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           Costumes           Costumes pyrénéens, litho de?  A droite, bonnet phrygien en laine de bure marron du Barégeois, celui du Catalan derrière est rouge et retombe sur l'épaule, les bérets des musiciens sont proches de ceux des Béarnais de la vallée d'Ossau, les citadins ont des chapeaux. Les femmes portaient des capulets rouges à liserés noirs.  
                                     PS : POUR LE BERET VOIR PATRIMOINE ARTISANAL

         Les vêtements généralités. Monographie de l’instituteur d 'Aucun, Val d'Azun, 1887.

« Le costume est très simple, les hommes sont habillés de bure presque toute l’année : cela tient à la rigueur du climat et aux habitudes contractées ;

Le dimanche, ils ont tous un costume de drap bleu légèrement pointillée de rouge, qui se fabrique à  la maison même et qui s’accorde parfaitement avec leur béret bleu béarnais. C’est un drap bon teint, très solide qu’on peut laver et qui a un cachet réellement original. Il est aussis très apprécié de l’étranger qui voyage dans notre contrée.

Les femmes portent un mouchoir comme coiffure, et même les jeunes filles. Le dimanche à la messe, elles sont toutes sous le capulet blanc ou rouge, ou bien un capuchon noir si elles sont en deuil.

Les hommes dans la mauvaise saison, mettent pardessus leurs habits, une espèce de manteau appelé cape, à cause de sa ressemblance avec la robe des capucins. Ils la portent aussi en plein été quand ils sont en deuil.

Les jours ouvriers, ils sont des tricots de laine qu’ils trouvent plus commode pour le travail des champs ; les blouses béarnaises leur sont inconnues »

costume Bigorre

LES VETEMENTS DE HAUTE- BIGORRE

Les tissus d’origine étaient le lin (tissage du coutil) et  la laine (tissage de bure), et avec la trame de laine sur chaîne de lin nous avions un tissage de droguet ; progressivement avec l’arrivée de curistes furent introduits le coton et la soie pour les plus riches.  

Les vêtements,  vu le climat, ils devaient être chauds, solides pour les travaux aux champs et pas chers, car les montagnards étaient pauvres.

Pour les femmes, ils étaient composés de :

-        sous- vêtements de lin  (coutil) comme  la culotte fendue ou eth pisha-dret, le jupon avec ou sans dentelle ou eth jupon et la chemise longue avec manches ou era camisa.

-        vêtements avec une jupe longue à rayures plus épaisse eth cotilhon  protégée par un tablier ou davantau. L’hiver elles ajustaient une robe longue  en droguet ou era pelha. Celle –ci pouvait être unie ou à rayures vives. Le corsage ajusté était à manche courte. Un châle recouvrait souvent les épaules.

-        Les jambes étaient protégées par des bas ou des chaussettes  et parfois des guêtres ou eras caoussas. Elles chaussaient le plus souvent des sabots de bois, des sandales nouées ou marchaient  pieds nus comme dans de nombreuses lithographies. Les bas étaient de laine ou de coton, parfois en lin pour les fêtes. Ils étaient souvent blancs.

-        La tête était protégée par un carré de toile blanche ou à carreaux ou eth moucadou, croisé sur la nuque et noué sur le front. Mais les jours de fêtes ou lors des offices religieux, elles portaient un capulet.

   Bernadette 6   Bergère 2 
                         Le carré de Bernadette  et d'une petite paysanne. Litho de Garnavi. l'une des 24 planches de l'ouvrage Montagnards des Pyrénées françaises et espagnoles, 1829. Lithographe Lemercier planche 18.
Fichu 2 Fichu de Bernadette Soubirous. Musée de l'Hospice-Lourdes. Photo J. Omnès                                                 

-        Le capulet, eth capulet, élément du vêtement incontournable de protection de la tête recouvrait souvent un bonnet de dentelle qui s’attachait sous le cou. C’était un sac de lainage coupé sur un côté, tombant au bas des épaules. Il était de couleurs variables : blanc pour les jeunes filles, rouge bordé de noir pour les femmes mariées et noir pour les femmes en deuil. Non utilisé il pouvait être plié et posé sur la tête, la protégeant pour porter des cruches d’eau ou autres récipients. Il pouvait exister plus long  descendant jusqu'à la taille, c'était alors la capule.

capulet capulet broderies
                          Capulet de val d'Azun et ses  broderies. Photos J-M Prat d'Aucun


Ste Bernadette capulet plié 001
Le capulet de Bernadette  Capulet plié, au col du Tourmalet lithographie de E. pingret 1834.

-        Les couleurs : les tissus de vêtements utilisés pour le travail étaient de couleur sombre, noir ou brun, parfois bleu marine. Les couleurs vives et les rayures étaient réservées pour les fêtes.

-        Les bijoux étaient simples et étaient généralement représentés par une croix ou un cœur. Offerts par l’époux,  ils étaient le signe de soumission de l’épouse à son mari.

Pour les hommes :

Les hommes portaient  une chemise longue, era camisa, en lin orée d’un plastron. Sur celle-ci venait une veste courte en bure qui s'arrêtait à la taille era vesta et souvent sous cette veste, un gilet de laine appelé eth gilet.

Barèges 2 ceinture

Les pantalons longs  eth pantelons  également de bure, n’avaient pas de braguette, mais une ouverture en pont comme chez les hussards. Une large ceinture de laine era cinta  de 3 mde long  qui était dédoublée pouvait avoir selon les régions une couleur particulière : blanche, noire, rouge ou bleue. Souvent chez les jeunes la ceinture était couleur claire et plus foncée chez les vieilles personnes

La cape : les bergers qui devaient affronter le froid se recouvraient  d’une vaste cape de bure ou de cadis  blanche, noire ou marron, avec parfois une surcape ou esclavine et une capuche. L’été la bure était remplacée par du lin (coutil) plus léger. La base de la capuche était cousue en forme d'étoile sur la cape. Il parait que c'est pour orienter les gouttes d'eau (affirmation gratuite). La Carde, entreprise de Luz-Saint-Sauveur continue à fabriquer des capes de berger.
Le cadis :  https://fr.wikipedia.org/wiki/Cadis 

cape 001
 

Capuchon cape 1
                                                               Cape de Gavarnie

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Cape de bure La Carde-Luz                                           Cape avec esclavine

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                        Capes du Val d'Azun, à gauche avec esclavine  ; photos J-M Prat

La tête en plaine recevait généralement un béret de couleur sombre et en montagne un bonnet genre bonnet phrygien souvent de couleur brune ou rouge. Il fut remplacé petit à petit par le béret de la plaine.

Les jambes recevaient parfois des guêtres et les pieds chaussaient des sabots de bois, qui l’été, étaient remplacés par des sandales. Les chaussures (avec boucle), rares chez les paysans, étaient réservées pour les jours de fête et les offices religieux. Les plus pauvres marchaient pieds nus comme souvent représentés sur les lithographies.

guetres sabots
Guêtres Photos J-M Prat d'Aucun

Alfred Dartiguenave Pingret 1 5
         Habitants des montagnes. Litho de Dartiguenave                             Litho de Pingret


Leur évolution 

Sur certains marchés bigourdans au XIXe siècle, on pouvait rencontrer des paysans aux costumes variés venant de la Haute-Bigorre, de la plaine tarbaise et d’Aragon. Ces costumes étaient facilement identifiables, mais progressivement les gens de la montagne délaissèrent leur accoutrement pour adopter ceux de la plaine ; ainsi le bonnet phrygien de la vallée de Barèges fut progressivement remplacé par le béret d’origine béarnaise. Mais le changement le plus notable fut l’apparition timide du bourgeron, la blouse bleue d’origine picarde, voire béarnaise.  Cette présence ne se fit pas sans mal, elle fut indirectement introduite, essentiellement en plaine, et surtout à Ossun par des révolutionnaires zélés. Enervés par le côté ostentatoire et pompeux du costume local des marchands de beurre, les burrayres rappelant trop l’Ancien Régime, ils essayèrent suite à une délibération municipale du 11 juillet 1794 de leur interdire « de porter [ leur costume] regardé comme un signe aristocratique » sic ; mais le dicton « Burrayre d’Ossu , grano culoto et petit cu » persista longtemps… comme leur habit traditionnel ; le Directoire apportant une certaine liberté tant dans les us et coutumes que dans le port des vêtements.

ossun 001 roulier 001
Marchands de beurre d'Ossun (plaine). Litho de A. Fourcade. Roulier (transporteur) d'Ossun, avec sa blouse. Litho de Gavarni.

                    Costumes du Pays de Lourdes

     Bigourdane     Bigourdane de la région de Lourdes. Musée Bagnères-de-Bigorre. Photo J. Omnès

 Lourdes Ste Bernadette                         Il s'agit du costume d'une fillette de Lourdes dessiné par Pablo Tillac. Elle est en tenue d'été avec un caraco à manches courtes et une jupe unie sous un tablier rayé. Sous le capulet elle porte une coiffe nouée sous le menton qui ressemble à celle que portaient les Barégeoises. Le capulet est rouge avec un large parement de velours noir. Or, d’après Geneviève Marsan, elle aurait dû porter un capulet blanc, le rouge étant réservé aux femmes mariées. Comme le capulet que portait la jeune  Bernadette Soubirous, sans liseré.

                       Costume du pays d'Argelès
Le baladin, costume de fête
argeles 4 Bretelles baladins
Il s’agit d’un baladin (danseur) de la région d’Argelès-Gazost et Saint-Savin dessiné en 1937, par Pablo Tillac. Il portait une chemise blanche de  lin assez ample, un pantalon de bure, une ceinture large rouge. Le pantalon était tenu par des larges bretelles à dessins géométriques brodés au point de croix, doublées de satinette rouge débordant parfois  sur les côtés, un ruban en guise de cravate. Sa tête était couverte d’un large béret brun orné de rubans multicolores. Souvent, il portait un grand nombre de rubans accrochés à sa chemise, présents de sa fiancée. L’été, certains groupes remplaçaient le pantalon de bure par un pantalon blanc. En revanche son tambourin avec ses cymbalettes, typiquement espagnol, n’était pas utilisé en Bigorre. 

Baladins été Argelès                              Baladins à Argelès-Gazost

  hj 3  bretelles baladins
Femme de la vallée d'Argelès-Gazost son capulet recouvre le bonnet de lin blanc noué sous le cou, le corsage à manche courte ou caraco est fermé devant et est agrémenté d'un bijou sous forme d'une croix. Un tablier protège une robe plissée. Dessin de Pablo Tlllac, 1937.
Bretelles de baladins du Val d'Azun ; à droite reproduction.

Le berger 

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Ce dessin de Pablo Tillac est censé présenter un montagnard de l’ouest d’Argelès du soum de Laya. Ses vêtements sont conformes au costume classique du montagnard bigourdan décrit plus haut, avec ses vestes et pantalons à pont, de bure ou cadis (bure imperméable et solide). Il se différencie du montagnard toy par le couvre- chef qui est ici un béret, contre un bonnet phrygien à Barèges. Ses pompons rouges laissent penser qu’il s’agit d’un costume de jour de fêtes. Il se rapproche de celui des chanteurs montagnards de Bagnères d’Alfred Rolland.


                    Costumes de la vallée de Barèges
Cartes postales anciennes


Costumes Barèges 2   Coiffes de Barèges 
                                                                  Costume du pays de Barèges

coiffe Barège 001   Berger Barèges
Coiffe de Barèges                                               Berger de Barèges au musée des Cagots d'Arreau. En principe, il portait plutôt un bonnet phrygien en laine de bure marron. Photos J.Omnès


Alfred Dartiguenave
                                            Couple de la vallée de Barèges. Litho d'Artiguanave

                                                               Costumes de Luz

Les vêtements se différencient peu de ceux de Barèges.

Coiffe de Luz   Coiffe femme Luz 1 2

                                                             
Chasse à lisard
                                                        À Gavarnie Litho de Jacottet, 1835

         
                                                  Costumes d'Esquièze


Esquièze costumes

                                                                   Costumes de Pierrefitte

Costumes Pierrefitte n

                                                      La fabrication locale des tissus

Pendant très longtemps les montagnards fabriquaient eux-mêmes leurs vêtements en laine ou en lin. L'autarcie était presque totale. Chaque foyer avait son troupeau de mouton, fournisseur de matière première et son champs de lin. Des marchands ambulants venaient les jours de marché, proposer des vêtements aux tissus et motifs inconnus dans l'arrière- pays. Vers 1825, un Lyonnais du nom de Charles Rejaunier, vint s'installer à Luz, afin de moderniser et d'industrialiser la production locale, surtout avec des tissus imprimés. C'est ainsi que furent mis sur le marché : châles, écharpes, fichus aux motifs colorés. Les châles à motifs cachemire dont l'origine vient des troupes de Bonaparte de retour d'Egypte, firent alors fureur; surtout les châles à fond sombre. Mais ceux-ci, dits de Barèges, avaient de nombreux concurrents venant de Lyon, Paris, Nîmes et Genève.

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                          Musée pyrénéen, le châle foncé est à droite. Photo J. Omnès

Luz le Barèges                                      Atelier- maison Charles Rejaunier.Photos J. Omnès