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1f - Les églises - Canton d'Aucun (Val d'Azun)

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Arbéost, Arcizans-Dessus, Arras-en-Lavedan/Chapelle Saint-Barthelémy, Arrens-Marsous/Chapelle Pouey Laün/ Oratoire Saint-Roch/chapelle Saint-Martin, Aucun, Bun/Saint Antoine, Estaing, Ferrières, Gaillagos, Sireix. 
 

Pour répondre à l’engouement croissant pour le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, certains habitants de la vallée, au sein de l’association des Amis de Saint-Jacques dans les Hautes-Pyrénées, essayent de faire redécouvrir l’ancien chemin des pèlerins. Il passait par le val d’Azun pour atteindre Pouey-Laün et la frontière au col de la Peyre Saint-Martin (1). Il traversait ensuite Sallent de Gallego et Jaca en Espagne.

Peu connu du grand public, à l’écart des principaux chemins de Saint-Jacques, celui du Val d’Azun eut ses heures de gloire durant les guerres de Religion. Après que les huguenots de Jeanne d’Albret eurent saccagé un grand nombre d’abbayes et d’hospitalets du Béarn voisin et de la plaine, le chemin de Pouey-Laün devenait le seul passage possible.

Actuellement, une recherche est engagée pour retrouver, puis mettre en valeur, les anciens édifices qui accueillaient les pèlerins et redonner vie à cet itinéraire. L’hospitalet de Pouey-Laün était le plus connu parmi  d’autres petites chapelles ou églises avec leurs hospitalets qui  jalonnaient la vallée d’Azun : à Arcizans-Dessus, Bun, Arrens, Marsous... De nombreux commerçants  franchissaient également  ce col, véritable lieu d'échange entre les vallées des deux côtés des Pyrénées. Encore de nos jours, chaque année au mois d’août, les Espagnols de la vallée de Tena (Théna) et les Azunais se retrouvent au col frontière pour lire et signer les lies et passeries (pactes) dont l’origine remonte à 1549.

Un ouvrage : Échos d’Azun par Pierre Fourcade. Vendu au musée montagnard du Lavedan à Aucun. Brins d’histoire et légendes. Indispensable pour les amoureux de la région.

(1) Ne pas confondre avec La Pierre-Saint-Martin près d’Arette en Béarn.



ARBÉOST (Arbeost)


Arbéost est un hameau créé par les cadets, chevriers d'Arrens et de Marsous  au XVIIIe siècle. L'église dédiée à saint Laurent a été édifiée en 1743 par ordonnance de l'évêque de l'époque, Mgr Beaufoil de Saint-Aulaire, faisant d'Arbéost, une paroisse indépendante. Un arrêt du Conseil d'Etat confirma la création de la communauté d'Arbéost- Herrera dessus.
L'église avait été l'objet de plusieurs incendies et d'une démolition en 1738, par les ainés des villages des villages cités, jaloux du  succès de leurs cadets  dans la production et la vente de fromage. Ils prirentt prétexte que les travaux de rehaussement de l'église, demandés par l'évêque suite à sa visite de 1737, n'avaient pas obtenu l'accord des consuls des deux villages dont  dépendait Arbéost : Arrens et Marsous. 
Sur le clocher-porche et sous ce porche, on peut lire " 1849, Jacques Lhorou - Santa Maria orapro nobis" Remerciement du curé à la Vierge. lntéressant claveau sculpté ; et pierre en réemploi datée de 1240, probablement la date de la première chapelle, avant la création du hameau en commune., 1787 et 1929 , les dates de rénovation.

À l'intérieur,  pas de retable, mais un baldaquin soutenyu par quatre colonnes de faux marbre très XVIIIe siècle, comme à l'église Saint-Jacques d'Ossen réalisé en 1750. Il surmonte un tabernacle doré. Ce baldaquin comme ceux d'Ossen et  de Bénac pourrait être de l’atelier Jean Claverie, sinon inspiré par l'artisan lourdais. La restauration récente du tabernacle à la peinture dorée, ne donne pas l'éclat d'une dorure à la feuille. Très ancienne cuve baptismale. Plafond lambrissé.


Arbéost église Arbéost autel
            Église d'Arbéost. Photos J. Omnès

Arbéost pierre    Arbéost tabernacle

Arbéost tabernacle 2 Arbéost fonts
Tabernacle, vieille pierre baptismale. Photos J. Omnès

Arvbéost tabernacle 2 Tabernacle, le Christ aux liens. Photos J. Omnès


                                                                 
                                                                       ARCIZANS-DESSUS    
 
L’église est dédiée à saint André. C’est une imposante bâtisse romane de la fin du XIIe siècle au chevet semi-circulaire et avec un robuste clocher-tour qui rappelle celui de Viella. Rénovée au XVIIIe siècle, elle a été nouvellement restaurée en 2001. 
Le toit est surmonté à l’arrière d’un chimboulet (clocheton courant dans la région). La porte latérale d'entrée au sud est surmontée d'un petit chrisme bien conservén, sur linteau en bâtière de 60 cm de diamètre. Il est proche de celui des églises de la vallée : Marsous, Aucun. Une seconde porte sous le clocher donne accès à la tribune.
Le cimetière a été transféré pour être remplacé par une pelouse.

 À l’intérieur, la nef unique, à demi-transept, se termine par un beau retable baroque attribué aux ateliers Claverie de Lourdes : au centre se trouve saint André et sa croix, patron de l’église. Il est encadré par deux colonnes lisses de bois peint, façon faux marbre de Caunes-Minervois et par deux saints. À sa gauche, par saint Pierre et à sa droite par saint Paul. La partie supérieure, caractéristique de l’atelier, représente une « gloire », la marque de l'atelier lourdais. Au centre de celle-ci, une colombe déploie ses ailes au milieu de nuages. Le décor est complété par deux angelots agenouillés et par deux grands vases. Le tabernacle lui, est attribué à Jean Brunelo, mais assez volumineux, il semble provenir d'une autre église. La figure centrale représente le Christ Ecce Homo (Voilà l'homme) couvert de son " manteau royal de dérision" ; il est encadré par saint Pierre et saint Paul dans leur niche. Le maitre-autel de style autel tombeau galbé et décoré de têtes d'ange est sensiblement de la même époque que le retable (1750-1760).
Le retable de l’autel de la chapelle de la Vierge au rosaire provient aussi, pense-t-on, du même atelier. Il est composé de trois niches séparées comme le retable central, par deux colonnes lisses, peintes en faux marbre.  La statue centrale, une Vierge à l'Enfant, au-dessous d'une gloire, est encadrée à sa gauche, par saint Jean-Baptiste, reconnaissable à sa croix étendard et à l'agneau pascal qui se trouve à ses pieds, et à sa droite par saint Joseph reconnaissable à sa fleur de lys, symbole de pureté (chasteté). À l'attique, encadrant la gloire, deux anges agenouillés.
La tribune en U au barreaudage simple, mais à la base décorée d'une frise peinte, possède une facture assez rare en Lavedan.

On célèbre chaque année dans cette église, la messe des bergers.

eglises aucun01

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                      Eglise d'Arcizans -Dessus




Arcizans Dessus

 Dessin de Bernard Pouthomis pour la SESV de 1980


  

Arcizans-Dessus retable

Autel 2 Aercizans-Dessus    Maître atel Arcizans-Dessus
Autel de la Vierge encadrée de saint Jean-Baptiste à gauche                                 Maître-autel XVIIIe siècle
et de saint Joseph. Les colonnes sont en bois (faux marbre). Photos J. Omnès

Gloire Arcizans-Dessus

                                                                                      Gloire de Claverie. Photo J. Omnès

Tribune Arcizans-Dessus

                                                                                    Tribune au bandeau décoré. Photo J. Omnès

 



ARRAS-EN-LAVEDAN (Arras)



L’église Saint-Martin est un mélange de roman et de gothique. Elle est recouverte par un toit d’ardoise à la Mansart avec le classique chimboulet (1) et un clocher-tour surmonté d’un clocheton. Une cloche date de 1686. La façade arrière fait penser à un site fortifié. La petite porte gothique murée sur la façade Sud, aurait été la porte des Cagots. À gauche de la porte d'entrée, présence d’un bénitier encastré monolithe en calcaire, probablement le bénitier des Cagots.
L’édifice est classé à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques depuis 1979.  
Le soir, le bâtiment est éclairé.


(1) Nom bigourdan, c'est le petit clocheton à l’arrière du toit, pour sonner l'élévation.

  Bénitier Arras
Eglise d’Arras-en-Lavedan. Bénitier dit des cagots Photos J. Omnès

     
        Vierge porche Arras              Arras entrée cagots Porte des cagots                                                     

À l’intérieur, le bénitier en marbre sur piédestal au pied de l'escalier de la tribune est de facture récente.
Le maître-autel à la romaine  en bois doré, au décor de guirlandes et de feuillages, date du XVIIIe siècle. La Vierge à l’Enfant et à la pomme en bois polychrome est du XIVe siècle. La pomme, d’après Rosapelly, était la richesse du village (1910). L'auteur devait être attiré par les pommes : la rosabelle étant une variété courante. En fait, il s'agit de la pomme, le fruit défendu du Paradis ayant entrainé la chute d'Adam et Ève.
La voûte en lambris peints a été réalisée en 1696 par Guillaume Pujo de Nay. Le retable daté du début du  XVIIIe siècle est attribué à Jean Brunelo. Il  est surmonté d’un grand tableau représentant le martyre de St Catherine, et est dominé en attique par Dieu le père tenant dans sa main gauche un globe terrestre et bénissant de sa main droite.
Le tabernacle a été sculpté par Jean Brunelo avant 1722. Sur la porte, le Christ aux liens est surmonté de Dieu le père ; sur son aile gauche, l’Annonciation, sur son aile droite, la Nativité.  Les statuettes représentent les quatre Évangélistes et leurs attributs : St Luc et le taureau, St Jean et l’aigle, St Mathieu et l’ange, St Marc et le lion. au-dessus du tabernacle, repose une statue en bois dorée d'une Vierge à l'Enfant, surmontée d'un dôme plat à godrons supportant le Christ ressuscité.
L’église possède également deux reliquaires, celui de St Martin avec la mitre d'évêque et celui de St Barthélémi.
La tribune à trois gradins, soutenue par des piliers de bois, possède une balustrade finement décorée de feuilles d'acanthe, de corbeilles de fruits et d'oiseaux.

Les chapelles latérales sont dédiées, l'une à Notre-Dame, décorée d'un retable à trois niches séparées par des colonnes lisses où la Vierge est encadrée par saint Roch et saint Antoine de Padoue ; et l'autre à saint Martin en habit d'évêque.

L'armoire à chasubles de la sacristie a été réalisée en 1679.
Clé à l'abbadiale. Visite possible en juillet et en août.

Ci -dessous, tableau avant sa restauration, de sainte Catherine du XVIIe siècle. Cliché Ministère de la Culture. Archives.

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Arras retable Arras Retable détail
Retable et détail de l'attique : Dieu le père bénissant le monde. Photo J. Omnès


      Arras siège  Arras chapelle
                                                                                  Chapelle de saint Martin.
Arras tribune              Arras fonts
                             Tribunes                                                                     Fonts baptismaux. Photos J. Omnès


Arras 5                                                          Chapelle de la Vierge. Photo J. Omnès


Arras 9
                                                     Vierge à la pomme XVe siècle. Photo J. Omnès

   Arras détail
   Dessin de la tribune.

Arras St Martin Arras St Bart
Les deux reliquaires : saint Martin et saint Barthélemi(y). Photos J Omnès

 

Arras St  
     Saint Joseph charpentier attribué à Chavauty, XIXe siècle. hoto J. Omnès

À côté de l'église, siège la tour circulaire dite de l’Abbadie. Entièrement recouverte de vigne vierge, c’est celle de l’ancienne abbaye laïque du XVe siècle, dont le corps de logis, actuel presbytère, a été reconstruit au XIXe siècle. Le beau toit pointu à six pans a été posé plus tard sur les murs abaissés. Cette tour aux murs épais (près de 2 mètres), possède une salle basse voûtée de plus de 7 mètres de haut.

 labbadiale


Il y a de nombreuses églises Saint-Martin dans le département, dont 10 dans le seul Lavedan. Mais au fait qui était saint Martin ?
Légendes sur saint Martin 

 Saint Martin  a été évêque de Tours au IVe siècle. C’est lui qui avait partagé son manteau avec un pauvre, lorsqu’il n’était que simple soldat dans les troupes impériales à Amiens. Ce qui est moins connu, c’est qu’il a été à l’origine de la christianisation et du premier monastère des Gaules.
Infatigable pèlerin, il a arpenté sa vie durant, les chemins pour extirper le paganisme et ses rites à travers les campagnes de Touraine, d’Auvergne, du Berry, de la Saintonge, de la vallée du Rhône et du Sud-Ouest. Ses combats contre l’animisme ont été rendus légendaires par Sulpice Sévère, avocat à Bordeaux, devenu moine , et surtout par son successeur à l’évêché de Tours, l’historien Grégoire dit de Tours. Martin christianisa les monuments païens qui faisaient l’objet de cultes, soit en les démolissant, comme certains temples et monuments mégalithiques, soit en y superposant une croix associée au rite chrétien. Nombreux furent les sources, les arbres, les pierres, les landes, les fontaines… devenus par transfert de religion, des sites martiniens, faiseurs de miracles. Du moins aux yeux des populations locales. En val d’Azun (et en Lavedan) les églises dédiées à ce célèbre saint sont relativement nombreuses (1). On peut penser qu’elles ont été érigées pour protéger la population de calamités diverses, en les mettant sous la protection du saint guérisseur. Pour les plus anciennes, pour remplacer un site païen. La Peyre Saint-Martin, comme son homonyme près d’Arette, a pour origine un mégalithe (ou une pierre dressée) qui a disparu depuis. Ce mégalithe est mentionné dans le censier de Bigorre de 1429. Avant sa christianisation, il faisait l’objet d’un culte païen. Malgré son « désenvoûtement » et sa « christianisation », par le marquage d’une croix, la suppression des cérémonies païennes ne mit pas fin aux assemblées des bergers locaux autour de son emplacement et aux dépôts d’ex-voto. Ce qui donna au lieu le nom de Sent-Martin de las aras (Saint-Martin des autels).

(1) Les églises Saint-Martin en Lavedan : Arbouix, Arcizans, Arras, Bun, Cauterets, Gaillagos, Geu, Marsous, Viger, Villelongue ; on peut y ajouter la première abbaye de Saint-Savin.

Précisions historiques 

La renommée de saint Martin et son pouvoir d’intercession auprès de Dieu étaient si grands que les rois de France, du VIIe au IXe siècle, emportaient avec eux la relique de son manteau lors de campagnes militaires. Saint Louis construisit même à Paris, un magnifique bâtiment pour recevoir cette relique, bâtiment qu’il appela chapelle, du nom du manteau (capella). Cette Sainte-Chapelle fut à l’origine de l’édification sur tout le territoire du royaume, des nombreuses chapelles destinées à recevoir des reliques. Mais Martin fut aussi un héros rural. Plus de 300 villages se sont mis sous sa protection, sans compter les milliers d’églises, de chapelles et de sites. Il fut aussi un héros du folklore local tant il avait imprégné la vie des paysans. Son nom fut donné à l’ours, à l’âne, à un oiseau (martin-pêcheur), à une grenouille (martinette), à l’arc-en-ciel en Lavedan et en Béarn (1), à un bâton et, c’est moins drôle, à un instrument de répression pour les enfants : le martinet. Martin est également le protecteur des femmes d’ivrognes (atteints du mal Saint-Martin). Il existe même une invocation à saint Martin (ancien soldat qui connut la violence des ivrognes) pour protéger les femmes battues.


(1) en Lavedan, l’arc-en-ciel s’appelait pourtaou de Sent Marti (portail de Saint-Martin). En Béarn, il existait d’après Lespy une expression courante : « Arc de Sent Martii bau mey et ser qu’et maytii (L’arc-en-ciel à la Saint-Martin, vaut mieux le soir que le matin) ».


Deux ouvrages

- Les Pierres Saint-Martin d’Alphonse Meillon : extrait du Bulletin des Pyrénées. Nous y apprenons que dans les Pyrénées, plusieurs pierres dressées devenues souvent des pierres-bornes s’appelaient Pierres Saint-Martin (Peyra Sen Martii). (Il y en aurait eu aussi à Cauterets et à Barèges).

- Les toponymes Saint-Martin dans nos campagnes. Texte en ligne de Jean-Mary Couderc, maître de Conférences à l’Université de Tours.

                                                                       La chapelle St Barthélemy 

Le long du chemin qui reliait Arras à Gez, appelé chemin Saint-Barthélemy après le col des Tailhades (plan cadastral 1832, section A no 122 dans la parcelle 123) se trouvait en 1562, une chapelle dédiée au saint et probablement aux jacquets en route vers Saint-Jacques. Cette chapelle a été construite par Barthélémy Mayouraou, sur l'emplacement où à coté d'un hospice plus ancien.  Le nom d'hôpital Saint-Barthélemy est mentionné dès 1379 (Annales des Sept Vallées du Lavedan de Jean Bourdette TII, p119)   De petite surface, 5 mètres sur 10 mètres, la chapelle fut vendue en 1795, comme bien national à Barthélemy Estéres de Gez. Devenue par la suite bien communal, elle ne bénéficia d'aucun entretien et bien qu'indiquée sur la plan cadastral de 1832, il ne reste de nos jours que les traces des fondations au sol. Un commencement de dégagement a été réalisé en 1981 par F. Vidaillet.
Durant les fouiles ont été mis au jour un chapelet ancien et des fragments de marbre rose
Son emplacement se trouve milieu de la carte ci-dessous : prendre le chemin de Bernicaze (centre équestre)
...Après moultes recherches vers le club équestre de Bernicaze, nous avons enfin trouvé la fameuse chapelle Saint-Barthélemy qui servait aux pèlerins sur la route de Saint-Jacques. Si un panneau a été mis (merci la mairie), en revanche il a fallu l'aide de Monsieur Lavit (du coin) pour nous indiquer où elle se trouvait, car les rares murs la délimitant étaient recouverts de ronces. Un nouveau débroussaillage s'avèrerait utile.

Chapelle 2  chapelle1
La chapelle, du moins ce qu'il en reste est juste à gauche de ce panneau, mais le site est entièrement recouvert de ronces.
Photos J. Omnès

St Barhelemy 001 2Le site après son nettoyage en 1981, par une équipe de la Société d'Etudes des Sept Vallées

Carte IGN 01




ARRENS-(MARSOUS) 1846

L’église gothique d’Arrens fortifiée avec enceinte crénelée, dédiée à saint Pierre, a été probablement construite vers 1200, mais elle a été profondément remaniée au cours des siècles à la suite des tremblements de terre, des incendies et des guerres de Religion. Le toit du clocher quadrangulaire (barlong) à lanterneaux du XVIe siècle a été  remanié au XIXe. Ce clocher fut peut-être jadis une tour de guet. L’église est classée Monuments historiques depuis 1989.
Le beau portail gothique (époque, vers 1500)  protégé par un auvent de bois est formé de deux arcs en accolade, ornés de feuilles d'acanthe, reposant sur des culots sculptés. Un diable à droite et un ange à gauche se disputent votre entrée. Le tétramorphe représente les Évangélistes par leur symbole. Les sculptures sont plus frustes que celles du tétramorphe de l'église de Luz, surtout la tête du Christ assez disproportionnée ici. Le nom du maître d’œuvre est sculpté en lettres gothiques sur le linteau : « Guillem Pey… de Casasus de Be. »
En entrant dans le cimetière, entouré d’un mur d’enceinte bas et crénelé, se trouve encastré à droite, le bénitier  improprement dit, d’après R. Rittter, des Cagots. Orné dune simple croix, Il est surmonté d’un tympan de fenêtre. Se trouve également un linteau en réemploi gravé d' un noeud de Salomon, d'après Pierre Debofle, il s'agirait de celui de l'ancien hospitalet qui se trouvait à côté de l'église de Pouey-Laün. En contournant le mur d’enceinte, vous découvrez une armoire eucharistique, réemployée en fenêtre. Elle est également surmontée d’un arc en accolade sculpté de feuilles d’acanthe. Elle est de la même époque que la porte Nord, environ de l’an 1500.

Le 18 mai 2011, fut inaugurée la fin des travaux de rénovation avec un discours fort intéressant de l’architecte Virginie Lugol, sur l’historique de l’édifice et des travaux. « Le projet a consisté à lui rendre son côté originel, sa couleur unique unifiée avec de l’enduit à la chaux et du badigeon, à lui rendre une harmonie de teintes puis à restaurer les retables du XVIIe siècle, la galerie et ses trois arches et l’éclairage… »

eglise arrens
Eglise d’Arrens.

portail arrens

arrens
Arrens, noeud de Salomon, 1591. Photo J. Omnès

Arrens noeud
https://www.retoricabiblicaesemitica.org/nodo_fr.html

  Arrens


                     Portail gothique.                                                 Tétramorphe. Photos J. Omnès

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Armoire eucharistique réemployée en fenêtre. Photo J. Omnès 


À l’intérieur, on est surpris par la grandeur de la nef unique. Un seul transept, à droite et un chevet en cul-de-four sont les caractéristiques de ce bâtiment qui couvre plusieurs époques de construction et rénovation.
Présence dans le chœur, d’un retable du XVIIe siècle, à colonnes torsadées. Sculpté entre 1673 et 1677 par Abel et Jean Forguette d’Izeste (Béarn), il encadre la statue du saint patron du village : saint Pierre (statue moderne). En attique, une tête d'ange est encadrée d'un fronton brisé qui s'entoure en volutes.
Sur le tabernacle, milieu du XVIIe siècle, une console en forme de tête d'ange supporte un "Christ aux outrages".


Dans la chapelle de gauche, trône un ancien autel roman avec les cinq croix de la consécration. Il est surmonté d'un grand Christ en bois polychrome du XIVe siècle.
Dans la chapelle de droite ou de la Vierge, le retable date de 1635, il est signé Jean Domec d’Arrens. Voir ses cartouches en haut, à droite et à gauche de l'attique.  Avec ces compartiments à niches (6) sur deux niveaux, il a toutes les caractéristiques d'un retable Renaissance. Les compariments latéraux, au fond plat devaient, selon Pierre Debofle, abriter des tableaux, avant d'être remplacés par des statues. Certaines, suite aux destructions révolutionnaires sont du XIXe siècle. Le tout est surmonté d'un attique   au fronton brisé

Également remarquables, le lutrin, la croix de procession finement sculptée et ciselée, ainsi que les bancs des consuls.       

Arrens tribune                                        Tribune. Photo J. Omnès
       

Arrens retable   Arrens Christ 2
 Christ aux outrages. Photo J. Omnès
 

 Maître-autel, retable d'Abel et Jean Forguette. Photo J. Omnès



Arrens chapelle .            Saint Jacques
                      Chapelle de la Vierge XVIIe siècle, atelier Jean Domec  et vitrail représentant saint Jacques Photos J. Omnès

Arrens autel    Arrens Christ
    Autel roman de la chapelle de gauche, surmonté d'un Christ polychrome du XIVe siècle. Photos J. Omnès              

      Arrens officiants   

       Arrens vitrine   2
                                    Sièges des officiants. Vitrine  objets religieux. Photos J. Omnès

                                               Chapelle de Pouey-Laün (Poueylaün)
Historique


La chapelle de Pouey-Laün est la chapelle au clocher-dôme édifiée sur un rocher (mont de la source) situé à l’extérieur du village. Le site est un ancien oppidum romain avant de devenir un site religieux. La chapelle édifiée au Moyen Age, servait de lieu de prière aux pèlerins de l’ancien hospitalet qui venaient en pèlerinage ou se rendaient au sanctuaire N.-D. de Pilar de Saragosse. L’origine de ces pèlerinages remonte à 1350. (Voir la légende au chapitre légendes). À ceux-ci, comme semble le prouver certaines découvertes récentes, vinrent s’ajouter les pèlerins de passage allant vers Saint-Jacques par le col de la Peyre San Marti. La chapelle a été reconstruite et agrandie au XVIIIe siècle (1684-1766), à la suite de l’important séisme de 1660. Elle a dû aussi être restaurée après le tremblement de terre de 1854.
Elle est appelée la chapelle dorée (capera daurada) du fait de ses décorations murales dorées à la feuille. Transformée en caserne sous la Révolution, puis vendue comme bien national, toutes les archives et statues, (à l’exception de deux statues (Marie et saint Roch) ont été brûlées. Elle a été remise en valeur en 1807, à la suite de l’intervention d’Hortense de Beauharnais auprès de l’Empereur. C’est l’évêque de Tarbes, Mgr Laurence, qui entreprit la restauration et confia la gestion aux pères de Garaison, comme à Héas. Il offrit au sanctuaire une relique de sainte Anne. Celle-ci donna lieu à d’imposantes processions de 1857 à 1900. Après avoir disparu, elle fut retrouvée il y a peu, dans l’un des tiroirs de la sacristie. Elle fut « remise en service » dans une magnifique châsse en bois dorée après la célébration d’une grande messe par Mgr Perrier.

Malheureusement, la beauté de l’ensemble est un peu détériorée par la présence d’un sanatorium à l’esthétique assez critiquable. Ce sanatorium, initialement préventorium pour enfants,  installé après la guerre de 14-18 dans les locaux de l’ancien noviciat des Missionnaires de l’Immaculée Conception (pères de Garaison) a été transformé en 1936 en sanatorium Jean Thébaud, puis en institut médical en 1973. C’est l’immeuble que nous voyons actuellement. C’est à cet endroit que jadis se trouvait l’hospitalet pour les pèlerins. Belle vue sur la vallée. L’été, visite guidée possible de la chapelle. Se renseigner à la Maison du Val d’Azun.

Le bâtiment

L'entrée classique avec son encadrement de marbre est surmontée d'une statue de la Vierge. Elle est protégée par un baldaquin servant de porche. Construit en 1785, effondré en 1820, le baldaquin a été reconstruit après.

 

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Porche Pouey- Laün.  Photo J.Omnès

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Chevet chapelle Pouey-Laün. Photo J. Omnès

À l'intérieur, toutes ces dorures donnent l’impression d’être dans un théâtre rococo. La tradition veut que le maître-autel soit un don de Louis XIII (1638). Le sol  en granit brut, constitué en partie par le rocher même du site,  a été réalisé au XIXe siècle par des carriers de Lourdes. La vaste tribune à balustres en forme de U où se pressaient jadis les pèlerins (hommes) a une forme rare en Lavedan (Voir Arcizans -Dessus). Le beau plafond bleu, typique de la fin du XVIIe siècle, représente un ciel étoilé. Les clés pendantes gothiques sont peintes. 
Le triple retable ou retable écran, avec quatre imposantes colonnes torses ornées de pampres, est surmonté d’un fronton où resplendit une Assomption de la Vierge entourée de têtes d'anges ; il est habituellement attribué à Marc Ferrère (1674-1758). La statue centrale de la Vierge  sauvée de la Révolution est encadrée par les statues de saint Pierre et de saint Jean-Baptiste qui lui sont postérieures. Réalisées vers 1850, elles remplacent celles détruites vers 1793.
Le tabernacle représente sur sa porte un pélican, symbole du Christ qui fait don de sa Personne pour sauver ses enfants. Le décor en quadrillage est censé être une imitation du décor de la chambre de Louis XIV à Versailles.
Les lustres ont été offerts par une famille locale en 1919.

Les retables des chapelles latérales sont dédiés à sainte Anne et saint Joseph. Le retable de saint Joseph avec colonnes torses et pilastres a été reconstitué  en 1863, avec des éléments composites dont certains sont du XVIIe siècle. La probable peinture centrale a été remplacée après la Révolution par une statue du saint.
Le retable de sainte Anne représente Anne tenant la Vierge dans ses bras. Elle est encadrée de deux bas-reliefs représentant l'Enfance et l'Education de la Vierge  Il a été entièrement refait après les dégradations de la Révolution  par un sculpteur local, Pierre Soustric. 
La sacristie abrite des bahuts en bois sculpté.

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Tribune de la chapelle de Pouey-Laün. Photo J.omnès

chaire pouey laun Photo J. Omnès
Chaire de style rocaille, comme le confessionnal. On ignore le nom du sculpteur, mais peut être les plans viennent de Jean II Ferrère, auteur de sièges de célébrants en 1766.

maitre autel arrens2
Maître-autel. Photo J.Omnès

chapelle pouey laun


benitier pouey laun
Bénitier Pouey Laün. Photo J.Omnès




 

Pouey-Laün, chapelle Sainte-Anne. Photo J. Omnès                                                                                                                                              

            

L'oratoire Saint-Roch

Chapelle située sous l'église de Pouey Laün, son linteau en pierre noire est daté de 1753.


Saint Roch 5 St Roch 1                                                                                                 
St Roch 2 2
À travers le grillage, autel dédié au saint  


 

(ARRENS)-MARSOUS (Marsons)

Reconstruite entre 1750 et 1757, avec des éléments anciens des XIIe et XIIIe siècles, l’église St-Martin de Marsous avec son clocher-porte barlong a été l’objet de nombreux remaniements au XIXe siècle, à l’extérieur comme à l’intérieur. Au-dessus de la porte XVIIIe siècle, une pierre en réemploi est gravée d'un triangle incluant un ciboire avec l' inscription MANHV. Elle est encadrée  par deux svastikas.
Seuls, le chevet avec ses deux fenêtres côté rue, les piliers et les arcs en plein cintre sont d’origines romanes.
De larges baies vitrées ont été percées aux XVIIe et XVIIIe siècles. Le clocher-porte date du XIXe siècle, une cloche est datée 1710, avec l'inscription In nomine Domini Jhesu Christi, tempestati sono et Deum laudo. 

  Marsous  2
               Église Saint-Martin de Marsous

Marsous claveau

À l’intérieur, le retable principal du maître-autel en marbre de Bagnères, en trois parties séparées par des colonnes cannelées a été reconstitué au XIXe siècle, avec des éléments du XVIIe siècle. Il est composé au centre par une statue de la Vierge à l’Enfant du XIXe encadrée par deux panneaux plats abritant deux grandes statues sur console : saint Jean-Baptiste et un saint évêque que l’on pense être saint Martin.
A l'attique, les frontons tronqués  abritent une boule en leur centre.
Le tabernacle tout blanc, genre temple antique est du XIXe siècle. Un plafond à caissons de type Renaissance couvre le chœur. La chaire du XIXe siècle serait de Soustric, menuisier local.

Marsous plafond

Marsous maitre autel    Marsous St Jean
                              Maître-autel. Détail saint Jean-Baptiste. Photos J. Omnès

Les dossiers des sièges des desservants sont tapissés de cuir de Cordoue. Ils datent du XIXème. Les tableaux du XVIIe sont de Joseph Dussarat (ou de Sarrat) peintre d’Orthez. Ils représentent saint Michel au jugement dernier et l'Apparition de Notre-Dame del Pilar de Saragosse (N.-D. du pilier) à saint Jacques. Il date de 1680. Commande du 22 février 1660, pour la chapelle voisine Saint-Martin détruite en 1750, sur ordre de Mgr de la Romancière. Trois toiles furent récupées, ces deux plus une Assomption que nous n'avons pas triouvée avec  la statue de saint Martin. Objets mentionés par Annette Parrou dans le bulletin de la SESV de 1980, page 135 (Voir aussi ADHP Echo de Bigorre du 11 décembre 1954..

Les chapelles latérales sont dédiées, celle de gauche à la Vierge et celle de droite à St Etienne.
Celle de droite possède un beau retable du XVIIIe siècle de l'atelier Jean Claverie qui représente le martyre de saint Etienne dans un tableau de Joseph Dussarat. Il est encadré par deux imposantes colonnes torsadées aux décors de grappes et d’oiseaux. Les ailerons sont plus tardifs. Le tabernacle du XVIIIe provient aussi , semble-t-il, de l’atelier lourdais de Claverie. Sa porte est ornée du motif de la Trinité entouré d'une frise de volutes.
Celle de gauche (de la Vierge) possède un retable compartimenté en trois  loges, surmontées d'une quatrième, façon Renaissance. Les compartiments décorés chacun d'un tableau, sont séparés par des colonnettes. Le tableau du centre caché par une Vierge à l'Enfant, pourrait représenter l'Adoration des bergers ; au-dessus à l'attique, une Vierge couronnée et sur les côtés, à gauche, une Annonciation et à droite, saint Joseph. À la base d'une des colonnes de droite, au niveau du tabernacle, une  sculpture d'un inhabituel saint Jacques au turban. Ici,  à Marsous comme à Cotdoussan, cette représentation très rare de saint Jacques avec un turban, date de la Bataille de Vienne du 12 septembre 1683 sur la colline du Kahlenberg qui mit fin à la menace ottomane en Europe centrale. A l'attique, un fronton brisé termine le retable. 

 chapelle saint-etienne
Chapelle Saint-Étienne. Tableau de Joseph  Dussarat. Photo J. Omnès

Marsous tableau 3
Martyre de saint Etienne de  Joseph Dussarat  1660-1680 ?    




Marsous St Jacques en oriental   Marsous joseph                                Saint Jacques au turban et saint Joseph  avec le lys de la pureté ?                                                                          


Marsous autel

Chapelle de la Vierge 
Marsous Vierge 3
Détail Vierge à l'Enfant. Photo J. Omnès



nef eglise marsous
Nef de l’église de Marsous. Photo J.  Omnès


Vierge


L'apparition de N-D du Pilar à saint Jacques, toile de Joseph  Dussarat, 1680 (commande du 22 février 1660). Le sujet commémore l’apparition à l’apôtre  Jacques, en 39 après J-C, de la Vierge, debout sur un piler de jaspe et entourée d’anges. Elle lui demanda alors de construire une chapelle en son honneur à l’endroit de l’Apparition. Ce fut la chapelle devenue par la suite, la basilique Nuestra señora del Pilar de Saragosse. Le sujet fut repris par Nicolas Poussin en 1629 et par Dussarat. Le blason sur le poteau est probablement celui du donateur. Les hommes l’entourant sont de pèlerins en route pour Santiago et se reposant aux  pieds de la Vierge, avant de repartir.


Marsous saint Michel
Saint Michel  au jugement dernier Joseph Dussarat  1660-1680

   Marsous siège                                benitier marsous                                                                                                  
Siège de desservant tapissé de cuir de Cordoue                                Bénitier . Photos J. Omnès  


                                                         Chapelle Saint-Martin


Enfin, grâce à Jean-Marie Prat d’Aucun et son plan, nous avons pu trouver les traces et de la source et de la chapelle. Il ne reste pas grand-chose et tout est recouvert d’herbe et de fougères. Elles atteignent parfois la hauteur d’un homme. Il faut y aller l’hiver.

Cette chapelle mentionnée au XVIe siècle dans un testament de 1575 et dans un don en 1750 (de Domenge Gea de Sarthe) est située sur les hauteurs du village. Elle se devait selon les règles de l’époque être visible du clocher de l’église paroissiale. Sa position sur un replat permet d’avoir une belle vue sur Marsous. Il s’agissait en fait d’un ermitage doublé d’une chapelle où les gens venaient en procession. On peut imaginer la vitalité de nos ancêtres, car les pentes sont abruptes. Détruite sur ordre de l’évêque en 1750  pour des raisons que nous ignorons, elle a disparu des mémoires collectives et des plans modernes, mais la proximité de la source éponyme reste un élément pour la connaissance des lieux. L’ermite avait bien besoin d’eau pour se désaltérer, comme saint Savin à Uz. Il semble qu’aucune fouille n’ait été faite des lieux.

St Martin 5  Les fondations sont invisibles sous la végétation mais sur la droite, forment un angle ; l'intérieur du rectangle est plus bas que le milieu environnement.

St Martin 7
Les fondations sont près de l'arbuste, en haut : la crète mentionnée sur le plan

Pour y accéder


Le chemin a partir de Marsous  semble peu commode, nous avons privilégié celui à partir de la route du col de Couraduque. Après la canadienne et le pont, c’est sur la gauche au moment où la route tourne en épingle de cheveux. Le départ est obstrué par une barrière et une grange transformée en maison. En les dépassants, on se trouve sur un chemin forestier. Arrivé au bout, en prenant un moment, le chemin de gauche, la forêt s’arrête ainsi que tout tracé,  probablement recouvert par  les fougères. La source est à 300 m dans un petit bosquet. Puis, les restes des ruines peu visibles, plus loin sur une terrasse dominant la vallée, au pied d’un arbrisseau. C’est le creux régulier en rectangle qui permet d’avoir une idée des emplacements.

Marsous                                                Plan Cassini XVIIIe siècle

jm0003
Le plan de J-M Prat d'Aucun

  Lire  A.D.P.H. Echo de Bigorre 11 décembre 1954.                                        

 




AUCUN

eglise aucun

Entrée gothique
Aucun entrée
Entrée romane

Aucun chrisme 2    Aucun chrisme           Chrismes frustes, l'agneau pascal ressemble à un âne. Photo J. Omnès              

aucun ange    Aucun vierge                                                             

chevet aucun 
Le chevet à modillons
modillon Aucun 001                                             
Détail                                                                                 

L’église paroissiale Saint-Félix de Gérone est du XIIIe (1234) siècle avec des transformations au XVIIe siècle. Restaurée en 1960, elle a été classée Monument historique en juillet 1922. En fait, elle a pris place sur une église plus ancienne. Probablement la première église du Val d'Azun, car Aucun était le siège de Archidiaconé et abritait une faderne, bâtiment primitif de l'organisation de l'Eglise en Bigorre.

Sa structure est assez complexe, car il y a pratiquement deux bâtiments en un seul : l'ancien implanté Nord -Sud et le plus récent du XVe siècle orienté Est-Ouest (orientation classique). D'où le déplacement de l'entrée et la condamnation du portail roman.
Cette église possède un chevet polygonal (XVe siècle) et un second, le plus ancien, roman, semi-circulaire, situé au sud avec sa corniche à double rang de billettes (les petits carrés), soutenue par des modillons sculptés. Nous pouvons distinguer un oiseau, un hibou, un mouton.
Le portail à chrisme s’ouvrant à l’origine sur le sud (devant la route) et qui n’est pas sans rappeler celui de Sère, est décoré de modillons sculptés dans le calcaire. Le chrisme sur tympan fracturé,  de petite dimension, (69 cm) est encadré  de deux cercles gauchement esquissés : l'un entourant l'agneau de Dieu qui ressemble à un âne, l'autre la colombe de la paix et deux oiseaux. Les chapiteaux gothiques soutenus par des colonnettes de marbre rose et blanc représentent d'un côté la Vierge et de l'autre l'ange de l'Annonciation.       

         Aucun Tympan

Aucun St Felix

Le portail d’entrée gothique se trouve à présent à l’ouest ; on y accède en traversant l'espace qui abritait le petit cimetière dont les tombes ont été exhumées en 1963.  Devant la façade, sont exposés des blocs d'une fenêtre ogivale gothique provenant de la maison avec la tour carré à l'entrée du village et un petit chrisme sur une dalle, de 54 cm de diamètre à l'alpha inversé. Voir la photo ci-dessous.
Le panneau de présentation a été réalisé par le S.M.D.R.A. Pour information : les Cagots d’Aucun vivaient au hameau de Terre-Nere ou Terrenère, à proximité.

Aucun fenêtre 1 
Remarquable exemple d'une fenêtre historiée du XVe siècle provenant de la maison à la tour carré à l'entrée du village, probable maison templière. Il parait qu'il faut lire les cartouches de droite à gauche, influence arabe ? La colonne centrale a été volée vers 2000.
Ritter a réalisé un dessin de cette belle fenêtre dans l'ouvrage de Lourdes à Gavarnie. Voir ci-dessous. 




Aucun fenêtre0008 3

Aucun pierre du bas 2

Cartouche 1 : un cavalier
Cartouche 2 : un chrétien avec une biche
Cartouche 3 : deux hommes se donnent la main. L'homme à droite est armé d'un cimetère porté à la ceinture, il est couvert d'un turban
Cartouche 4 : Un lion, seul animal que les Templiers (il s'agirait d'une maison templière) pouvaient chasser. Au bas, deux petites têtes de Templiers.
Explications fournies par Patrick Ferrant et Jean-Marie Prat


Aucun chrisme
                                                                                                        Chrisme, origine inconnue. Photo.Omnès

Aucun


À l’intérieur, très beaux fonts baptismaux en calcaire noir, sur pied, sculptés au XIIe siècle, représentant  des animaux, une scène de chasse à courre, la fête, un mariage, un tailleur de pierre  dans son atelier entouré de ses outlls avec plusieurs personnages dont un joueur de hautbois(clari), un joueur de cornemuse(cabrette), un acrobate marchant sur les mains, un cavalier tenant une pique et sonnant de la corne, le tailleur de pierre , un chien accroupi...
On peut noter que la cabrette était très courant au Moyen Age dans notre région, elle a totalemnt disparu

De même facture, un bénitier également en calcaire noir, sur pied, couvert sur deux bandeaux, de sculptures naïves : une suite d’animaux sauvages et domestiques, un cavalier, une chasse à l'ours et un arbre aux deux chèvres. Image classique que l’on trouve jusqu’au XVIe siècle sur les linteaux de fenêtres de la vallée.
Présence d’un antependium (nappe d’autel) en cuir de Cordoue, offert par Maître Jacques Noguez en 1713, et provenant d'atelier toulousain.
Magnifique retable en bois doré représentant le martyre de saint Félix. Il est attribué par certains auteurs à l'atelier Claverie de Lourdes, d'autres l'attribuent aux maîtres sculpteurs d'Izeste Abel et Jean de Laforguette (1). Il est composé d'un tableau sculpté en demi-relief et peint évoquant le martyre du saint  attaché à la queue de deux chevaux. Il est encadré de deux paires de fausses colonnes lisses de marbre rouge surmontée par deux anges. En attique, la colombe du saint Esprit domine l'ensemble. Le retable a été restauré en 1963.
Le tabernacle, l'un des plus beaux de Jean Brunello de Tarbes, réalisé en 1713. Il est composé de trois panneaux séparés par des colonnes torses : un véritable retable en miniature. Sur le panneau central, sur la porte, nous avons Moïse priant dans le désert, image récurrente de l'art de Brunel(l)o. Sur les panneaux latéraux séparés par des colonnettes torses, nous avons la Nativité à gauche et l'Adoration des Mages à droite (voir photo dessous). Les niches entre les colonettes abritaient huit statuettes  : saint Pierre et saint Paul les plus grandes, le quatre évangélistes et deux anges. Elles ont été enlevées par précaution contre les vols. Un repositionnement pour une photo serait souhaitable.
À droite, chapelle romane  dédiée à saint Blaise, en cul-de-four est percée de trois ouvertures en plein cintre, fortement ébrasées. Chacune est encadrée par deux colonnettes de marbre rouge de Campan. Ces colonnettes sont surmontées de chapiteaux épannelés (dégrossis). Sous la fenêtre de droite se trouvait une petite armoire abritant une "piscine" qui servait à laver et purifier les vases sacrés et les mains du prêtre.
À gauche, chapelle latérale du XVIIe siècle dédiée à la Vierge. Elle est décorée d'un tableau représentant l'Assomption. Celui-ci est encadré par deux paires de pilastres dont les niches intermédiaires abritent des  statues un peu disproportionnées par rapport à l'ensemble. Le plancher initial a été remplacé en 1961 par un dallage.
La tribune a été réalisée en 1705, par les Cagots de Terrenère, hameau d'Aucun.
L'église abritait au moins deux confréries, mentionnées dans des testaments (2), celle de Saint-Blaise  en 1576  et  celle du Saint-Sacrement en 1653.

(1) Acte notarié de maître Noalis d'Arras de 1675.
(2) Testaments de maîtres Pontis de Clos de Marsous et de Pierre Berges d'Aucun.


      Aucun retable central

 

Retable de Claverie ou des maîtres scupteurs d'Izeste, martyre de saint Félix. Photos J. Omnès  


Aucun retable 3   




Aucun tabernacle

Tabernacle Brunello

Magnifique tabernacle de  Jean Brunel(l)o. Les statuettes dans les niches rouges ont été enlevées par sécurité. Huit statuettes saint Pierre saint Paul les quatre évangélistes et deux anges adorateurs plus une croix qui se trouvait au-dessus du tabernacle.


Aucun saints
Les évangélistes encadrés de deux anges stockées dans un lieu sécurisé. Photo J. Omnès

Aucun saints 3
La huitème statuette, saint Paul ? , la plus expressive. Photo J. Omnès
Dessous l'adoration des rois mages.

Aucun retable


antependium
Antependium. Photos J. Omnès

font baptismal
Fonts baptismaux. Photos J. Omnès

Aucun fonts
Fonts baptismaux. Photo J. Omnès


Cuve baptismale

Représentation sur trois niveaux des personnages des fonts baptismaux. SESV Lavedan et  Pays toy, 37

Aucun Bénitier     

Aucun bénitier 2

Bénitier monobloc . Photos J. Omnès



                                                                                         


Aucun chapelles                              


Aucun fenetre


Aucun chapelle
Chapelle de la Vierge
Aucun Vierge
aucun. St Mar 

Saint Blaise, ses deux bras ont été volés, ne restait que sa crosse d'évêque

Saint Blaise
Saint Blaise avec sa crosse, la seconde main pouvait tenir selon l'iconographie classique un cierge. Photo J. Omnès



Aucun ostensoir
Aucun bannière  


Croix
Croix processionnelle sur son socle, elle représente les quatre Evangélistes sous leur forme symbolique. Cette croix se trouve au Petit musée, à côté. Photo J. Omnès

                                                AUCUN ET SON COFFRE DE FABRIQUE

Nous apprenons sous la plume de Thibaut de Rouvray dans le bulletin 49 de 2018 de la SESV, l’achat par le conseil général à la salle des ventes de Pau, d’un coffre de confrérie du XVIIIe siècle. C’est dans ce type de coffre que les fabriques qui géraient les paroisses y mettaient leurs documents  titres et papiers divers et parfois l’orfèvrerie.

Descriptif
Rectangulaire de 114 cm X 46 cm et 61 cm de haut,  en noyer et  aux panneaux chevillés, il est orné d’une serrure de fer plat à la forme d’un écu renversé, sur laquelle est  inscrit en ajouré : ME FECIT IP TARRIEU ANNO 1703. (Tarrieu m’a fait en l’an 1703). Il s’agit du curé de l’époque qui a commandé le meuble  (Cela rappelle « le Fébus m’a fait » pour le château de Montaner). Ce genre de coffre à double ou triple serrure était courant tant dans les paroisses que dans les confréries civiles et religieuses. Les serrures multiples nécessitaient la présence des deux ou trois principaux responsables pour l’ouverture.  Ceux-ci d’après l’édit royal de 1695, étaient à trois serrures : pour le curé, le marguiller et le procureur fiscal Nous pouvons admirer plusieurs de ces coffres à trois clés en Bearn et à l’église de Cotdoussan où il sert également de coffre à oboles. Ceux à deux clés nous semblent plus rares, sauf semble t’il en Bretagne. Mais l’intérieur souvent cloisonné avec des compartiments pouvait aussi nécessiter différentes clés.

Origine
Un léger problème concerne l’origine de ce coffre dans la mesure où il n’y avait pas de confrérie lors des visites pastorales de Haute-Bigorre en 1781. Il y avait cependant d’après Annette Parrou (1) en 1650, une fabrique à la chapelle Saint-Roch, située à l’est de Berganton (Terranere) qui, d’après nos recherches, était la chapelle des Cagots. Cette chapelle a reçu plusieurs dons mentionnés dans les minutes de notaire Pierre Bergès, maintenant aux A.D.H.P. Ce coffre viendrait-il de cette chapelle ?
Annette Parrou mentionne également une confrérie Saint-Blaise en 1576 à Aucun . On peut penser qu’il s’agit d’une des chapelles primitives du XIIe siècle  à l’intérieur de l’église paroissiale,  détrônée (avec celle de Saint-Joseph), par Saint-Félix.  Mais cette chapelle d’église est encore mentionnée en 1610, lors de la prise de possession de la chapellenie médiévale la concernant, (2), par Mathieu Crodey (3) Etait-elle à l’origine du coffre ? Aurait-elle disparue au XVIIIe siècle. En fait, lors de la Révolution française les biens ecclésiastiques  furent vendus et éparpillés au quatre vents.

Historique récent
Toujours est –il que ce coffre se trouvait dans le bâtiment de l’actuelle mairie appelé la maison des Américains et qu’il fut donné par son propriétaire Monsieur S. au menuisier ébéniste du village Jean-Marie Prat qui l’a restauré, surtout les moulures du bas, vissé des roulettes et mis aux enchères en 2012 à 200 € chez Maître Adam à Tarbes. D’après lui, les brûlures de la moulure supérieure viendraient de son « baptême ». C’est ainsi parait-il que l’on  baptisait la naissance de tel meuble.
Son éventuelle venue ou possible retour dans l’église paroissiale serait une excellente nouvelle.

(1)  Bulletin de la SESV de 1980 page 135
(2)  acte de bénéfices ecclésiastiques
(3)    Minutes de Maître Lacrampe A.D.H.P. 

Coffre Aucun


Coffre Aucun 2
Photos J.-M. Prat d'Aucun

                               Chapelle Saint-Roch et les cagots d'Aucun


 Terranere


Il est d’usage d’attribuer le terrain d’atterrissage du deltaplane à droite du carrefour de la route qui va à Bun, au cagots le site avec le cimetière et le hameau (disparue) dans son environnement proche. Cette affirmation véhiculée par nombre de plaquettes et brochures est, semble t’il, fantaisiste. Et ce, pour plusieurs raisons : l’endroit est sous le vent sans aucune protection et loin de toute source d’eau et lors d’aménagement de la route il n’a été trouvé aucun squelette. Mais son implantation à Terranère est semble-t-il exacte, sauf qu’aux époques anciennes Terranère était composé de plusieurs lieux-dits : Las Coumes, Peyrasoubes, Garcie, Berganton et une partie de Bazaillac. Voir carte Cassini XVIIIe siècle et carte d’État-major 1865 revisité en  1900.

Aucun Cagots                                                 Ancien plan IGN, prsence de la chapelle.
Après recherche de carte ancienne et lecture de testaments des pestiférés d’Aucun chez Maître Pierre Bergès en 1653-54 (1), il est mentionné une chapelle Saint-Roch non répertoriée dans les registres paroissiaux, mais qui existait bel et bien du fait de plusieurs dons notariés chez l'avocat cité, dont le testament du 6 juillet 1654, de Domenge Vergez  qui laisse 9 sols pour la réparation du porche, le 8 juillet 1654, de Guallardine du Gai d'Aucun qui évoque la chapelle et porche de Monseigneur Saint-Roch "aux arbres" et de Magedeleine de Miaux qui offre un louis pour la réparation de la dite chapelle. 
Le 12 septembre Jean Dors fonde un cantage à perpétuité. Et le 21 juin en 1655 Antonia d'en Maure un cantage annuel sous l'évocation de Saint-Roch (Voir étude faite par Madame Parrou pour la SESV de 1980, page  135.)
La chapelle Saint Roch y est décrite comme la chapelle aux arbres de Noé (2). On peut penser que le nom de Noé lui fut  adressé vu l’ancienneté des chênes de son environnement. Aucune mention de cagots ou de gésitains ou crestias n'est mentionné dans les actes..

Il s’avère très certainement que cette chapelle était le centre du hameau des cagots, entre deux sources-fontaines au nord et au sud  rendant actuellement le terrain marécageux mais permettant d’avoir des zones propices aux ablutide 1980.ons (3). La chapelle se trouve au nord de la « houssat deous cagots (la fosse au cagots) » (4), bien connue des chasseurs de bécasses. D’après Michel Fabre (Le mystère des cagots) les lieux  abritaient  huit feux
Actuellement
De ce hameau  et cimetière il ne reste plus rien, seule la chapelle au milieu de bois propriété de Monsieur Bazillac est toujours visible. Son ampleur et sa direction Est- Ouest indique bien que ce n’était nullement une grange. .Elle sert toujours de chapelle, lors de camp de jeunesse (Le nid Montagnard), d’où son incontestable conservation. Sauf, que depuis peu, sa porte décorée de clous a été volée.
Pour y accéder 
Prendre la route d’Aucun à Bun et se diriger vers la colonie des Cimes, après l’avoir dépassé prendre à 200m un chemin qui donne accès, en descendant,  à 100 m à la chapelle. Présence de chevaux et de barrières électriques. Propriété privée de Monsieur Olivier Baraniak de Pau.


Aucun chapelle 3                                                   Photo J. Omnès juin 2018

Aucun chapelle 6

Aucun cagots 3  Aucun cagots 2

Porte volée en 2014 Analyse des inscriptions par Jean-Maris Prat qui y voit des pattes d'oie.
Photos J-M Prat.

Aucun chapelle 5 2
Inscription des habitués des camps de vacances du Nid montagnard

1)  Minutes de Pierre Bergès, notaire à Aucun en  1654-55, déposées aux A.D.H.P. 3E44/328 (1655).
(2)  René Escaffre dans son ouvrage sur la Peste, page 46 (SESV) a transformé arbre de Noë en arbre de Noel ? en y voyant un rapport éventuel  avec les sapins ? Or les sapins n’ont été introduits dans le monde de Noël que très tardivement de même que les sapinières localement.
(3)  Jean-Marie Prat de Bun  qui évoque la présence de bassins se demande s’ils servaient aux cagots pour soigner leurs éventuelles plaies de la peau comme aux bains de Cauterets.
(4)  Parcelle 483, ex 291 du plan cadastral

Me Berge                          Minutes de Pierre Bergès, beaucoup de difficultés à déchiffer. Photo J. Omnès

Aucun arbre de Noe                                                                   Arbres de Noé ?

Aucun visites Visite des lieux en 11991 (août) de gauche à droite : Alferd Ramond, Auguste Labarthe (béret), François Lalanne et Luis Savez (bob blanc). Pjhoto de J.-M. Prat
                            

 



                                                                                          BUN

 

eglise bun
Église de Bun

L’église Saint-Martin,  récente (1903-1904), est située en face de l’emplacement de l’église romane du XIIIe siècle, mais a conservé l’ancien maître-autel de l’église précédente (XVIIe siècle). Pendant des siècles et jusqu'à la Révolution , elle a été administrée par l'abbaye de Sant-Savin. Devenue vétuste se reconstruction fut jugée nécessaire. En attendant la nouvelle église, les cérémonies se déroulaient dans une grange (grange Lacaze). .
Une subvention d’État, un crédit et le travail bénévole des paroissiens ont été nécessaires pour la construire. Les travaux ont été supervisés par le curé Lousteau à l'origine du projet. 

À l'intérieur, le retable baroque de l’église antérieure est de Jean Brunelo. Nous pouvons y voir Dieu le père portant un globe. Le tabernacle est encadré de colonnes torses et par saint Pierre à gauche et saint Paul à droite. Il représente dans la partie centrale, le Christ du Vendredi Saint (Ecce Homo), liens aux poignets et couronne d'épines, bordé à droite par la scène de l'Annonciation et à gauche par celle de la naissance de Jésus. Deux volutes latérales terminent l’ensemble. Lors de la Révolution, les cinq cloches ont été descendues et deux enterrées. Après la tourmente révolutionnaire, une seule a été retrouvée, elle date de 1552 et orne à nouveau le clocher avec deux autres (1893 et 1965). La seconde cloche n’a jamais été retrouvée.

retable de Bun       Saint Martin
                  Tabernacle de Jean Brunelo. Photo J. Omnès             Saint Martin. Photos J. Omnès

Maître -autel Bun Retable 2 Bun

                                                         Maître-autel baroque (faux marbre)                                                     

En 2004, la réhabilitation du presbytère, sur le côté droit de l’église, a permis de redécouvrir des ouvertures gothiques, dont une fenêtre à colonnette, avec un décor qui évoque le sceau de l’Ordre des Templiers (temple de Salomon à Jérusalem), d’après l’artisan Jean-Marie Prat.

Bun 1     bun
Symbole des templiers ?


                                          Chapelle Saint Antoine (Antoni)

Les ruines de cette chapelle se trouvent au sud du village près du sentier qui rejoint les crêtes du Pic de Pan.
Elle figure sur les cartes Cassini.


Bun 5

Située au sud du village, vers les hauteurs par l'ancien chemin pastoral qui a servi non seulement aux transhumances, mais aussi aux insoumis de 1914-18 et aux STO fuyant la France. On passe devant une croix de mission daté de 1949, peut être à leur mémoire ? Il reste une partie de fondations orientés est-ouest d'environ 4mX6 m (à vérifier). Près des ruines, une fontaine naturelle d'où suinte de l'eau. A ma connaissance il n'y a jamais eu de fouilles. La présence de cette chapelle est un nouvel exemple de l'existence de chapelles à l'extérieur de la plupart de nos villages. Elles servaient aux processions des rogations, des fêtes locale religieuses et peut être parfois aux pasteurs qui n'avaient pas à descendre jusqu'au village pour prier. D'après Annette Parrou, bulletin de la SESV de 1979,page 77, cette chapelle (avec celle d'Arras consacrée à Saint Barthelémy) aurait été  doublé d'un hôpital. Etonnante information car on ne voit aucun reste de fondation.
A Marsous proche, nous avons également une chapelle, hors du village, la chapelle Saint-Martin. Presque toutes ont été abandonnées à la Révolution ou vendues comme biens nationaux et ont servi de carrières de pierres pour les maisons voisines.

Bun St Antoine  Bun croix 2 2

Bun chapelle 1 3 Bun chapelle 3 2


Bun chapelle 2


                                        ESTAING (Estanh) crée en 1836


Ce village dispersé était formé par la Bat de Bun et la Bat d'Aucun. Suite à une pétition au Directoire, le 17 prairiel de l'an III, les habitants purent construire une église doublé d"un cimetière. Commencés en 1796, les travaux ne furent terminés pour l'nauguration qu'en 1822. L'église est donc de construction récente et  présente un mélange d'imitation romane et gothique. Eloignée du village, située sur un plateau, elle a été dédiée à saint Jean-Baptiste. Son clocher-tour carré abrite un porche à deux voussures avec inscriptions, de style roman 
À l'intérieur, le maître autel est en bois peint, il est surmonté  de quatre colonnes de bois abritant une statue de saint Jean. Encadrant l'autel, deux statues d'anges adorateurs. Les deux grands tableaux représentant saint Blaise et saint Martin ont été offerts en 1905, par la famille Fauret.


  Estaing chevet 
estaing église
 




                                                                               FERRIÈRES (Herrèra)

 

Nous savons qu'en 1711 se trouvait, une église dédiée à saint Pierre et saint Paul,  à l'emplacement de l'actuelle qui a été construite en  1931. L'importance de cette église au clocher polygonal, par rapport aux nombre de paroissiens, vient de fait, que depuis la fermeture des mines, la population a grandement diminuée. Elle était de plus de 800 en 1860 pour descendre à une centaine de nos jours.



Ferrière église Ferrière


Ferrières  2 Retable de l'ancienne église ; en attique, les armes de Pierre, premier évêque de Rome

A côté de l'église paroissiale, cette belle maison de pierre apparente, avec son petit clocher sur le toit, abrite une chapelle de l'Eglise (orthodoxe) autocéphale syriaque de Malabar ou prieuré Sainte-Marie-Saint-Antoine le Grand.

Ferrière   Ferrières 2 2
                               Intérieur.Cliché J. de C




                                                                                           
                                          GAILLAGOS (Galhagòs)

 

L'église romane Saint- Martin de Gaillagos est de construction très ancienne, probablement du XIIIème siècle, mais elle a été très restaurée aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles (1840-1890). Elle a perdu toute son authenticité. Le linteau est marqué 1819. Pendant un certain temps le patronage de l'église fut donné aux moines de saint-Savin, c'est leur abbé qui nommait le curé.

 À l’intérieur,  belle cuve baptismale romane sculptée. Très belle chaire baroque, c'est tout ce qui reste de l'ancienne église. le maître autel est en marbre de Bagnères, il est surmonté d'une croix en cuivre doré et de la statue de saint Martin (don de Lanusse-Fontan). Dans un coin, sous l'escalier, un buste de saint Martin en bronze, oeuvre du sculpteur local J-J Abdallah. D'après Pierre Debofle, il se trouvait sur la place proche.

eglise gallagos
Église de Gaillagos

  Gaillagos bénitier
                                                  Bénitier Photo J. Omnès

Gaillagos retable


Gaillagos tabernacle


Gaillagos fonts  
                                                                     Fonts baptismaux romans 
                               Gaillagos chapelle                   


                                             

  


            Chapelles     Gaillagos chapelle droite

                                                                                               Saint Joseph
     Gaillagos tribune  Abdallah 2
                                                                 
 Saint Martin par J-J Abdallah         


       
                                                 SIREIX(Sireish)

Cette église dédiée à saint Jean-Baptiste a été construite en 1944-1946, par le curé Samaran, après un incendie le 28 mai 1944, dimanche de la Pentecôte, qui a ravagé la précédente d'origine médiévale. Elle est due à l’architecte lourdais René Abadie. Elle a cependant conservé l'architecture ancienne du clocher-mur. L'origine de l'église est très ancienne. Elle remonte au moins au XIIe siècle lorsque les cadets et cadettes d'Arras vinrent s'installer sur les terres de "Sirèch" appartenant au seigneur du doumec Montperlé d'Arras. Ils construisirent une petite église pour la vingtaine de foyers que comprenait alors le village naissant qui prit le nom de Sireix.
À l'intérieur, belle voûte en lambris. Une fresque réalisée en 1946, par un peintre parisien, Mr Crevel décore le chevet. Elle représente le Christ baptisé par Jean-Baptiste.

Sireix .Photo Loucrup65

                                                                                                               

 Sireix plafond  Sireix

                                                                          Photos J. Omnès
Sireix autel

  

Sireix tableau

Sireix signature

Sireix chapelle 1 L'une des deux chapelles latérales.