteaux aux griffons. Photo J. Omnès

Le site de cette église semble avoir été de tous temps un lieu sépulcral, tel une nécropole recevant les défunts du Pays toy. Cette constatation fait suite à de nombreuses découvertes. En 1856, dans Voyage historique et archéologique de la Bigorre de Cénac Montaut, il est  évoqué la présence de nombreuses  tombes de schiste mises au jour  à la suite de travaux. Cette constatation fut confirmée  en 1980, quand la municipalité dû  agrandir le cimetière, puis en  1992, lors de l’élargissement de la route, de même en 2006-2008, lors des travaux d’assainissement. Nous avons peu de photos sur les nombreux sarcophages découverts (à l’exception de celles de Madame Rivière Accornero) et d’études sur ces trouvailles, la DRAC ne s’étant pas manifesté avec enthousiasme pour analyser  les pierres et ossements en sa possession. Les chantiers ont rapidement recouvert de terre les lieux de fouille. Pour plus de précisions, voir le dossier Petit patrimoine architectural, les cimetières et leurs tombes


(1) D'après Martine Chesniaux, le volatile nimbé serait un ibis et le quadrupède avec la croix, un âne, peut être celui qui portait le Christ lors des Rameaux, Cénac-Moncau y voit un loup maigre ? Généralement c'est l'agneau pascal qui porte la croix. Quant à l'ibis, il semblerait que ce soit en fait un pélican, animal christique, qui donne sa vie pour nourrir ses enfants. Etait-ce une difficulté pour le sculpteur de présenter  ces deux animaux ? Nous retrouvons le pélican dans nombre d'églises et  sur la nappe brodée de l'église d'Arcizans-Avant. Et pour le quadrupède, nous maintenons notre première impression ; ce serait un agneau, d'autant  que l'église est dédiée à Jean-Baptiste dont l'attribut est l'agneau. Laure Latanne Bey spécialiste sur le bestiaire médiéval dans les Pyrénées centrales nous rejoint dans cette interprétation.  
 
chevet sere
Porche et linteau. Photo J. Omnès
eglise sere


À l’intérieur
, l’abside est composée d’une voûte en cul-de-four plus basse que le berceau de la nef. Il en est de même des deux absidioles. Cette voûte maçonnée présente une immense coquille Saint-Jacques.
L’imposant retable d’une grande richesse est attribué par P. Debofle à Jean Brunelo. De nombreuses statues ont été dérobées.  De style baroque flamboyant, il est composé de six colonnes torses à guirlandes avec pampres et putti. On y voit saint Jean-Baptiste baptisant Jésus dans les eaux du Jourdain. Il est accompagné à gauche par saint Jean l'Évangéliste avec son livre et à droite par Zacharie, le père du baptiseur, grand prêtre du temple de Jérusalem, il porte un encensoir à la main gauche. En attique, Jean Baptiste présente de sa main, l'agneau divin (le Christ). Ce retable a été restauré en 1988, par l'entreprise Moreno d'Odos qui a également restauré celui de l'église des Angles.
Le tabernacle est décoré d'un Christ aux liens. Il est surmonté d'une Vierge à l'Enfant.
Dans la chapelle de droite (sud), dite chapelle de la Vierge, on y trouve un curieux retable fait de pièces éparses provenant semble-t-il d'autres retables. Les ailerons et les anges en bois sculpté de  facture baroque contrastent avec l'imposante vierge de la niche centrale. Assise avec l'Enfant Jésus sur les genoux, elle surprend par son volume et son style Renaissance. Elle aurait cependant été commandée en 1721 (acte notarié) aux ateliers Ferrère d'Asté. Elle est en bois bien que paraissant de marbre, vu sa couleur blanche.
Dans la chapelle de gauche (nord), dite de la Sainte famille, un retable d'une rare facture attire notre regard. Bien qu'attribué aussi à Jean Brunelo, il nous présente Jésus enfant tenant par la main son père et sa mère, Joseph et Marie, tous trois marchant sur des nuages ! D'après le frère Matthieu de l'abbaye de Tournay, la scène représenterait le retour d'Egypte. Les personnages sont surmontés en attique par le Saint-Esprit représenté par une colombe. Ce retable a été restauré en 1995 par une entreprise toulousaine.
Les  bénitiers des deux côtés de l'entrée sont du XVIIe siècle :  1602 et 1607.
Les fonts baptismaux à l'entrée  sont composés d'un prisme parallélipédique en  pierre du pays. Certains l'attribuent à l'époque romane.

Belle vue sur Luz, l’église d’Esquièze et le château Sainte-Marie. Aire de pique-nique.
Visite libre en juillet et août, l'après-midi.

PS : Jean Brunelo est un Vendéen, né vers 1667. Il vécut à Tarbes où il mourut en 1742.


                                                   
retable sere
Retable de l'église de Sère. Photo J. Omnès

Sère tabernacle

Tabernacle
 






  Sère Zacharie

                                                                                                                                    Zacharie


Sère St Jean  Sère Chapelle
  Saint-Jean-Baptiste, détail                                                      Chapelle latérale, retour d'Egypte. Photos J. Omnès

Courriel de jeanluclaplagne » 08 Oct 2011, 13:31

Bonjour,
dans le chrisme, je vois un âne de Saint André portant la croix du saint.
André, apôtre et martyr, fut crucifié lui aussi.
Et les ânes de cette espèce ont une croix dans le dos.
Mais je me trompe sans doute.
Meilleures salutations,
JLL

Il y a effectivement une race d’ânes qui a une croix marquée sur le dos, croix improprement appelée croix Saint-André, qui est en fait une croix en X. Cette croix caractéristique de l’âne provençal est le croisement de « la raie de mulet » qui part du garrot et longe le dos jusqu'à la queue et de « la raie scapulaire » qui part d'une épaule à l'autre. Dans l’imagerie chrétienne c’est surtout l’agneau, l’agneau pascal qui tient une croix. Reste à savoir s'il s'agit bien ici, sur ce chrisme, d'un âne.

ane provencal
Âne provençal.




ESQUIÈZE (SÈRE)



eglise esquieze

Église romane du XIIIe siècle dédiée à saint Nicolas, au massif clocher-tour de 18 mètres à quatre niveaux, du XVe siècle à arcades et en pierres apparentes. Postérieur à l'église romane, contre laquelle il est adossé, le clocher aurait été consrtruit par le seigneur local. ll abrite deux cloches, la plus petite, date pense-t-on de 1822, en remplacement de l'ancienne fêlée ; la plus grande, à droite, serait antérieure à 1860. La première a été fondue par l'atelier Frédéric Dupont à Tarbes et la seconde par l'atelier Lavigne.
Une pierre en réemploi, d’origine romane, présentant un Christ très fruste, bénissant, de la main droite et portant l’agneau pascal dans un nimbe crucifère, de l'autre main, se trouvait jusqu'en l'an 2000, scellé au premier étage de la façade Est de la tour. Par crainte  de vol, il a été déplacé et se trouve maintenant au -dessus des fonts baptismaux. Certains érudits y voient Jean Baptiste.
Le linteau de la porte principale a disparu. Un linteau est exposé sur une maison particulière du village, on peut penser que c'est celui de l'église, enlevé lors de travaux. Il est composé d'un petit chrisme encadré, à gauche, par deux oiseaux buvant dans un calice et symbolisant l'immortalité et à droite par un décor géométrique (1). Le tout est décoré de rosaces, arcatures, rinceaux de palmettes et billettes.
L'entrée gothique de la tour du  XVe siècle qui donne accès à la partie basse de l'édifice et à la tour, a été souvent considérée à tort comme celle des Cagots. Ils ne pouvaient bénéficier du blason qui se trouve au-dessus. Blason avec deux étoiles, la partie centrale ayant été buchée. Pour Dominique Laffont érudit du village, il s'agirait probablement du lieu de sépulture de la famille Montblanc dont les membres, seigneurs locaux et abbés laïques, avaient leur domec à l'emplacement du cimetière actuel, d'où le nom attribué à ce rez-de-chaussée : "le caveau". Il communique au niveau supérieur avec la sacristie par un escalier (2).
À droite de l'entrée se touvait un bénitier sculpté, marqué de la fleur de lys et daté de 1610. Il a été volé en 1995. Seul subsiste les attaches en fer.
Le porche ou portàu serait plutôt l'entrée du domaine seigneurial des Montblanc et non celui  de l'église, vu son importance.

Esquièze portau  Portàu



L'église est inscrite à l'inventaire des Monuments historiques depuis 1979.

(1) Laure Latanne-Bey, le Bestiaire médiéval. Ils rappellent ceux du linteau de l'église de Vizos.
(2) SESV de 2001, article de Dominique Laffont sur l'église.


      Esquièze entrée Esquieze statue 001 3 
                                                                                      Pour entrer, on marche sur des pierres tombales, certaines sont datées de 1657, 1668. À droite, la pierre qui se trouvait scellée au premier étage de la tour.


Esquièze bouche à feu      Esquièze bénéitier 
Meule tournante ou bouche à feu ?, en réemploi, 1653 semble-t-il .       Bénitier    

   Esquièze porte gothique  Esquièze

          Entrée gothique du  "caveau"             Belle fenêtre trilobée avec une fine décoration de besans

  Esquièze chrisme
Le chrisme probablement de cette église, se trouve au-dessus de la porte d'une maison particulière du village. Les deux volatiles buvant dans un calice, symboliserait, d'après Laure Latanne-Bey, l'immortalité de l'âme. Photo J. Omnès
   
À l'intérieur
, la nef a été remaniée au XVIIe siècle. Elle abrite une Vierge en bois sculpté du XVIIIe siècle.
Face à l'entrée, se détache un panneau  de bois sculpté représentant les damnés jetés dans les flammes du purgatoire par deux anges, avec en attique le triangle rayonnant de la Trinité semblant observer la scène. Certains personnages implorent le Christ qui se trouve sur sa croix, au milieu d'eux. Quelques auteurs pensent qu'ils implorent également les anges venus les secourir.  Il s'agit d'un ancien retable fin XVIIe siècle. L'autel a été retiré dans les environs de 1970.


Esquieze purgatoire Esquièze pierre
                                                           La pierre romane qui se trouvait à l'extérieur. PhotoJ. Omnès

Le retable central est précédé d'un autel à la romaine baroque, en bois peint, imitant le faux marbre. Il est décoré en son centre par le triangle de la Sainte Trinité très présente dans l'église. Le tabernacle est composé d'un ouvrage en bois doré présentant un Christ en croix, au centre,  bordé latéralement par deux statuettes d"évêques. Il est surmonté par une niche servant de support à une Vierge à l'Enfant. De cette niche descendent deux guirlandes de fleurs tenues en main par des anges placées aux extrémités. Six chandeliers tripodes en bois doré et aux armes d'un évêque complète l'ensemble.
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Esquièze tabernacle

Le retable très riche, est composé de trois parties, séparées par des colonnes lisses sur lesquelles s'enroule une décoration florale terminée par un chapiteau corinthien. Ces trois niches abritent trois statues imposantes en bois doré. Celle du milieu représente saint Nicolas. Il porte ses vêtements d'évêque. À ses côtés se trouvent, à gauche saint Pierre avec sa clé du Paradis et à droite, saint Paul avec son épée, instrument de son martyre. Á ses pieds, deux enfants tiennent une bourse dans leur main droite.  Bourse offerte par le saint patron de l'église, selon l'histoire légendée.
Au-dessus de cet ensemble, en attique, Dieu le père barbu, tenant un globe surmonté d'une croix dans sa main, semble délivrer un message, en pointant son doigt vers le ciel. Il est entouré de nombreux chérubins ailés. Ce panneau est délimité par deux colonnes torses et à la base par la colombe du Saint-Esprit.
Tout le fond du retable nous offre une belle couleur bleu du ciel. L'ensemble dégage une superbe harmonie et une certaine sobriété qui font penser à l'atelier Claverie de Lourdes comme exécuteur de cette oeuvre.


Esquièze 1 Esquièze 2
                       Retable. Photos J. Omnès

Les chapelles. Si, initialement l'église ne comportait qu'une nef, il lui fut ajouté au cours des siècles, deux chapelles latérales. Celle de droite fut construite au XVIIe siècle, après une terrible épidémie de peste. Offerte par un notable en remerciement d'avoir échappé à la maladie contagieuse, elle fut modifiée par la suite au XIXe siècle. Seule subsiste de son origine, un fragment de fresque représentant les pieds d'une crucifixion. Cette chapelle est dédiée à la Vierge.
Celle de gauche a été édifiée plus tardivement, au XIXe siècle. Elle est dédiée à saint Joseph. L'agrandissement de la première chapelle et la réalisation de la seconde, en face, sont à l'origine des deux grandes ouvertures en plein cintre, donnant à l'église, la forme d'une croix latine.

Peinture de la crucifixion. Il s'agit d'une grande toile d'inspiration espagnole, de 2, 50 X 2 mètres que l'on pense être, par sa facture, du XVIIe siècle. Le Christ est entouré par Marie à gauche, Marie-Madeleine agenouillée à droite et saint Jean au fond.


Esquièze toile   Esquièze saint Pierre
          La crucifixion. A droite la rousse Marie-Madeleine                    Saint Pierre  Photos J. Omnès


 


 
                                           VILLENAVE, HAMEAU D'ESQUIÈZE

Ce hameau au sud de Luz, peu connu, abrite une petite église au retable étonnant. Clocher-mur à redents qui abrite une seule cloche datée de 1899. Elle remplace une plus ancienne. La seconde a été enlevée pendant la Révolution, elle n'a jamais été remplacée. Un auvent abrite un chrisme fendu. Probablement lors du tremblement de terre de 1854.

À l'intérieur
: sculptures frustes d'un retable archaïque, d'un probable artisan local. Le personnage principal que quelques érudits assimilent à saint Gilles, en habit d'évêque, tient dans ses mains crosse et bible. Pourquoi saint Gilles et non saint Martin ? C'est qu'à ses pieds apparaît une tête de biche et il est auréolé d'une coquille Saint-Jacques. Gilles était très populaire sur la voie d'Arles (chemin de Santiago). En attique, la Vierge en robe blanche serrée à la taille, telle une vestale, est emportée dans son Ascension par des anges.    
Villenanve Chapelle             Villenave chrisme
                                                                                                                            Chrisme fendu
Villenave retable         Villenave détail 2  
 
 Retable, détail : l'Ascension de la Vierge

 


 

ESTERRE

Elle n'est pas indiquée par un panneau de signalisation ?
Église romane (XIIe-XIIIe siècle)  au clocher-mur massif agrémenté de baies étroites et de deux cloches superposées. Elle est dédiée à saint Hippolyte. Le clocher abrite deux cloches dont l'une seule est visible. Celle -ci date de 1837, alors que l'autre à l'intérieur  est plus récente 1854 et a été fondue par le célèbre atelier Dencausse de Soues (Tarbes). La première nous vient de la fonderie J.-B. Dupont.
Protégé par un auvent, son tympan avec chrisme et frise d’entrelacs remonte au XIIe siècle.Il est identique à celui de Sers. Au sommet, clocheton probablement réalisé au XIXe siècle.


Esterre            Esterre chrisme 2
                                                        L'église et son chrisme. Photo J. Omnès                                                                                         .

À l'intérieur, rénové vers 2003, elle abrite une Vierge à l'Enfant assise en majesté, mais l'Enfant est debout, tel un petit homme, il tient une colombe dans sa main. En bois polychrome, avec feuille d'argent, elle  est datée du XIVe siècle et a été restaurée par l 'Atelier 32. Initialement, elle était en bois doré. Elle est classée depuis 1908. Sur la gauche, une inscription commémore l'obit fondé par Bertranne de Laly. Il n'y a plus de retable, mais les différents éléments récupérés, ont été entièrement rénovés et replacés sur le mur de l'abside. Derrière le maître-autel en pierre du pays, les bas-reliefs du XVIIe siècle, représentent à gauche, saint Étienne et à droite, le martyre de saint Barthélemy, ils encadrent une crucifixion. Les chapelles latérales sont dédiées à Marie et à Joseph. 


Esterre porte       Esterre retable
                               


Esterre retable 2  
                 




Esterre détai



Détail du retable en pièces détachées. À droite, le martyre de saint Barthélémy



Esterre fonts 1   Eterre vierge 1

                        Fonts baptismaux                                                Vierge à l'Enfant du XIVe siècle


Esterre lapidation Lapidation de saint Étienne. Photo J. Omnès

Esterre aute              Esterre tabernacle
                                 Le maître-autel en pierre du pays peinte.         Le tabernacle. Photos J. Omnès


                                                            GAVARNIE


L’église est située en arrivant au village, sur la droite, le long de l’ancienne route de Saint-Jacques-de-Compostelle. C’est ce qu’il reste du prieuré des Hospitaliers, moines de Saint-Jean- de-Jérusalem du XIIe siècle. Ils s'étaient donnés pour but d'abriter et d'aider les voyageurs, en contrôlant la route de Saint-Jacques, au pied du port de Boucharo (ou de Gavarnie) culminant à 2270 m.

Historique

C'est sur ce site que se développa, dès le Haut Moyen Age, une commanderie de l'Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem. Très puissante à l'époque, elle avait des maisons à Lourdes, Barèges, Moncassin et Fonsorbes (hôpitaux). Elle reçut en 1148, de Raymond Guillaume de Benque, le château et l'église de Saint-Marcel. Nous savons que la maison de Gavarnie (hospice) en 1213 créée par des moines-soldats locaux, était composée d'une quinzaine de chevaliers et chapelains avec leurs servants. La maison se doubla en 1257, lors de la cession de l'hospice à l'Ordre de Saint-Jean-de- Jérusalem, d'une église proche. Après un déclin vers 1400, la commanderie passa sous l'ordre de celle de Boudrac. Pour plus d'information lire à la fin, l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem


L'église

L'origine du bâtiment est très ancienne avec un hospice (hospitalet) proche destiné à assister les voyageurs et qui est mentionné par des sources dès 1213 puis 1257, date de cession des probables moines locaux aux profit des Hospitaliers de l'Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem venant d'Espagne
De l'hospitalet, il ne reste rien. Il était situé à l'emplacement de l'hôtel des Voyageurs qui a été récemment endommagé par un incendie (Hôtel Vergez-Belou en 1893). Par contre, l’église actuelle ou nommé N.-D. du-Bon-Port au XIVe siècle, dédiée à saint Jean-Baptiste est fort ancienne. Elle date probalement de 1257 quand l'Odre pris possession de l'hospice. Mais elle a été en grande partie reconstruite entre 1821 et 1826, suite à un effondrement les travaux furent terminés en 1884. Les pèlerins en route pour Saint-Jacques-de-Compostelle par le col du Boucharo, les bergers et les marchands venaient se mettre sous la protection de la Vierge avant d'affronter la montagne pas toujours accueillante. Les parties anciennes restantes sont du XIVe siècle ; la partie la plus ancienne est située dans la chapelle Nord. L'ensemble était probablement fortifié, les rares ouvertures étroites pourraient être d'anciennes meurtrières ; le tympan semble du XIVe siècle. Pour les férus d’archéologie : vers la venelle située à l’ouest, présence des fondations d’une tour carrée qui supportait l’ancien clocher-mur et l’enceinte d’un escalier à vis, éclairé par deux meurtrières.

L’interrupteur de la lumière est sur la droite. La statuaire rappelle l’importance des lieux pour les pèlerinages vers Compostelle. La statue polychrome de saint Jacques en costume de pèlerin est une reproduction. Ce qui n’est pas le cas des statuettes de pèlerins, près de l’entrée, qui sont du XVIIIe siècle. La chapelle de gauche (la partie la plus ancienne), abrite la statue en bois polychrome de la Vierge du Bon Port du XIVe siècle ; elle bénit les pèlerins de sa main droite avec une gourde faite d’une coloquinte et retient Jésus sur son genou gauche. Le retable baroque à colonnes torsadées, avec frise en feuilles d’acanthe et coquilles Saint-Jacques est du XVIIe siècle.

Les reliques

La vitrine contenant les 13 crânes présentés comme ceux de Templiers, est toujours a sa place. Ces derniers auraient été tués par des envoyés de Philippe le Bel, en 1307. Mais il ne reste que cinq crânes.
Il n'y a jamais eu de Templiers à Gavarnie, mais seulement des Hospitaliers de Saint-Jean, mais la légende est restée. En 1952, dans la "Revue du Comminges" le fossoyeur de Gavarnie, qui assurait l'entretien de ces crânes avait déclaré : "Quand ils sont trop vieux, nous les changeons ! (« Quoan soun trop bieils que lés cambian. »)

Les Hospitaliers avaient accumulé dans leur église une collection de reliques unique. L'inventaire qu'en a dressé, en 1710, le grand prieur de Toulouse, Pierre de Beaulac, et repris par l’abbé F. Marsan (Revue des Htes-Pnées, 1910, p. 156) est le suivant :
- une fiole de lait de la Vierge,
- un os du bras de saint Laurent,
- du bois de la croix de Jésus-Christ,
- du pain du miracle de la multiplication des pains,
- du bois de la verge d'Aaron,
- de la pierre de la table de la Cène,
- un os du crâne et une dent de saint Jean Baptiste,
- des ossements de sainte Madeleine,
- du fer de la grille de saint Barthélémy,
- deux petits bâtons de fer guérissant miraculeusement la rage des hommes et celle des bêtes.

Toutes ces reliques, si elles ont existé, ont disparu.

Petite histoire sur le lait de la Vierge

Nous savons,  grâce à Wilhem Gumppenberg (1609-1675) et son Atlas Marianus, œuvre essentielle sur l’histoire des pèlerinages  chrétiens,  que Marie se serait réfugiée avec son fils nouveau-né, aux environs de Bethléem, dans une grotte, pour échapper à Hérode et à ses sbires. L’histoire légendée affirme qu’un peu de lait en excédent se serait répandu sur le sol. De nombreuses fioles contenant ce « lait » ont été répandues  dans le monde chrétien. Il était censé guérir des maladies. En réalité, l’Eglise acceptait que toute terre touchée par le lait maternel du fils de Dieu, puisse avoir les mêmes vertus que le lait lui-même. Aussi, les locaux de Bethléem  se sont évertués à récupérer le maximum de terre de la grotte pour la réduire en poudre dans un mortier, la dessécher avec de l’eau de source  puis la faire sécher au soleil jusqu’à ce qu’elle devienne blanche. On la réduisait à nouveau et la fine poudre mélangée à de l’eau se transformait en liquide blanc. J'ignore si d'autres églises possèdent cette précieuse relique.


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eglise gavarnie. Photos J. Omnès
Église de Gavarnie

 

maitre-autel gavarnie
chapelle bonport
Maître-autel : saint Jean Baptiste, Marie et Joseph                Chapelle N-D du Bon-Port encadrée de deux pèlerins

 

vierge enfant
N-D des Neiges, protectrice des touristes et des pèlerins


saint jacquessaint gavarnie
                                                            Photos J. Omnès

              

Le cimetière :

à côté de l’église. Il est un peu triste et laissé à l’abandon, malgré le nombre important de personnalités qui y reposent. Les grands guides de Gavarnie : les Passet dont Laurent (1810-1864), Hippolyte (1813-1884), Henri (1845-1920) et le plus connu Célestin (1845-1917). En sortant de l’église, au fond, à droite, se trouve celle de Jean Arlaud (1896-1938), médecin montagnard, fondateur en 1920 du groupe des « Jeunes » ; à côté, un rocher commémore les nombreuses victimes de la montagne. Plus avant, la sépulture de l’abbé Gaurier (1875-1931), grand spécialiste des lacs et des eaux, initiateur du barrage d’Artouste, et celle de Diego Calvet (1898-1922) avec hommage du C.A.F. et l’épitaphe : « Des plus purs sommets, des montagnes les plus ardues dont il aimait les grands horizons et les dangers, il est parti vers les sommets éternels, n’ayant pas connu dans la vie, l’ombre de la vallée ». Un lieu si empreint d’histoire mériterait une meilleure présentation. Voir détails et compléments d'informations dans le dossier Petit patrimoine - Les cimetières.

pelerin               ND bonport
Un des deux pèlerins.                            N-D du Bon Port. Photos J. Omnès

Compostelle

Présence au musée  des Pélerinages de Saint-Jacques d d'Hastingues sur l'A64 d'une copie de la statue du pèlerin
 

reliques templiers
Reliques dites des Templiers. Photo J.Omnès

                      L’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem à Gavarnie et Luz


D’après les archives de l’Ordre de Malte, successeur de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, à la question : « quand et par qui le territoire de Gavarnie fut-il donné à l'Ordre de Saint-Jean ? », la réponse est « C'est une question que les archives laissent absolument sans réponse. Mais la fondation de cet hôpital doit être fort ancienne, car, vers le milieu du XIIe siècle, il recevait des bienfaits de seigneurs éloignés, qui n'eussent pas soupçonné son existence sans l'importance qu'il avait déjà. »
Quoique perdue au milieu des neiges et inabordable une partie de l'année, la maison était florissante dès 1213 : quinze Hospitaliers, chevaliers, chapelains ou frères servants occupaient les lieux. C’est que Gavarnie qui dépendait de la commanderie de Toulouse était riche en dépendances dont celle de Luz depuis 1262. Sur un vieux parchemin appartenant à l’Ordre sont mentionnés sommairement en langue vulgaire les principales donations et les privilèges concédés à la maison de Gavarnie pendant les XIIIe et XIVe siècles.

Parmi ses bienfaiteurs et ses protecteurs, les rois d'Aragon se faisaient remarquer par la fréquence de leurs libéralités. Nous voyons en 1268, Jaime, roi d'Aragon, comte de Barcelone et seigneur de Montpellier, accorder aux Hospitaliers, le privilège « d'exhiverner » 1500 têtes de brebis sur les montagnes qui lui appartenaient. En 1270, il déclara qu'il prenait tous les frères de l'hôpital sous sa sauvegarde. La même faveur leur fut accordée par l'évêque de Huesca dans toute l'étendue de sa juridiction (1284), et plus tard, par Jean, roi d'Aragon (1387).
Alphonse, gouverneur de l'Aragon, au nom du roi, leur permit la dépaissance dans les ports communs de Gascogne et de Barèges (1325).

Le patronat de l'église de Saint-André de Luz fut disputé aux commandeurs de Gavarnie par les évêques de Tarbes ; les deux parties en appelèrent au Saint-Siège ; une bulle du pape Clément VI vint maintenir le chevalier Loup de Salies et ses successeurs dans la possession du droit contesté. Les commandeurs possédaient prés de cette église, quoique n'ayant pas la seigneurie de la ville, une sorte de château fort ; c'est là qu'ils résidaient, quand ils venaient visiter leurs domaines des montagnes, ne laissant à « leur sauvage maison de Gavarnie » que les frères servants, chargés de la surveillance, et les bergers de leurs troupeaux. La plupart de leurs actes sont datés de leur château ou hôpital de Saint-Marcel (J'ignore à quoi correspondent ce château et hôpital Saint-Marcel).

La Commanderie de Gavarnie avait, outre la possession de Luz, des dépendances plus ou moins considérables à Lourdes, à Barèges et dans la plupart des vallées du Lavedan. L'hôpital de Saint-Gaudens lui fut adjoint pendant la durée du XIVe siècle et n'en fut détaché que lors de la réunion de Gavarnie à Boudrac, qui eut lieu vers 1400. Une liste des fiefs au XVIIe siècle, de l'Ordre en vallée de Barèges et en limite jusqu'à Lourdes, a été réalisée par Vincent-Raymond Rivière-Chalan dans le bulletin de la SESV de 1984.

                                                               L'Ordre et Lourdes

LA TOUR DITE DE GARNAVIE ET LES HOSPITALIERS de SAINT-JEAN UNE CONFUSION QUI PERDURE

Les biens des hospitaliers. C’est à l’abri des remparts de la ville de Lourdes, derrière la tour de la Bonnette, que se trouvait dès 1367 (1), un ensemble de biens appartenant à l'Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem de Gavarnie. Il comprenait en dehors de nombreux contenanciers-fiefs à Sarsan (22 en tout), dans le quartier des Pénétas (Espenettes), une maison, appelée Casaria de Gabarnio, avec environ cinquante arpents de terre. Ce fief est toujours en possession de l’Ordre en 1675 (2) avec une maison,  alors dite d’Augaa,  un verger et des terres pour un journal, tenue par Jean de Lombes, dit d’Augaa, « confrontant le chemin allant au camp Vesiau et les rochers voisins des murs de la ville ». De cette Casaria de Gabarnio, il reste de nos jours, rue des Espenettes, encore des traces  à l’intérieur d’un jardin, près d’un bâtiment genre pigeonnier, probablement construit sur les ruines de la  caserie. (Propriété privée ne se visite pas). A cause de sa proximité avec la tour de Guigne, on a souvent appelé cette dernière faussement tour de Garnavie. L’une des origines de cette confusion vient également des écrits de Joseph Camoreyt avec son ouvrage Histoire des trois belles églises de Lourdes où il mentionne cette tour de Guigne du système de défense de la ville, comme faisant partie du fief d’Augaa.

Vincent-Raymond Rivière-Chalan résume dans le bulletin 16 de 1984 la consistance de cette « caserie : « La caserie ou la maison Dauggé est un immeuble couvert d’ardoise avec borde et terre muraillé, le tout formant corps, situé rue de la Carreterre (rue de la Grotte] confrontant d’Orient [Est] à la voie publique, de Midy [Sud] à la boucherie de la ville, d’Occident [Ouest]avec « meurie (3) » aussi à ladite ville et de Septentrion [Nord] avec la voie publique. Le tout d’une contenance d’un journal  (4) un quart. Ce fief est tenu par Jeanne de Lombes dite Daugaa [d’Augaa]

tour espennette 3                                  Les Espennettes de Lourdes. Google earth

(1)    Contrat d’affièvement de Maître Bernard de Périssère de Luz.
(2)    Procès contre le Grand Prieur de Toulouse ADHG. H-Malte TOULOUSE 32- et 327
(3)    J’imagine que ce mot veut dire muraille. A vérifier
(4)    Mesure de surface agraire correspondant à une journée de travail


La liste des Commandeurs de Gavarnie présentée par l’Ordre de Malte. (Elle est illisible à partir de Loup de Salies.)

--------1150. Wilhelm d'Arzillis.

1213-1268. Guillaume de Sertz.
--------1310. Rostang de Gavarret.
--------1325. Olivier de Cueurèse.
1332-1340. Benoît de Caussade.
1886-1367 ( ?). Loup de Salies. Probablement 1340-1367. Le pape Clément VI, quatrième pape d’Avignon régna de 1342 à 1352.
1378-1337. ( ?) Bernard de Rigaud.

Sources : Du Bourg, Antoine (1838-1918). Histoire du grand prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, avec les pièces justificatives et les catalogues des commandeurs. Editeur : L. Sistac et J. Boubée (Toulouse) : 1883

 


 

                                            GÈDRE et la chapelle d'Héas

Eglise de Gèdre
        Bénitier église de Gèdre
Église de Gèdre.                                                                                         Bénitier en pierre du pays 

L'église de Gèdre construite à la fin du XIXe siècle dans le style néo-gothique  n'offre pas grand intérêt, si ce n'est son bénitier en pierre du pays. Elle est dédiée à saint Matthieu. Elle a été érigée près de l'emplacement d'une ancienne église avec tour qui appartenait aux Hospitaliers de l'Ordre Saint-Jean-de-Jérusalem, avec nombre de "metteries "(métairies) ; église consacrée en 1628, qui probablement remplaçait une église encore plus ancienne sur ce chemin secondaire de
Saint-Jacques. Le mobilier : retable, tabernacle... a disparu

.Gèdre tour

Le clocher de l'ancienne église.
                                                          
                                           La chapelle N-D d'Héas                           


Pour y accéder, prendre la route du Cirque de Troumouse (D922), en laissant à droite le lac des Gloriettes. Attention, la route est inaccessible aux véhicules de décembre à avril. De Gèdre, à pied, comptez environ 3 h pour les 10 km traversant la zone pastorale jusqu’aux deux chaos qui précèdent la chapelle (dont le nom, héas veut dire foin). Celle-ci est située à côté de l’auberge de la Munia, quelques km avant le péage de la route pour le Cirque de Troumouse.

L'ancien hospice et sa chapelle du XIVe siècle sont décrits dans un censier du Livre Vert de Bénac de 1349. A cette époque, le vicomte de Castelloubon Arnaud III fit un don à la chapelle et à l'hospitalet. Leur existence est donc antérieure à cette date.
C'était un centre de pèlerinage marial fort ancien qui fut à plusieurs reprises détruits par les avalanches et les guerres de Religion. Dédié à la Vierge protectrice des montagnards, le sanctuaire reçut au cours des XVe et XVIe siècles, nombre de dons et de legs, dont celui en 1415, du seigneur de Sère, Bernat de Pène d'une mesure annuelle de froment. Puis, suivirent un certain  nombre de cataclysmes, dont ceux de 1600 et de 1650. Ce qui nécessita sa reconstruction en 1715 par l'abbé Brune, son prieur, aidé par le comte de Souillac et la population locale,  afin que les bergers et pasteurs puissent dans ces pâturages éloignés, continuer à suivre la messe.
Nous savons qu'en 1638, Pierre de la Barrère, alors prieur des lieux, créa une confrérie en l'honneur de la Vierge, celle-ci perdura jusqu'à la Révolution, mais les deux pèlerinages du 15 août et du 8 septembre continuèrent à être suivis par nombre de locaux.
Bien national suite à la Révolution française, la chapelle avait été achetée en 1848 par Monseigneur Laurence, qui donna aux pères de Garaison, la charge de son entretien et des services religieux. En 1892, d'après Jean Barbet (guide de 1893), a été élevé, grâce à une souscription, le campanile pour abriter une cloche offerte par le baron de Lassus. La cérémonie d'inauguration célébrée par l'archevêque de Bordeaux, Mgr Lecot a eu lieu le 21 juillet 1892.
En 1915, une terrible avalanche balaya une partie de la chapelle et le petit hôtel attenant de la Munia. Un autel provisoire fut élevé. Puis le sanctuaire fut reconstruit  en 1925-26 (inauguration en 1928). Le style fut conservé, à l'exception du dôme hexagonal.
Cette chapelle est l'objet de deux légendes, celle des chèvres et du rocher de l'Arayé, illustrées par des vitraux. Voir dans patrimoine oral, les légendes.

Héas 1915Après l'avalanche, en 1905, l'église est coupée en deux. Carte postale d'Antoine Pauly.

Héas 2 2 La chapelle en 1903, carte postale de Marie Acéna

À l'intérieur
La statue placée sur un socle situé en hauteur  au-dessus du tabernacle, représente une Vierge en majesté, tenant son fils sur les genoux et un globe surmonté d'une croix dans sa main droite. En bois polychrome, on la date des XIIe XIIIe siècles. Sur un fond bleu, représentant le cirque de Troumouse, au centre d'un disque rayonnant, sa mise en valeur est complétée par la prière en caractères rouges sur fond or : Noustra Daméta de Heas prégat per nous
Les cinq toiles présentes ont été réalisées par le père Pibou de Garaison. D'après Jean Barbet (1893), elles n'auraient été que restaurées par le père Pibou. Les deux les plus connues sont la mère et son enfant priant la Vierge et le pâtre présentant son agneau à la Vierge.
Beaux vitraux, dont un représente la légende des deux colombes et celle des chèvres, voir le dossier patrimoine oral, les légendes. La cloche de 1643 se trouve dans la sacristie.

Ouvert tous les jours de mai à octobre.
Les pèlerinages officiels ont lieu le 15 août, le 8 septembre et le premier dimanche d’octobre. Le site est géré, depuis 1955, par les pères des Sanctuaires de Lourdes (pères de Garaison).
Les plus vaillants peuvent continuer la randonnée jusqu’au Cirque de Troumouse.

Héas

 

chapelle heas

 



  




 





 


     N-D dHéas
 

         .  
    Héas 001 3                                                                 
    La chapelle  fait l'objet  d'une légende représentée par ces vitraux, la légende des chèvres qui est décrite dans le dossier patrimoine oral. Photo J.Omnès

   Héas N-D 001
                                                     N-D d'Héas.                       Photos J.Omnès

Héas toile     Héas cloche 001
Toile du Père Pibou de Garaison. Photo J. Omnès                    Cloche de 1643, la plus ancienne du Pays toy. Cliché Revue H-P, 1919.

Héas bénédictionHéas cloche
Pèlerinage août 2014, bénédiction des cordes. La cloche dans la sacristie,  août 2014. Cliché M-B Hourtané

Visite avec Patrice de Bellefon :

https://www.youtube.com/watch?v=Rv0ypxInjSs


 

GRUST             



Cette église romane construite sur une terrasse possède un clocher-mur à deux arcades. Elle a un petit air de famille avec celle de Sazos. Dédiée à saint Martin, elle a subi de nombreuses transformations au XVIIIe siècle. Sous l’auvent de 1731, le petit escalier de droite permet d’accéder directement à la tribune. Le plafond est lambrissé de planches grossières en forme d’ogive. À l’arrière de l’église, présence d'un petit promontoire avec vue sur la vallée. Une fontaine récente, dont la source se trouve sous le mur du chevet de l’église, agrémente la placette. Je crois même que le positionnement de l'église a été choisi, pour justement christianiser cette source, objet de cultes païens

                       eglise grust                                                          


    


                         Grust Fonts B.                                                                                                                                                                                                                                                                                    
                                                                                                         Fonts baptismaux avec couvercle

Grust intérieur        Grust tabernacle
                                                       Tabernacle attribué à Soustre. Photos J Omnès

Le tabernacle porte sur un cartouche, sous la porte, la date de 1717. Et au dos de la porte est mentionné "Monsieur Soustre présentement Campan." C'est donc l'un des nombreux tabernacles exécutés par les ateliers Soustre d'Asté en Pays toy. Sur le panneau de droite, non visible ici, est représenté le martyre de saint Jean-Baptiste décapité. L'ange au-dessus brandit la palme du martyre. Sur le panneau de gauche, Salomé attend la tête de Jean. Un esclave la dépose sur un plateau. Sur la porte du tabernacle, Jésus en croix, à sa droite, Marie, à sa gauche, Jean. Au-dessus, le buste de Dieu le Père sortant des nuages, encadré par trois têtes d'anges. La seule référence au saint patron se trouve dans une statue à gauche, représentant un évêque avec sa mitre. Il fait face à saint Jean Baptiste vêtu de peau de bête.
Profitez de votre visite pour admirer la belle fenêtre gothique derrière le café du village.

Grust belle fenêtre gothique Belle fenêtre derrière le café du village. Photo J. Omnès

 

                                                      LUZ- (SAINT-SAUVEUR)

eglise fortifiee luz02

 
L’église des Hospitaliers de Saint-Jean, dite des Templiers ou église Saint-André.  Étonnant château fort-église que cet édifice au milieu de la cité. Construite à la fin du XIe siècle par la famille Saint-André, l’église a été consacrée en 1240 (inscription commémorative à gauche du tympan) et remise en 1362, aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem (et non aux Templiers). Ceux-ci l’ont alors fortifiée pour servir de refuge aux populations contre les pilleurs aragonais. Des fossés furent creusés et une enceinte polygonale érigée avec une tour de défense ou tour de l'arsenal. Une maçonnerie en pente tout le long de la muraille  fut érigée afin d'éviter les coups de bélier et les actions des mineurs.

L'entrée de l'église de style roman est située au nord, elle se fait par la tour-porte rectangulaire de la tour de l’Arsenal. Celle-ci est armée d’une bretèche à mâchicoulis (la logette au sommet de la tour), d’où part l’enceinte talutée à sa base et crénelée de 6 mètres de haut. La tour possède également a mi-hauteur une niche  en plein cintre destinée à recevoir une statuette, encadrée par deux meurtrières permettant de balayer les abords de l'entrée. Certains y voient  des traces d'emplacement de support d'un pont levis. Le colonel Druène du Service Historique des Armées affirme dans son comte-rendu qu'il  n'y a pas de trace de logement de herse ou de pont-levis.

eglise fortifiee luz01 Luz église 2


Luz poterrne  Poterne
Entrée dite des Cagots murée à l'intérieur. Photo J. Omnès


 

Luz 1

Luz 2
Les deux colonnes du portail sont surmontées de chapiteaux sculptés : celui de gauche photo du dessus, représente deux animaux à tête humaine qui se font front et sont dominés par deux têtes humaines et celui de droite, photo du bas, un personnage encadré de deux quadrupèdes ressemblant à des vaches. Cénac Moncaut y voit  à gauche deux chiens rapprochant leur tête à l’angle et portant sur leur dos une tête plate au cou démesurément allongé et à droite Daniel entre deux lions ! ?
D'après Laure Latanne, à gauche, il s'agirait de sphinx, ils seraient proches de ceux de l'église de Sère.

Luz 4 A la base des colonnes, deux inscriptions : à gauche :  "Flecti non possum, si rectu, sic ego sum

Luz 3
Celle de droite : "Sustineo dignos, condemno malignos"     Photos J. Omnès                     
                                                                                   
Les merlons des  créneaux sont protégés par une dalle de schiste maintenue par un bloc de granit. La défense, à l’intérieur de ce rempart, est complétée par un chemin de ronde sur sa partie supérieure et par un clocher-pignon à redents. Au couchant, un clocher-tour, plus haut que la tour-porte  a été rajouté vers le XVe siècle pour servir de  tour de guet. La chapelle du sud-ouest a été construite en 1652, suite à un voeu fait au cours d'une épidémie. 

La niche sépulcrale (enfeu), en hauteur, à gauche de l’entrée latérale supportant le petit sarcophage d’un enfant de Barèges, date de 1236. Son inscription avait laissé perplexe Victor Hugo qui déclara « n’entendre que goutte. » Nous pouvons y lire en latin : « ici repose [nom effacé] fille de Naraco de Barèges et de madame [effacé]. Elle naquit en 1210, le dix juin et mourut la dernière semaine d’avril suivant. Desera l’a  fait. » d'après J-L Massoure dans Le Pays Toy cet enfeu aurait servit longtemps de bénitier.

À l’arrière de l’enceinte, côté rue, on peut apercevoir à une certaine hauteur, une petite porte murée : c’est l’ancienne poterne. Certains pensent qu’elle servait d’entrée aux Cagots. Entre le mur de défense et l’église, le sol est parsemé de nombreuses pierres tombales des XVIIIe et XIXe siècles.
 Luz plan

                                                         Plan réalisé par Paul Frigier

La voûte de la tour-porte est ornée d’une peinture du XIVe siècle en mauvais état qui a été rénovée vers 1860 par le père Pibou. Elle représente les quatre Évangélistes et le Christ, Maître de l’Univers tenant le globe terrestre.
À l'entrée, à gauche, une pierre sculptée nous offre l' épitaphe suivant :

Luz


Sur la droite de cette entrée, petite fontaine moderne aux lignes épurées, ornée d'un adorable escargot de pierre. Voir le dossier fontaines.

Luz enfeu  Luz chapiteau
    L'enfeu de Victor Hugo  et son chapiteau papyrus, sans colonne. Photos J. Omnès

Le tympan du portail de l'église est composé d’un bas-relief représentant le Christ en majesté, encadré d’un tétramorphe : le lion représente Marc ; le taureau, Luc ; l’aigle, Jean et l’ange, Matthieu. Sur la corde horizontale de l'arc un oeil averti peut lire : "quotannis spoliat serpens se pelle vetusta,est humilis multium, lascivum neglige cultum, si cupis intrare, quonian patat , hoc tbi quore" : "chaque année le serpent se dépouille de sa vieille peau, il est très humble ; comme lui, dépouillez-vous du vieil homme, soyez humble, soyez pur ; si vous voulez entrer dans le Temple qui vous est ouvert, recherchez ces choses."
Deux colonnes à chapiteau aux sculptures grossières encadrent la porte. Aux bas de ces colonnes et autour du tympan sont inscrites des inscriptions pieuses latines. Une pierre  indique en latin la date de consécration de l'église en 1240. Les voussures étaient jadis peintes, quelques traces de peinture sont encore visibles pour un oeil averti. 

portail luz

                             Beau tympan avec les quatre Evangélistes. Photo J. Omnès

Luz peinture Luz tour
Fresque restaurée par le père Pibou.                                                   Accès tour de l'Arsenal. Photos J. Omnès

 À l’intérieur, cette église à nef unique et à abside en cul-de-four, possède un petit maître-autel-tabernacle du XVIIIe siècle, œuvre de Dominique Ferrère. Notez la hauteur peu habituelle de la chaire du XVIIe siècle surmontée d'un abat-voix. Les fonts baptismaux du XIIe siècle sont identiques à ceux de l’église de Sère. Beau bénitier du XVIIIe siècle en calcaire noir poli. Au-dessus du maître-autel, sur la voûte du chœur en cul-de-four, belle fresque du père Pibou, où dominent les ors. Elle représente saint André, patron de la paroisse, offrant au Christ la palme du Martyr. Elle est encadrée par deux tableaux, représentant à droite, la prière de saint Louis et à gauche, le baptême de sainte Clotilde. Le père Nicolas-Justin Pibou, père de Garaison, grand prix de Rome, est également l’auteur entre 1847 et 1892, de toiles et de fresques dans les églises de Garaison (65) et de Miremont (31). Cette église est une très belle et typique réalisation architecturale ; elle en impose et a inspiré de nombreux artistes peintres et graveurs.

Luz fresque
                                                                                        Fresque du père Pibou. Photo J. Omnès

                                                                                               Maître-autel

Luz autel                                                    Maître- autel. PhotoJ. Omnès


Luz orgue   Luz bénitier Luz lutrin
                    Orgue                                    Bénitier marbre noir poli                                      Beau lutrin moderne

          Luz tabernacle                                                                                                      Tabernacle XVIIIe siècle. Photo J. Omnès

Détail retable Luz Luz support Luz 2 bénitier Cagot
             Détail du retable, support de statue XVIIIe siècle                                           Bénitier des Cagots. Photos J. Omnès

         Luz Fonts baptismaux Luz 1    Fonts baptismaux du XIIe siècle, proches de ceux de l'église de Clairvaux.    

Luz toile  2

  Le baptême de sainte Clotilde offert par Jubinal     Photo J. Omnès
 

Le musée-chapelle

Il se trouve dans la chapelle N-D de la Pitié, à droite en entrant dans l'enceinte. Ouvert l’été et pendant les vacances scolaires, les mardis, jeudis et samedis de 15 h à 18 h 15 ; en dehors, les mercredis de 15 h à 18 h. ' 05-62-92-81-60. Monsieur le curé : 05-62-92-32-88. Petit droit d’entrée. Archéologie et ethnologie locales. Statues des XIIe et XVIIe siècles, tableaux des XVIe et XVIIe siècles, outils, armes, objets de culte. Une plaquette réalisée par Laure Latanne-Bey est en vente sur place.
L'Archéologie et l'ethnologie locales : minerais, armes, pièces de monnaies anciennes, poids ont été transférées dans un autre musée. Nous ignorons lequel.

Luz entrée musée
Entrée du musée. Photo J. Omnès

Cette chapelle a été construite au XVIIe siècle, aux environs de 1650, comme ex-voto, suite aux nombreuses épidémies de peste, sur l'emplacement d'une chapelle du XVe siècle (1420-1440) comme nous le laisse supposer la découverte en 2001, d'une fresque de cette époque. Dédiée à N-D de la Pitié ou des Pénitents blancs, cette chapelle, aux belles proportions, présente une grande voûte nervurée, composée de lambris peints étoilés. Sur la clé de voûte centrale : les armes de la ville.
Une partie du « trésor » provient des dons des personnages célèbres « venus prendre les eaux » durant le XIXe siècle. Tels les tableaux de l’Annonciation et de l’Assomption offerts par la duchesse d’Angoulême en 1823, ou le lustre offert par le duc de Nemours à la même époque.
Le tabernacle de bois doré du XVIIIe siècle, provient de l'atelier Brunelo. Sur la porte du coffre est présentée l'épisode biblique de la manne dans le désert, sur le panneau de droite, la cène et sur celui de gauche la multiplication des pains. Les différentes statues proviennent de retables aujourd'hui disparus.
Au-dessus de l'autel, le tableau représentant saint Roch guérissant un pestiféré serait de Percier, élève de Vouet (1590-1649). L'étonnant tableau de gauche intitulé Le mystère de la Sainte Trinité essaye de nous faire comprendre l'essence de ce mystère : lorsqu'on le regarde de profil on ne voit qu'un personnage et non les trois.
Quelques objets ont disparu de la chapelle comme un fusain représentant saint Jacques, deux lanternes de procession et un second tabernacle. Après recherches nous avons retrouvé le tabernacle qui a été déplacé dans la sacristie, en revanche nous n'avons pas retrouvé la gravure, ni les lanternes.

 
Luz vierge  Luz trinite 001

Vierge à l'Enfant "docteur", du XIIIe siècle, reine des cieux, vénérée sous le vocable Trône de la Sagesse, polychrome en rouge et bleu. H: 810 mm.  Laure Latanne-Bey décrit la statue dans son ouvrage L'église fortifiée... comme du commencement  du XIIIe siècle influencée, par le style byzantin du début du christianisme. La Trinité tableau de droite.

    Luz église

Fresque du XVIIe siècle, découverte lors des travaux de restauration. Photos J. Omnès

luz bénitier musée      Luz Sainte Catherine
Bénitier  octogonal avec le monogramme du Christ et les clefs de saint Pierre croisées par l'épée de saint Paul. La date 1589 derrière, non visible sur la photo, fait référence à la "naissance" d'Henri IV, comme roi de "jure" de France après l'assassinat d'Henri III.      
  

                                                              À droite, Sainte Catherine d'Alexandrie, présentée comme telle, malgré l'absence de sa palme et de la roue de son martyre. Photos J. Omnès

Luz bénitier 2 Autre côté

Dessous, ce petit bénitier à godrons en bois sculpté représentant une Vierge à l'Enfant avec une ornementation florale,  à la facture rustre se trouvait en 1981, dans l'église de Luz. De 355 mm de haut sur environ 132 mm de large, iI  est peut-être du XVe siècle. 

 Luz petit bénitier
 
  Luz voile 3
Voile de calice du XVIIe siècle, 600X625 mm ; décor floral brodé avec des fils de couleur et des fils d'argent sur soie avec le Christ au centre. Le voile est cousu sur tissus et présenté dans un cadre. Ici les franges en haut et en bas ne sont pas présentes.   Photo Père X. Recroix                                                     

   Luz St Michel
Statuette en albâtre, probablement du XIVe siècle, 880X220 mm représentant saint Michel en guerrier portant une tunique ornée d’une croix et une cotte de mailles. Il foule le démon à ses pieds (1).  Laure Latanne dans le bulletin de la SESV 2009, la date du XVe sicle et hésite entre saint Michel et saint Georges. Photo Laure Latanne


  Luz tabernacle 4 3
Tabernacle première moitié du XVIIe siècle, 595X640 mm ; en bois doré, à deux niches latérales et dont la porte est ornée d’un ciboire. Colonnes torsadées sur les côtés.  Laure Latanne le date de 1630-1640. C'est l'un des premiers tabernacles après le concile de Trente. Ils est rare par sa forme semi ronde et par ses sculptures, une tête d'ange supportant un ciboire. Photo Laure Latanne.

Luz Pietà
Pietà ou Vierge éplorée en bois polychrome des XVe-XVIe siècles. La robe que revêt la Vierge avec ses larges plis, traduit une influence bourguignonne ; un don de pèlerin ?




(1) Catalogue Regards neufs sur l'art religieux dans les H-P, au musée pyrénéen de Lourdes juin-octobre 1981. 


Chapelle de Solferino

Vers la place Saint-Clément, direction auberge de jeunesse. Laissez votre véhicule devant le cimetière, c’est à une dizaine de minutes à pied. La chapelle est située sur un promontoire panoramique. La chapelle néo-romane fut offerte par Napoléon III, en 1859-1860, après sa victoire sur les Autrichiens. Aires de pique-nique. Beau panorama. Déroulement du feu de la Saint-Jean, avec messe le 23 juin. Foule nombreuse ce jour-là. Elle a malheureusement été construite sur un ancien sanctuaire roman de  l'Ordre des hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, doublé d’un ermitage dédié à saint Pierre. Ce sanctuaire avait été offert  à la ville, par les frères Brauhauban. Il  fait l'objet d'une légende populaire du XIVe siècle. Voir le dossier légende, dans patrimoine oral.

Le monument à Ambroise de Lombez : A coté, se trouve un petit monument avec l'épitaphe A la mémoire du R.P. Ambroise de Lombez, mort en odeur de sainteté à l'ermitage de Saint-Pierre en 1778. Erigé par les ordres de S.M. Napoléon III en 1861.
L’histoire officielle veut que le dernier occupant de l’ermitage ait été le père capucin, Ambroise de Lombez, mort en 1778. Cette version a été réfutée avec preuves à l’appui par Jean Bourdette, qui affirma que ce moine  illustre en son temps et mort dans la « maison Labas » de Luz avait été enterré dans le cimetière de l’église. Là, il ne s’agit pas d’une légende mais d'une erreur du curé de Luz qui informa mal l’empereur lors de la réalisation du mausolée d’Ambroise de Lombez. Pour se conformer à l'information de la dalle, on procéda au transfert du corps du cimetière de Luz à Solferino.et à la pose d'une plaque ;"Sous cette colonne reposent les restes du Père Ambroise de Lombez, capucin décédé à Saint-Sauveur primitivement inhumé à l'entrée de la chapelle de la Vierge de Luz"
 

chapelle solferino02

                                                          Chapelle de Solferino. Photos J. Omnès.  

Solférino 1    Solférino 2

Solférino 3 Petite ouverture 
Fenêtre à guillotine permettant de voir à l'intérieur

ermitage Solferino
Ermitage Saint-Pierre. Lithographie de Mailhé 1836.

Solferino 5

Solferino 8

                                                            Chapelle Sainte- Barbe

Cette chapelle accolée à un grand  lavoir a été érigée en 1653, suite à une épidémie de peste, par Jean Baradère et fut restaurée par l'abbé de Sazos. On y célèbre la messe chaque année avec les pompiers, lors de la Sainte Barbe. Le quartier et la rue ont pris le nom de la sainte.
                         

 Sainte Barbe Luz
     Chapelle Sainte-Barbe. Photo J. Omnès

 


 

(LUZ)-SAINT-SAUVEUR



 À l’époque romantique 1820-1830, de nombreux curistes, hommes et femmes du monde de Paris et des grandes villes venaient aux bains (1) à Saint-Sauveur, dont les duchesses d’Angoulême (1823) et du Berry (1828). Des jardins anglais furent créés le long du gave et un bâtiment dénommé la Rotonde fut édifié. Il servit d’abord de salle de bal puis de chapelle. Celle-ci devenant trop exiguë et un peu vieillotte, l’empereur Napoléon III confia à son architecte Boeswildwald, un protestant, la réalisation d'une nouvelle chapelle, près de l’emplacement de la Rotonde. C’est celle que l’on voit actuellement. Sa réalisation fut financée par la cassette impériale (65 000 francs).  Elle est de la même inspiration néo-gothique que les églises d’Adé, de Cauterets et de Poueyferré. Elle  est dédiée à N-D de l'Assomption. L'intérieur a été restauré en 2014 pour servir de lieux d'exposition et de concerts.

Histoire :

La légende veut que la station ait pour origine l'aventure d'une jeune bergère qui ne pouvait avoir d'enfant. Un jour, elle fut visitée par un ange qui lui conseilla d'aller boire à la source."Elle en conçut tant d'enfants" que la renommée de la source fit le tour de la région et attira tant de monde que les autorités durent fermer ladite source ; un peu comme à Lourdes. En 1750, l'évêque de Tarbes, informé par  ces évènements, la fit rouvrir et édifia une chapelle dédiée à saint Sauveur.

(1)  Circulation sanguine, gynécologie

chapelle saint sauveur
Chapelle de Saint -Sauveur. Photo J. Omnès

Affiche 2 St Sauveur 1  Saint Sauveur 2                                                                                                 Photos J. Omnès                                                                                                             

 


 

SALIGOS


Saligos 1 2


L’église Saint-Pierre et Saint-Paul est visible de la vallée. Cette petite église romane (pierre gravée ou 1588), toute grise, à clocher-pignon à redents (penàus) abrite deux cloches. La plus grande datée de 1945, et bénie par Mgr Choquet évêque de Tarbes et Lourdes remplace la précédente fêlée, qui datait de 1837. La seconde plus petite, bénie par Mgr Théas, évêque de Tarbes et Lourdes, date de 1951. Toutes deux ont été fondues par M. Fourcade de Tarbes.
L'église possède  une abside semi -circulaire à corniche à modillons et un large porche avec l’inscription 1620. Il couvre l’entrée de l’église et celle de la sacristie. Au-dessus de l’entrée principale, un tympan à grand chrisme rond de la fin du XIIe siècle, entouré de trois voussures, présente les trois Évangélistes sous leur forme symbolique. Il en manque un, devinez lequel ? Il s’agit de l’ange représentant saint Matthieu. Il a été buché. Ce tympan ressemble à celui de Luz, mais ici, le Christ en majesté a été remplacé par son monogramme. Les voussures brutes reposent sur des pieds droits à arêtes vives et sans sculptures.



Saligos tympan
Un second chrisme a été sculpté au-dessus de la porte de la sacristie. De belle facture, il est plus récent que celui de la porte principale et pourrait ne dater que de la fin du Moyen-Age. 

Quelques sculptures sur les modillons de la corniche de l’abside sont encore visibles.  Certains représentent la tête d'un monstre, la croix des Hospitaliers, un volatile, un tonneau...Traces de deux fenêtres romanes murées.

Remarquez sur la façade arrière de l’église une curieuse pierre en réemploi, sculptée d’une dizaine de signes « cabalistiques » : rosace, croissant de lune, croix sur un autel, ciboire et croix… Peut-être les signatures des maîtres compagnons.




    Saligos 1  Saligos4
                                                                       
   Modillon : le monstre. Photos J. Omnès
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                    Chrisme de la sacristie                         Modillons : le volatile, figures géométriques. Photos J. Omnès

À l’intérieur, un beau retable aux rares couleurs, de la fin du XVIIe-début du XVIIIe siècle, occupe tout le chœur. Il représente saint Pierre et ses clés avec à sa droite saint Paul et son épée, et à sa gauche saint Thomas et son équerre pour vérifier la réalité. Au-dessus : l’Annonciation. En haut à droite, le personnage aux yeux noirs représente sainte Lucie (Luce). Elle a été égorgée après qu'elle se soit crevée volontairement  les yeux, lors de son martyre. Le riche tabernacle est de Marc Ferrère, sa porte centrale est décorée par un pélican nourissant ses petits, figure christique. Dans la chapelle latérale, un tableau figurant sainte Catherine d’Alexandrie occupe le  dessus de l'autel. Il est malheureusement caché par la statue de la vierge.                     

Tribune Saligos  Retable Saligos
     Tribune église Saligos. Photo J. Omnès


 






Retable XVIIe


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Saligos 0  Saligos 9
Sainte Catherine.
"Cette toile paraît signée Rigaud en dessous de l'épée. Elle est très proche d'un tableau qui existe dans l'églide de Saint-Sever de Rustan, signée du même et datable de la première moitié du 18e siècle. Un peintre du nom d'Antoine Rigaud, "peintre de Venise" est inscrit en 1733 dans les registres paroissiaux de Saint-Orens d'Auch. Son épouse est Catherine Satge, de Béziers. Il exécute une descente de croix à l'église Arcamont (commune de Roquefrot, Gers). Il est actif ensuite dans les Hautes-Pyrénées : Larroque-Magnoac, Arcizans-Avant et Saint-Sever où il peint aussi un Baptême du Christ. Le 13 septembre 1742, il décède à Tarbes où il est paroissien de La Sède ; il est enseveli le lendemain dans le cloître de la cathédrale". Thibaud de Rouvray



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Saint Paul.  J. Omnès

                                                                                             
Tabernacle Saligos Tabernacle. Photo J. Omnès

   

Saligos 8                                                 


Histoire et légende de sainte Lucie :

Sainte Lucie est une sainte peu connue en Bigorre. Elle était la fille d’une riche famille de Syracuse vers l’an 300. Chrétienne, elle donna aux pauvres une partie de sa fortune pour remercier le ciel de la guérison de sa mère, d’une maladie incurable ; ce qui déplut à son fiancé. Aussi alla-t-il voir le tyran de l’époque, Dioclétien, pour la dénoncer comme chrétienne. Celui-ci la fit mettre en prison, mais comme le fiancé se morfondait de l’absence de ses beaux yeux, elle les lui fit apporter sur un plateau. Elle mourut en martyre, égorgée. Elle est représentée portant d’une main, un plateau sur lequel reposent ses yeux et de l’autre, une palme de martyre.
Sainte-Lucie est souvent évoquée pour soigner les maux d’yeux et de gorge.
Dans les pays nordiques, elle est le symbole de la lumière qui renaît. Sa fête est le 13 décembre : fin du solstice d’hiver.
Dans le pourtour de la Méditerranée, ses yeux symboliques représentés par des opercules de coquillages blancs à spirales sont considérés comme protecteurs des pêcheurs. De nos jours, ce coquillage est censé être un porte-bonheur.
En Bigorre, depuis le XIIIe siècle, c’était à la Sainte-Lucie que les domestiques entraient en service et que les baux à ferme étaient renouvelés.

                                      LA CHAPELLE OUBLIÉE DE SALIGOS

Nous cherchions depuis un certain temps cette chapelle dont est issue le très beau chrisme exposé dans l' église du village. Nous avons retrouvé avec l'aide de la secrétaire de la mairie, les traces de cette chapelle où jadis les gens de Saligos allaient en pèlerinage. Le site se trouve à Vizos au lieu-dit Larbèze. Un cul de sac, tout au fond du village en direction de Saligos. Lot 128 du plan cadastral. Il reste des bouts de murs ainsi qu'un petit morceau de voûte. Nous n'avons cependant trouvé aucun texte sur l'origine et l'histoire de ladite chapelle.

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Le fragment de voûte. Photos J. Omnès




SASSIS


La petite église romane (XIIIe siècle) au clocher-mur à redents, à deux niveaux dédiée à N.-D. de l'Assomption, présente deux ouvertures à arcades qui abritent deux cloches. La plus grande date de 1889 et la seconde de 1894. Toutes deux proviennent de la fonderie Ursulin Dencausse de Tarbes.
L'église possède un chevet en galets du gave en cul de four,  soutenu par deux contreforts plats. Ce dernier est orné d'une corniche supportée par des modillons en forme de besans. Un porche insolite récent (1929) vient altérer la beauté de la façade. Tympan à chrisme. Sur la droite, sur l'enfeu, le portrait gravé à l’horizontale d'une inscription funéraire en latin est celui de l’archiprêtre de Barèges, Vital de Puio-Dessus, décédé en 1294.

Cette église  est du même type que celle de Sazos, avec un contrefort en moins au niveau de l'abside. Le clocher-mur est orné de deux baies plein cintre supportant les cloches.
On pènètre dans l'église par une porte fort ancienne du XIIIe siècle, à la serrure toujours fonctionnant. Le bâtiment mériterait une restauration salutaire.  


eglise sassis.
Église de Sassis. Photo J.Omnès
 
Eglise de Sassis  1
Eglise de Sassis  2
Enfeu Sassis
Chrisme Sassis

Serrure Sassis 2
Au-dessus, enfeu de l'archiprêtre de Barèges                           Chrisme et serrure XIIIe siècle

À l’intérieur, présence d’un bénitier fruste de granit sculpté du XIIIe siècle et d’une Vierge à l’Enfant debout, Vierge de pitié, en bois peint du XIVe siècle. Le petit retable, à quatre colonnes torsadées couvertes de pampres des XVIIe-XVIIIe siècles n'est pas attribué. Belle Pieta en bois polychrome, à la Vierge au regard expressif.

À côté du bâtiment, à l’extérieur, très belle fontaine de pierre ornée d’un aigle de bronze.
Sassis aurait été fondé par un révérend père abbé de Saint-Savin. Il avait, dit l’histoire légendée, installé dans le village, un centre d'élevage de vaches laitières de race lourdaise.
Vers 1530, les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, propriétaires de l'église fortifiée de Luz-Saint- Sauveur avaient à Sassis une métairie, pour nourrir les hôtes pèlerins en partance vers le sanctuaire de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Pour les passionnés d'histoire et de littérature, il existe une monographie de la commune de Sassis, écrite par l’instituteur du village en 1887.
Visite libre, le mercredi de 14 h à 18 h.  

                                                  Retable Sassis

Sassis Vierge
                                                                                      Vierge à l'Enfant debout, bois peint XIVe siècle. Photo J. Omnès
Bénitier Sassis Bénitier fruste à entrelacs du XIIIe siècle. Photo J. Omnès


                                                                SAZOS
 
Le village relevait des seigneurs de Vergès, patrons et fondateurs de la paroisse de Sazos.
L’église romane est dédiée à saint Julien, elle est considérée par G. Balencie comme l’une des plus intéressantes du Lavedan. Elle possède un beau tympan historié sous une corniche à modillons. Les six colonnes à base à griffes sont surmontées de chapiteaux représentant des animaux mythologiques : centaure tirant à l'arc sur un monstre, deux oiseaux, un sphinx affrontant un bouc... Tympan avec Christ en majesté, entouré des quatre Évangélistes. Il est proche de celui de Luz-Saint-Sauveur. Malheureusement, il se trouve derrière un auvent-abri relativement moderne et la porte est souvent fermée à clef, même le dimanche. Sous cet abri sont scellées quelques pierres tombales des XVIIIe et XIXe siècles. Le clocher-tour du XVIe siècle percé de deux hautes baies, dont une partie de la base a été murée, possède un toit d’ardoise quadrangulaire surmonté d’un insolite clocheton, genre chimboulet. Ce clocher abrite trois cloches. La plus petite vue de la rue, à gauche est datée 1871. Elle remplace l'ancienne cloche fêlée. La seconde, vue à droite, provient de la fonte de deux anciennes cloches en 1869. Elles viennent de la fonderie Ursulin Dencausse de Tarbes, comme la plus petite à l'arrière qui est aussi de 1869.
Le chevet est consolidé par trois contreforts plats qui montent jusqu’à la corniche supportée par de frustes modillons sculptés. Le contrefort du milieu est élargi à mi- chemin pour laisser la place à une fenêtre.
Sur la façade sud, présence d’une fenêtre géminée sans sa colonnette médiane, d’un enfeu du seizième siècle (niche funéraire) avec un sarcophage décoré de sculptures. Profitez de votre visite pour saluer N-D des Bergers sur la colline. Jadis, point de rassemblement de bergers, au départ et au retour des transhumances

eglise sazos02               Chevet Sazos
                                                                                    Chevet à trois contreforts. Ici celui du milieu. Photos J. Omnès

                        Sazos portail      Sazos entrée                                
                      Tympan proche de celui de Luz. Photos J. Omnès                                            Chapiteaux historiés


                Modillon Sazos                           Sazos bouche à feu en réemploi
Modillon aux écureuils    Bouche à feu surmontée d'une croix et décorée par deux croissants de lune. Photos J. Omnès

Fenêtre Sazos                     La vierge des bergers1322
Fenêtre géminée sans sa colonnette                                                    N.-D. des Bergers
 
À l’intérieur, les peintures murales du XVIe représentent d'un côté de la nef, Adam et Ève séparés par l'arbre de la tentation et de  l'autre, saint Georges sur son cheval, terrassant le dragon de sa lance. Dans la chapelle de droite, fresque du XIXe siècle. En fait, toute l'église était couverte de peintures murales. On en retrouve des traces un peu partout, dont autour des fonts baptismaux. 
Les tribunes sont visibles de chaque côté de la nef comme au pays basque. L'abside en cul-de-four abrite un retable avec tabernacle (proche de celui de Grust) du XVIIIe  attribués à l’atelier Soustre. La date, 1717 et monsieur Soustre présentement Campan sont mentionnés sur le tabernacle. Le retable présente l'Assomption de la Vierge encadrée par les statues en bois dorées de saint Julien et de saint Sébastien. L'ancien maître-autel tombeau en bois a été remplacé en 1900, par un autel en béton.
Le centre du tabernacle représente Jésus sur la croix surmonté de Dieu le Père bénissant de la main droite et tenant le monde de la gauche. Il est encadré par Marie et Jean. Les panneaux latéraux représentent la passion du Christ.
Les fonts baptismaux à moitié encastrés, constitués d'une cuve romane, sont recouverts d'une armoire conique en bois  du XVIIIe  siècle, comme à l'église de Grust.    
La sacristie a été accolée à la chapelle nord au XIXe siècle. Elle renferme un beau mobilier XVIIIe siècle, dont une armoire à chasubles.
               
                
Sazos  fresque            Sazos retable
Fresque Adam et Eve.Photo J.Omnès                                           Retable. Photo J. Omnès  


Sazos attique   Sazos tabernacle
Attique du retable . Photo J. Omnès                                  Tabernacle. Photo J. Omnès 


Sazos Chapelle latérale        Sazos armoire àchasubles
Fresque  XIXe siècle, chapelle latérale           Dans la sacristie, armoire à chasubles XVIIIe siècle. Photos J. Omnès  
            

 


 

SERS



L’église romane du XIIe siècle dédiée à saint Vincent est classée aux Monuments historiques. Elle a été  remaniée au XVIIIe siècle, et a souffert du tremblement de terre de 1854 ; le presbytère a dû être reconstruit en 1857.
Elle présente un chevet en cul-de-four et un clocher-pignon à redents auquel on a adjoint une tour de guet. Ce dernier possède deux cloches : la plus grande, à gauche provient de l'ancienne cloche de 1885 refondue en 1988. La plus petite, à droite, date de 1889. Si la première provient d'une fonderie d'Orléans, la seconde a été fondue par Dencausse de Soues comme la grande majorité des cloches du pays toy. C'est une souscription paroissiale qui a financé la cloche la plus récente.
Entrée insolite par une maison du XVIIIe siècle (1769), l’entrée primitive était située au sud de la nef unique. Le chrisme est encadré de deux oiseaux. Il et pratiquement identique à celui de Vizos. Le chevet conforté par des pilastres est décoré par une corniche en tuffeau à dents d'engrenage. Accès à la tribune par l’escalier extérieur.


 
 

eglise sers 


Sers 1            Sers Chevet
L'entrée est à droite, c'est la maison rose saumon. Chevet Photo J. Omnès

                                                                                                     Sers entrée.   Sers Chrisme                                                                                                                                                                                                          
Église de Sers, maison du XVIIIe siècle, entrée de l'église et son chrisme. Photos J. Omnès

À l'intérieur
, beau retable baroque en bois doré (restauré en 1996), représentant saint Vincent de Saragosse, en tenue de diacre, avec sa serpette. Il est encadré par saint Pierre avec sa clef, et saint Paul avec son épée et est surmonté par Dieu le Père. Dans la décoration florale se trouvent des grenades éclatées symboles de la chrétienté : les graines dans un cloisonnement signifiant la multitude des croyants dans l'unité.

Maître-autel du XVIIIe siècle à la romaine. Pour pallier le manque de place, deux chapelles latérales ont été rajoutées au XVIIIe siècle, puis une tribune en bois tourné en 1889. Beau sol de schiste et armoire baptismale. La lanterne (lumière rouge) est celle d'une lanterne de procession (fête Dieu).

 
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tribune sers
                                                                                          Église de Sers, la tribune.

Sers retable      Sers fonts baptismaux                                      Retable Saint-Vincent                                                        Fonts baptismaux     Photos J. Omnès 

Sazos saint Sébastien Sers attique




                             
Sers attique retable         Sers tabernacle
Détail attique du retable, Dieu le Père et tabernacle. Photos Jean Omnès 

Sers grenade    Sers retable

Grenades entre les fleurs                                                                              Retable, détail : saint Vincent. Photos J. Omnès



                                                                 VIEY



Petite église romane transformée  au XVe siècle, toute en pierre apparente et dédiée à saint Sylvestre, pape. Son robuste clocher-mur à double arcade est surmonté d’un toit d’ardoise orné d’un houteau plat. Il a été remanié à de nombreuses reprises. La dernière réfection inscrite date de 1714. Les deux cloches toujours en service sont de 1896. Le tympan de la porte d’entrée, proche de ceux de Viella et de Sers, est orné d’un chrisme primitif bien conservé, au milieu d'arcades représentant les douze portes de la Jérusalem céleste. Le monogramme du Christ cerclé de perles est décoré sur la gauche, par deux volatiles semblant couver un œuf. Il y a peu, il y avait encore des traces roses et vertes de peinture. L'abside à contreforts plats est couronnée d'une corniche à modillons.
 

Viey 1           Viey chrisme
                                                                                                             Chrisme aux poules (?) pondeuses

À l'intérieur, le chœur fermé par une balustrade de bois sculpté est décoré par un retable baroque de la  fin du XVIIe siècle et non du XIe siècle comme mentionné sur le panneau d'information. Son origine est inconnue. Certains érudits pensent à une œuvre réalisée par un atelier de la vallée influencé par l’atelier Brunelo.
Au centre du retable trône la statue du saint patron de l’église, l’un des premiers papes de la chrétienté (313-31 décembre 325). Il domine les apôtres Pierre et Paul. Revêtu de la chape, il porte à sa main gauche, la croix  à triple traverse et à sa main droite, un livre, sur la tête la tiare papale à trois couronnes. La décoration d’un baroque flamboyant est composée par quatre colonnes torses où s'enroulent des grappes de raisins. A l'attique, se tiennent quatre putti (angelots) autour de Dieu le Père, lui-même au centre d'une série de pots à flammes, symboles du feu divin.
Quant au tabernacle qui dispose de ses quatre statues, il viendrait de l’atelier Soustre d’Asté. Ses deux bas-reliefs évoquent la nativité et l'agonie de Jésus au Jardin des oliviers. Il est surmonté d’une fine balustrade dorée et d’une niche abritant une Vierge à l’Enfant, tenant un sceptre.

Sylvestre est le protecteur des tailleurs de pierre, des animaux domestiques et des bovins.

Retable de Viey                                                                                Retable Saint-Sylvestre.

 
Viey saint 
Saint Sylvestre


Viey tabernacle
 
Viey tabernacle 2

L'agonie au mont des oliviers et                                              la nativité
 

     
 


VIELLA


L’église dédiée à Saint-Michel a été restaurée en 1856. Son clocher-tour massif, abrite deux cloches. Celle de droite datée de 1949, remplace une ancienne cloche fêlée de 1874. Et celle de droite, de la même époque, plus petite, remplace une fêlée de 1871. Toutes deux ont été fondues par l'atelier Fourcade de Tarbes et ont été financées par souscription paroissiale.
Le chrisme de belle facture a été réalisé au XIXe siècle à partir d’un exemple roman. Il est proche du chrisme exposé dans l'église de Vizos.
Cette église a été inscrite aux Monuments historiques en juillet 1990.
Le chrisme moderne de l'église de Viella est une copie d'un chrisme roman ancien. Il ressemble à celui de Viey et de Sers avec ses arcades représentant les portes du temple de la Jérusalem céleste.  

eglise viella          Viella escalier
Église de Viella. Accès extérieur au clocher. Photos J.Omnès


Viella Chrisme

Lee chrisme moderne de l'église de Viella est une copie d'un chrisme roman ancien. Il ressemble à celui de Viey et 
de Sers avec ses arcades représentant les portes du temple de la Jérusalem céleste.  


À l’intérieur, superbe retable baroque de l’atelier Soustre d'Asté commandé en 1700 à Jean II (1). Il présente une architecture à trois niveaux : soubassement, étage principal surmonté d’un attique et à trois travées délimitées par quatre colonnes torses richement décorées.
Dans la niche centrale trône un  St Michel au casque d'or, orné d'une aigrette, et auréolé d'une coquille Saint-Jacques, terrassant le dragon comme dans le retable de l'église de Vizos. Il tient d'une main, une épée de feu et de l'autre, une balance. Au-dessus, deux anges présentent un blason composé de deux flèches croisées  dirigées vers le sol. À l'attique, Dieu le père tend la main, au milieu d'angelots. Il est encadré à sa  droite par la belle sainte Marie-Madeleine avec son flacon de parfums et à ses pieds un crâne, symbole de la mort et à sa gauche par sainte Marguerite d'Antioche écrasant de sa croix, le démon tentateur. Des deux côté, des pilastres encadrant saint Michel, se trouvent saint Pierre avec sa clé et saint Paul avec son épée. Les quatre colonnes torses sont décorées chacune, à leur base par la représentation des quatre Évangélistes de gauche à droite : Luc, Jean, Matthieu et Marc
Sur l’autel, superbe tabernacle, éblouissant avec toute sa dorure. Le panneau de droite est dédié à la naissance du Jésus et celui de gauche à l'Assomption de Marie. Le tabernacle est dominé par le christ ressuscité ; dans certaines églises il est remplacé par la croix. La présence de cette dernière d'après certains érudits, serait peu conforme aux directives du Concile de Trente. Il est probable que la date 1730 marquée sur une statue soit celle de la pose de la dorure. Belle croix processionnelle.
Dans l'entrée, bénitier sur pied  en calcaire bleu noir.
(1) Debofle , 1997, p10.

 

retable viella
Retable de l'église de Viella.


Viella frère  1 Viella attique

Explications sur le tabernacle par frère Matthieu de l'abbaye de Tournay, juillet 2014.  En attique Dieu le Père. Photos J. Omnès

Viellla armes    Viella St Michel
Les armes origine inconnue.                                                       Saint Michel. Photos J. Omnès

Viella Marguerite      Viella St Pierre 2
Sainte Marguerite en attique                                                       et saint Pierre. Photos J. Omnès


 

VISCOS


Viscos 1



Petite église romane dédiée à saint Pierre. Elle est bien pauvre et de peu d'intérêt par rapport aux églises romanes aux superbes retables baroques du Lavedan. Elle est bien la représentante du proverbe qui disait jadis : « Qué baou mès esta crabè a Agos que curè à Viscos (Il vaut mieux être berger à Agos que curé à Viscos) ». Clocher-mur à redents dont l’entrée est protégée par un regrettable abri surdimensionné. Il protège un chrisme simple qui est présenté comme un soleil avec ses rayons. Il a la particularité d'avoir l'alpha sous forme de mandorle (amande).
Les impostes des deux côtés de la porte représentent à gauche, un homme les bras ouverts sous deux oiseaux se faisant face et buvant dans un calice et à droite, le même, mais sans les volatiles.

Viscos tympan



Viscos


Viscos 3   Viscos 2

A l'intérieur : petit retable du XVIIIe siècle, une peinture du Christ en croix, encadré par deux apôtres saint Pierre et saint Paul avec son épée. La toile mériterait d'être retendue.


Viscos 6

Viscos statue 2 1    Viscos statue 2 2
                                        Les deux statues du petit retable. Photos J. Omnès


Viscos 8
                                                                         Lanterne de procession
Petite histoire :

Au sommet du Viscos a été érigée une croix en fer forgé. Elle fut montée pièce par pièce à dos de mulets et d’hommes en 1900. Elle commémore la mort d’une bergère tuée par son bélier. À la recherche d’une brebis égarée au bord d’un rocher, elle fut précipitée dans le vide par le bélier du troupeau qui avait la mauvaise habitude de charger. Une messe fut alors célébrée là-haut à sa mémoire, par le curé du village.

                                                                                                                                                                      



                                                  VIZOS 


À Luz-Esquièze, prendre la direction du château Sainte-Marie et devant l’hôtel Montaigu, prendre la D172. C’est tout en haut, à flanc de montagne. La route s’arrête là.
L’église… romane bien sûr, à clocher-pignon à redents (1) est dédiée à saint Michel. La cloche la plus grande date de 1910 et la seconde de 1893. Toutes deux ont été fondues par Ursulin Dencausse de Tarbes. L'abside semi-circulaire présente une corniche à modillons dont certains ont conservé leurs sculptures (animaux)  avec trois fenêtres ébrasées. Le portail en plein cintre est composé d'un tympan avec chrisme sur coussinet.
Elle a été restaurée avec le retable entre 1991 et 1997.
Ce village a été détruit par un incendie au XVIIIe siècle. 

(1) Ecrit « redans » sur le panneau d’information, les deux orthographes sont acceptées.
église Vizos
Eglise de Vizos. Photo Jean Omnès

Porte Vizos     vizos Chrisme               
Chrisme et dessous, ancien chrisme d'une église voisine qui servait de linteau avant la rénovation. Photos J. Omnès

Ancien Chrisme Vizos

Vizos poules  2
Détail de la partie droite, deux volatiles buvant dans un calice. Photos J. Omnès

À l’intérieur, exposition d'un ancien chrisme qui servait de linteau et venait d'une chapelle sur le chemin menant à Saligos disparue depuis. Ce linteau aurait servi d'exemple pour la réalisation des autres linteaux environnants, dont ceux de Viella et de Sers.
À gauche du chrisme, deux rosaces reposent sur des arceaux, portes du temple de la Jérusalem céleste ? À droite des losanges et une croix servent de support à deux volatiles buvant dans un calice, symbole de l'immortalité. Ils sont bordés sur la droite par deux autres oiseaux contemplant une hostie ou le soleil.
Le chevet est admirablement décoré par un retable de style  populaire et un tabernacle baroques des XVII-XVIIIe siècles. Il a été restauré en 1997. Le tabernacle semble composé de deux parties d'origine différentes, l'une viendrait peut-être de l'ancienne chapelle mentionnée ci-dessus.  Au centre du retable, saint Michel, patron de l’église, auréolé d'une coquille Saint-Jacques  et terrassant le dragon (le mal) est encadré à sa gauche par saint Pierre et à sa droite par saint Sébastien, au corps transpercé de flèches. Au-dessus trône Dieu le père. À l’attique, les colonnes torses sont surmontées de pots à feu.
Voir les détails du chrisme sur le site obédiences ci-après.

http://obediences.net/index.php?nompage=afficheImages&;img=5600_328.jpg&objectid=&limite=0

Vizos retable
          
             Retable Saint-Michel, détail : le saint avec son épée terrassant le diable (dragon). Photos J. Omnès


Vizos St Jean B  1   Vizos St Michel2
                                                     Saint Sébastien et saint Michel. Photos Jean Omnès

                                             



Voilà, notre promenade à travers les églises de Lourdes et du Lavedan est terminée. Voir aussi le dossier sur les créateurs des superbes retables, véritables trésors de nos églises de montagne. 


 "Les trésors du Lavedan"

 

 



Répertoire des saints et saintes du Pays des Vallées des Gaves et de leur église respective

Saint André à Arcizans-Dessus, Ayzac-(Ost), Luz, Soulom.
Sainte Barbe à Luz (chapelle).
Saint Barthélemy à Adast, Arras (ruines) Bédouret (ruines), Boô-(Silhen), Chèze.
Saint Blaise à Sère.
Saint Caprais à Arcizac--ez-Angles.
Sainte Castère à Sainte Castère (chapelle de Lau Balagnas).
Sainte Catherine d'Alexandrie à Ortiac.
Saint Celse à Cheust.
Saint Cyriac
à Saint-Créac
Saint Etienne aux Angles, Esterre.
Saint Felix de Gérone à Aucun.
Saint Germé à Gez-(Argelès).
Saint Gilles à Ger, Villenave ?
Saint Hippolyte à Adé, Agos-(Vidalos).
Saint Jacques à Germs, Ossen, (Ourdis)-Cotdoussan, Salles.
Saint Jean-Baptiste : à Artigues, Bartrès, (Berberust)-Lias, Escoubes-Pouts, Estaing, Louzourm, Lau-(Balagnas) avant le XIXe siècle, (Esquièze)-Sère-en-Barèges, Sireix, Gazost, Gavarnie..
Saint Julien à Sazos
Saint Justin à Saint-Justin (Sers, chapelle).
Saint Laurent à Uz, Vier-(Bordes), Betpouey (la paroisse), Balagnas, Arbéost.
Saint Louis à Gez-ez-Angles.
Sainte Lucie à (Ayzac)-Ost.
Marie de Lurp à Sainte-Marie de Lurp (chapelle).
Marie Madeleine à Ayzac-(Ost) chapelle cagote, Mailhoc (Saint-Savin), chapelle cagote disparue, Barèges.
Saint Marc à Saint-Pé (chapelle).
Saint Martin à Bun, Viger, Arrayou-(Lahitte), Jarret, Julos-Les Granges, Barlest, Peyrouse, Arcizans-Avant,  (Ayros) -Arbouix, Arras, Gaillagos, Grust, Marsous, Geu.
Saint Mathieu à Gèdre
Saint Michel à (Arrayou)-Lahitte, Vidalos, Viella, Vizos, (Artalens) -Souin.
Saint Nicolas à Esquièze- (Sère).
N-D de l'Assomption à Aspin-en-Lavedan, Berbérus -(Lias), Juncalas, Paréac, Cauterets, Ouzous, Lau (ex- Saint-Jean- Baptiste.), Saint--Savin, (Luz)-Saint -Sauveur, Sassis, Villelongue
N-D d'Héas à Héas (Gèdre).
N-D de Piétat à N-D de Piétat (Saint-Savin).
N-D de Pouey Laün (Poueylaün) (Chapelle).
Saint Pasteur à Saint-Pastous.
Saint Pierre à Arrens-(Marsous) Artalens -Souin,  Julos, Ossun-ez-Angles, Ousté, Pierrefitte ( Nestalas), (Pierrefitte)-Nestalas, Saint-Pé, Ségus, Vieuzac, Viscos.
Saint Pierre-aux-Liens  à Ourdon.
Saint Pierre et Paul à  Ferrières, Saligos.
Saint Roch à Ayné.
Saint Saturnin à Omex, Lugagnan, Loubajac, Argelès-Gazost, Ourout, Préchac.
Saint Sylvestre à Viey.
Tous les Saints à Bourréac, Lézignan.
Saint Sébastien à Betpouey 
Saint Vincent à  Beaucens, (Boô)-Silhen, Sère-(Lanso), Sers.

Les saints et saintes les plus nombreux sont, par ordre décroissant :
Saint Martin 14
Saint Pierre 11
Saint Jean- Baptiste 10, anciennement 11
N-D de l'Assomption 11
Saint Michel 5
Saint André 5
Saint Jacques 4